Le journaliste du Monde (À la Une du 23/09/2026) qui rend compte du discours de D. Trump à l’ONU, qualifie d’« incroyable » la formule du président qui évoquait la mainmise américaine sur le pétrole du Venezuela après l’enlèvement de N. Maduro. Les réactions des lecteurs du journal vont dans le même sens.
« Au vainqueur reviennent les bénéfices » n’est pourtant que le constat – « reviennent » est à l’indicatif – d’un effet du fonctionnement du capitalisme, sinon l’énoncé de son principe essentiel.
Ce qui est « incroyable », ce n’est pas la formule, mais qu’elle soit prononcée par un chef d’État et à la tribune de l’ONU, en ce sens qu’elle est un « ça va de soi » dont il est convenu de ne pas parler, surtout pas à voix haute. Un industriel ou un financier ne dira jamais ça en public.
Si D. Trump peut le faire (« Il peut le faire ! » aurait dit Francis Blanche en regardant du coin de l’œil son compère Pierre Dac), c’est que « le roi est nu » et qu’il en est la personnification , consciente ou pas, c’est une autre question à laquelle l’âge peut aussi apporter un élément de réponse.
S’il peut le dire, et il le dit, devant ses collègues du monde entier – sans soulever de réactions indignées – et dans l’enceinte d’une organisation internationale fondée sur des « valeurs » autres que celles du pouvoir de l’argent et de la loi du plus fort, c’est que le capitalisme ainsi résumé dans la formule n’a plus d’alternative, du moins explicitée, ce dont témoigne l’impuissance de l’organisation… qui rend prononçable et audible ladite formule.
Les lecteur du blog savent quelle peut être la voie de l’alternative. Mais elle n’est pas d’ordre politique, et donc imprononçable à l’ONU.