Le pape et J-L Mélenchon… suite

L’article que j’ai publié dans le blog de Mediapart a suscité des réactions. Je réponds à la dernière.

Votre questionnement est double : quels sont mes critères de la duperie et qu’est-ce que je propose ?

Une précision liminaire : je n’incrimine ni les individus que sont J-L Mélenchon et le pape, j’essaie de comprendre leur discours en m’appuyant sur ce que je connais, le langage, et en le rapportant au réel, tel que je le perçois.

J’ai écouté l’un – ce qu’il dit et la manière dont le reçoit le public important venu l’écouter – et lu l’autre dans le contexte de la foule immense qui s’est déplacée pour le voir et assister à la messe.

Le réel est aujourd’hui celui du désarroi planétaire que j’explique par la disparition des réponses qui ont fonctionné jusqu’à la fin des années 80 : celles des deux paradis antagonistes : celui de l’au-delà et celui des lendemains qui chantent, deux modes d’expression de l’idéalisme et du matérialisme dont la confrontation traverse l’histoire humaine, si elle ne la constitue pas.

Il y a duperie objective – je ne parle pas des intentions, et elle concerne les orateurs aussi bien que les auditeurs – quand le discours censé concerner l’essentiel ne traite que de la périphérie, donc des phénomènes – celui de J-L M –   ou quand il est contradictoire avec les principes fondateurs – celui du pape.

Quant à « la solution » – il n’y a évidemment pas de baguette magique – elle ne peut être que la mise en route d’un long processus dont j’ai déjà dit qu’il n’est plus de nature politique mais philosophique. Le désarroi dont témoigne le développement de l’idéologie d’extrême-droite, est celui de l’homme confronté à l’angoisse inhérente à son type de conscience (à la fois biologique et psychique) mais qui ne dispose plus des deux réponses historiques, plus ou moins apaisantes, disparues à la fin des années 80.

Ce processus doit avoir pour objectif ce que les deux paradis ont conduit à esquiver et édulcorer pendant des siècles, à savoir notre rapport à la mort telle qu’elle est [c’est-à-dire le discours obstiné de la conscience spécifiquement humaine] et dont l’absence d’enseignement de la démarche philosophique est un signe du déni. J’ai tenté d’expliquer dans des séries d’articles comment ce déni détermine, via l’équation capitaliste, notre rapport à l’objet et définit ainsi le rapport production/consommation qui constitue l’essentiel des choix politiques.

L’humanité est aujourd’hui confrontée à un problème qui s’apparente à la quadrature du cercle en ce sens que le changement climatique dont les effets sont de plus en plus délétères et stressants est le produit d’un système – le capitalisme – qui apparaît comme le seul possible, en même temps que ses dysfonctionnements habituels sont de moins en moins supportables puisque ont disparu les deux paradis qui les présentaient comme transitoires.

La cause profonde du mouvement de révolte des jeunes – les lycéens en France, la génération Z plus largement – n’est pas essentiellement d’ordre matériel – quelle que soit l’importance des carences – , mais existentielle. À quoi bon vivre si la loi est celle du plus fort et si c’est l’accumulation qui définit être, puisque l’une et l’autre produisent la mort ?

Votre commentaire