Questions du soir (France Culture – 18 h 15) avait invité (08/09/2026) Ingrid Robeyns, philosophe et économiste belgo-néerlandaise, qui propose le limitarisme, un néologisme pour « établir démocratiquement un seuil de richesse, au-delà duquel l’accumulation d’argent n’a plus de sens, et le redistribuer ». (Page d’accueil de la chaine)
La création de ce néologisme est le signe du refus de la problématique de l’accumulation, en particulier celle de l’argent.
La cause serait donc le « trop », ce qui pose immédiatement la question du seuil : à partir de quel montant commence le « trop » ?
On peut discuter à l’infini des critères qui pourraient permettre de le déterminer puisque la question du « trop » est aussi celle du « besoin » dont on peut aussi discuter jusqu’à l’infini puisque, à part la respiration et une nourriture minimale, chaque individu éprouve des besoins différents.
Surtout, cette idée du « trop d’argent » devient absurde quand on la met en rapport avec le moteur de l’économie capitaliste pour laquelle le trop d’argent et de l’ordre du comique.
L’argument écologique (les plus riches sont ceux qui produisent le plus de gaz à effet de serre) vient apporter la touche émotionnelle comme celui de la mise à mal de la démocratie par l’influence qu’exercent les plus riches sur les médias.
Ingrid Robyens soutient sa thèse par deux arguments de fond (cf. la page de France Culture) :
– « Dans un certain sens, oui, le limitarisme est une idée utopique, mais ça se mélange à des idées qui nous aident à réduire les inégalités (…) et c’est la chose la plus importante »
– « Mais, au-delà des impôts, elle appelle à repenser notre rapport à l’argent et à construire « une société différente avec plus de sens », davantage fondée sur les liens humains que sur la consommation. »
Que valent ces louables intentions (elles sont celles de l’Évangile) si la question de l’équation capitaliste (être = avoir toujours plus) n’est pas posée ? Si le diagnostic du désarroi planétaire actuel (le succès de l’AfD* en Saxe-Anhalt en est un des derniers signes), c’est-à-dire l’absence d’alternative au capitalisme, n’est pas établi ?
*Suivit une discussion entre spécialistes sur ce succès de l’extrême-droite allemande : aucun des participants ne construisit un rapport entre ce qui se passe en Allemagne, en Europe et dans le reste du monde, comme si la spécificité allemande épuisait la problématique du désarroi planétaire.