Racisme anti-Blanc

Instruisant l’affaire concernant la mort de Thomas Perotto (jeune homme tué d’un coup de couteau, dans la nuit du 18 au19 novembre 2023 à Crépol – Drôme), la juge a retenu – à partir de témoignages – la circonstance aggravante de racisme visant « la [prétendue] race blanche et la nation française ».

À partir du moment où les faits sont établis, le droit s’applique, en l’occurrence le texte d’une loi votée en 1972 (dite loi Pleven). Plusieurs témoins confirment avoir entendu des propos haineux visant la « race » blanche dans le temps où le jeune homme était tué (on ne sait pas encore par qui précisément) pendant la bagarre.

« Racisme anti-Blanc » a ceci de particulier qu’il ressemble à un oxymore, la loi en question ayant été votée à l’époque – sans précision de « races » – pour lutter contre le racisme anti-Noir / Magrébin.

C’est oublier que le racisme n’est pas une exclusivité « blanche ».

Il faut préciser que cet oubli est nettement favorisé par la grande maîtrise qu’en ont acquis les « Blancs » au fil des siècles. À ma connaissance il n’existe pas l’équivalent blanc du Code Noir, ni un esclavage des Blancs analogue à celui des Noirs, non plus qu’une colonisation ou une extermination analogues.

Il faudra examiner attentivement les attendus du jugement, si la circonstance aggravante est maintenue.

Maintenant, supposons.

Un rescapé des camps nazis qui a été détenu à cause de sa « race » (juif, tzigane…) croise dans la rue un des tortionnaires qui a réussi à échapper aux enquêteurs.

Premier scénario : il l’agresse en le traitant de « salaud ».

Second scénario : il l’agresse en le traitant de « salaud d’Allemand ».

Supposons qu’existe une loi analogue à celle dont il est question ici.

Ce que dirait le jugement du premier scénario : il est interdit de rendre justice soi-même.

Ce qu’ajouterait le jugement du second : que l’invective est inadéquate et condamnable en ce sens qu’elle est participe de ce qui a constitué le nazisme.

À suivre.

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