L’affaire J. Bardella

L’essentiel n’est pas constitué des révélations publiées par Médiapart mais des dénégations de l’intéressé. C’est ce qu’ont souligné nombre de réactions : mais pourquoi ne dit-il pas que ce sont des « erreurs de jeunesse » ? Comme le demande un des élus du RN, quel adolescent n’a pas « dessiné au compas une croix gammée » ? Une question qui revient à valider les révélations en même temps qu’elle est un aveu personnel et qu’elle rejoint, à l’insu de son auteur, la problématique de ce qui constitue l’idéologie d’extrême-droite en général, le FN/RN en particulier.

Ne pas recourir à l’argument d’erreur de jeunesse, c’est reconnaître, in fine, la vérité non d’une contingence mais d’un état dont la distanciation tactique n’est pas toujours possible – elle ne l’a pas été – parce qu’il est d’essence passionnelle (au sens littéral de ce qui est subi).  

Pour que ces révélations aient un impact, il faudrait qu’elles soient accompagnées du discours d’explication – toujours absent –  de la pathologie collective que représente le FN/RN, à savoir qu’il n’est pas un parti politique, mais l’expression électorale d’un désarroi existentiel désormais planétaire, aggravé du surplus d’angoisse que produit le changement climatique.

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