Le basculement anthropologique

Un article de Médiapart (13/06/2026) explique en quoi la transition écologique est un leurre : le principe de fonctionnement du capitalisme exige toujours plus de production, donc toujours plus de consommation, donc toujours plus d’énergie, autrement dit une course sans fin pour atteindre un point de basculement technique enclenchant un processus de décarbonation, qui n’existe pas.

La solution : « Dans ce contexte, la seule réponse raisonnable est un basculement anthropologique où le capital ne serait plus la force sociale centrale, c’est-à-dire, comme l’évoquent rapidement les auteurs, une « modification du mode de vie et une sobriété de la demande ».

Cette réponse, la seule possible, pose aussitôt la question : de quelle nature peut être le changement qui permettrait ce basculement anthropologique ?

L’article ne précise pas ce qui peut conduire à une « modification du mode de vie et une sobriété de la demande ».

Ce qui bloque la pensée de ce basculement est la réduction du capitalisme à ses formes modernes (depuis la fin du 18ème siècle), autrement dit à son fonctionnement, bien connu depuis l’analyse de Marx.

Ce qui peut la débloquer c’est – les lecteurs du blog m’excuseront de la répétition – la prise en compte de l’équation capitaliste qui transfère dans le rapport à l’objet le fantasme d’immortalité produit par l’angoisse de la mort et qui conduit à des comportements addictifs d’accumulation. Et pour invalider cette équation (être = avoir toujours plus – en d’autres termes : plus j’ai moins je meurs) il n’y a pas d’autre solution que d’enseigner le seul objet absent des programmes scolaires, à savoir la mort telle qu’elle est.

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