Les candidats et le patronat

Le 27 août sept candidats déclarés à l’élection présidentielle sont intervenus en clôture de la Rencontre des Entrepreneurs de France, sur le cours central du stade de tennis Roland-Garros.

Si le contenu des interventions a été commenté dans les médias, la rencontre elle-même n’a pas suscité de questionnement.

Cette « normalité »  –  dont celle de la présence de trois candidats de gauche – est un des signes de ce qui a changé depuis trois décennies : la disparition d’une alternative au capitalisme qui n’est pas (pas encore ?) perçue comme la cause essentielle du désarroi planétaire.

Les « patrons » ne sont plus les représentants d’une contingence « résistible » mais de ce qui est plus ou moins perçu comme un absolu, de l’ordre  de la transcendance. Ou d’un « c’est comme ça » qui revient au même.

Les sept ont donc expliqué leur rapport au social, à la dette, à l’entreprise, à l’état, pris des engagements dont tout le monde sait qu’ils n’engagent que ceux qui y croient. Aucun des candidats de gauche n’a posé la question de ce que représentaient ceux qui les écoutaient, assis sur les gradins où l’on regarde habituellement deux joueurs se renvoyer la balle, à savoir celle du rapport entre le fonctionnement du capitalisme et le changement climatique dont cet été a produit (incendies, sécheresse, orages extrêmes) et continue à fournir (Népal) des images saisissantes.

Cette rencontre est un des signes du déni du réel qui alimente ce qui ressemble de plus en plus à une course vers l’abîme.

Vivre sur la terre conduit à rencontrer désormais des obstacles et des difficultés qui, à proprement parler, tombent du ciel. S’ajoutant aux entreprises de démolition (dont les guerres actuelles sont quelques prémices), il est probable que des discours explicites d’apocalypse se manifesteront tôt ou tard sous des formes nouvelles.  

Pourtant, il n’y a de tragique que notre persistance à fermer les yeux sur le déni constitutif de l’équation capitaliste qui détermine le comportement humain, une équation « résistible ».

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