Comme pour le changement climatique, les signes du changement du comportement collectif sont multiples, du plus violent au plus insidieux, les uns et les autres indiquant de manière de plus en plus nette que nous ne vivons pas un moment de crise, mais que nous sommes apparemment – une précaution intellectuelle – installés dans un état, en ce sens qu’il n’y a plus de « bout du tunnel ».
Le succès de l’AfD dans le land de Saxe-Anhalt –région- est de l’Allemagne – (près de 45% des voix – 06/09/2026), la longévité de Giorgia Meloni (quatre ans, un record) , le recrutement sur France Inter, pour un éditorial, du directeur-adjoint de Valeurs Actuelles (magazine condamné pour racisme et incitation à la haine, dont Pierre-Edouard Stérin est un copropriétaire) en sont trois illustrations de même nature.
Comportement collectif en ce sens qu’il ne s’agit pas de l’adhésion à une pensée construite, mais à la reconnaissance de ce qui est perçu comme le retour à la normalité, rétablie après des décennies, sinon un ou deux siècles, d’une dérive socialiste, dont le marxisme et le communisme ont été les expressions les plus radicales.
Que la directrion de Radio France embauche ce journaliste – dont le magazine « fustige régulièrement l’audiovisuel public » selon des journalistes de France Inter (cf. Le Monde du 02/09/026) – pour un éditorial, est un des signes de ce retour effectif dans ce land d’Allemagne et en Italie.
Le pluralisme qu’invoque la direction en est un autre en ce sens que l’audiovisuel public est le lieu de l’expression d’un commun, social, culturel, politique, que rejette l’idéologie d’extrême-droite et que cautionne ainsi ce recrutement, et qu’il n’est pas le lieu de ce pluralisme dont par ailleurs Valeurs Actuelles – entre autres médias – témoigne qu’il existe bien en France.
Cette confusion est elle-même le signe de la difficulté à aborder ce dont l’audiovisuel public, comme l’école, sont les expressions partielles, à savoir le commun humain.