Les deux autres temps du subjonctif, oui.
b – antériorité au présent et au passé
> passé et plus-que-parfait
Je prenais l’exemple Je regrette que cette question n’ait pas été posée. Le regret est le réel actuel, d’où l’indicatif et le présent, et l’absence de questionnement est une réalité, d’où le subjonctif. Comme elle est antérieure au moment de la formulation du regret, j’appellerai ait posée « passé du présent » plutôt que passé.
Comme à l’indicatif, le passé-composé de la grammaire.
Oui.
C’est cohérent. Donc, au subjonctif elle va l’appeler aussi subjonctif passé-composé.
Non. Elle l’appelle subjonctif passé.
Ah ? Passé tout seul ? Mais le subjonctif imparfait indique aussi le passé ! Comment on fait pour s’y retrouver ?
Et il y en a encore un autre, le quatrième temps du subjonctif. Je reprends mon exemple et je le transpose dans le passé : Il y a huit jours, je regrettais, ou j’ai regretté ou je regrettai que cette question n’eût pas été posée.
N’eût pas été posée… c’est ?
C’est le troisième temps du passé de la modalisation subjonctif que la grammaire appelle plus-que-parfait et que j’appellerai…
Laissez-moi trouver… Vous allez l’appeler passé de l’imparfait, comme à l’indicatif.
Hm, hm.
Et je suppose qu’il est lui aussi en voie de disparition ?
C’est un plaisir de travailler avec vous.
Sérieux ?
Oui. Vous pouvez résumer ?
En résumé, nous avons quatre temps, présent et passé que vous appelez passé du présent, imparfait et plus-que-parfait que vous appelez passé de l’imparfait. C’est comme à l’indicatif, c’est cohérent… Ce qui n’est pas le cas de tout le monde !
Vous développez ?
Les deux premiers temps pour indiquer la postériorité ou l’antériorité dans le présent… C’est ça ? Hm… Je commence à aimer les mots comme ça… Les deux autres pour indiquer la même chose dans le passé. Si j’ai bien compris, on utilise de moins en moins l’imparfait et le plus-que-parfait, pour ne pas dire qu’on ne les utilise plus, ce qui veut dire qu’il ne reste plus que les deux premiers ?
Vous avez bien compris.
Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas les enseigner.
J’ajoute que le principe de formation des temps composés est le même qu’à l’indicatif. Vous vous rappelez ?
Il faut mettre l’auxiliaire au présent pour former le passé, et à l’imparfait pour former le plus-que-parfait. C’est ça ?
C’est parfait, si j’ose dire.
Osez. Pour que ce soit plus que parfait, j’aimerais bien faire le point sur les auxiliaires. Je peux essayer ? Bon. Pour être. Deux temps simples. D’abord, subjonctif présent… Hm… Je…
Je vous rappelle que le subjonctif est nécessairement amené par je souhaite, je veux, je crains etc. au moyen de la conjonction que.
Ah oui, merci ! Donc, que… je sois, tu sois, ils soit, nous soyons, vous soyez, ils soient. C’est bon ? Maintenant, l’imparfait… Il faut le radical du passé-simple… Le passé-simple, c’est je fus… Donc, que je fusse, tu fusses, il fût, nous fussions, vous fussiez, ils fussent. Correct ? Et hop ! voilà pour des deux temps simples. Maintenant les deux composés.
Vous devriez d’abord rappeler la conjugaison de l’auxiliaire avoir dont vous aurez besoin pour les composés de être.
Ah… Hm… Utiliser avoir pour conjuguer être… C’est pas un peu bizarre ? Ça ne m’a pas frappé à l’indicatif, mais là, maintenant, oui. À l’indicatif on dit par exemple j’ai été. C’est le passé-composé, votre passé du présent. Bon. Pourquoi on ne dit pas je suis été ? Ça ne serait pas plus logique ? Non ? Vous ne dites rien ?
Je réfléchis à la manière de répondre. Restons à l’indicatif. Quand utilisons-nous le verbe être, tout seul, pas comme auxiliaire, dans son sens d’être ?
Hm… Pas souvent, oui, nous en avons déjà parlé… Je pense donc je suis… Donc, ça veut dire qu’il y a toujours quelque chose après ? Par exemple… Je suis… intéressé par cette question.
Ce que vous appelez « quelque chose après », la grammaire l’appelle prédicat. Un terme savant créé à partir du verbe latin praedicare qui signifie proclamer, dire en public… De là vient prédicateur.
Alors, « intéressé par cette question », c’est un prédicat ?
Hm hm.
Je ne vois pas bien le rapport avec proclamer ou le prédicateur…Vous ? Je commence à connaître votre sourire.
Pourquoi j’ai été intéressé, et pas « je suis été intéressé » ? Peut-être parce que « Je suis été » reviendrait à dire, je suis en même temps, là, dans le présent et dans le passé ? Un enfant pourra dire « je suis été ».
C’est plutôt mignon.
Le monde de l’épopée.
Le monde de l’épopée ? …. Vous m’expliquerez ?
Oui, plus tard. Vous conjuguez avoir au subjonctif ?
D’accord. Le présent, c’est… que j’aie, tu aies, ils ait, nous ayons, vous ayez, ils aient. C’est bon ? Et l’imparfait… Je pars du passé-simple… J’eus… Donc, que j’eusse, tu eusses, il eût, nous eussions, vous eussiez, ils eussent. C’est toujours bon ? C’était les deux temps simples. Maintenant, les deux temps composés, le passé et le plus-que-parfait… Entre nous, comme pour l’indicatif, je préfère vos passé du présent et passé de l’imparfait. Ça a plus de sens et de cohérence.
Merci.
D’abord le passé. L’auxiliaire au présent et… Alors, il y aura deux fois avoir ?
Oui.
Donc, l’auxiliaire au présent et le participe passé. Que… j’aie eu, tu aies eu etc. ? Oui ? Pour le plus-que-parfait… L’auxiliaire à l’imparfait et toujours le participe passé. Que… j’eusse eu, tu eusses… ? Oui ? C’est ça ? À la troisième ça donne qu’il eût eu ?
Eh oui.
U, u… C’est chouette. Hm… C’était juste une petite récréation… Donc, maintenant, je peux former les temps composés de être.
Oui.
Le passé au subjonctif… Je mets avoir au présent et j’ajoute le participe passé de être… Donc, que j’aie été, tu aies été, il ait été, nous ayons été, vous ayez été, ils aient été… Le plus-que-parfait… Je mets l’auxiliaire à l’imparfait… Donc, que j’eusse été, tu eusses été, il eût été, nous eussions été, vous eussiez été, ils eussent été. Ça roule tout seul. Et pour les deux autres modalisations… C’est quoi, déjà ?
Impératif et conditionnel.
Il y a encore des temps simples et des temps composés ?