Dîners de luxe clandestins à Paris

« La diffusion vendredi d’un reportage par M6 sur des dîners clandestins fastueux à Paris a déclenché une vive polémique le week-end dernier, un des organisateurs (…)  affirmant avoir « dîné dans la semaine dans deux, trois restaurants clandestins » où il aurait croisé « des ministres ». » (A la Une du Monde – 09.04.2021)

Ma contribution :

C’est très simple. Voilà. Vous étalez votre pouvoir. Pardon ? Oui, tout le monde dispose de pouvoir. Plus ou moins, oui, mais je parle du pouvoir « en soi »… Ah, bon… Oui, vous l’étalez finement avec votre rouleau à outrepasser. On en a tous un dans recoin, oui. Garnissez d’interdits finement hachés que vous avez fait revenir avec un peu de ce n’est pas vos oignons, ajoutez à voix basse quelques propos épicés, faites mijoter à l’insu d’étouffé, triez vos convives sur un volet à mailles très fines, fermez soigneusement les guichets pour éviter d’être caviardé et salez la note selon la quantité de liquide… Tout va bien ? … Oui, les invités sont là, le banquet va commencer, tout baigne dans son jus, quand on frappe à la porte… Ah ?… Oui. Il y a là un type carré d’épaules, barbu, vêtu d’un himation… C’est quoi ?…  Un manteau grec. Il a plein de bouquins dans un sac de supermarché. Il dit qu’il vient de très loin… C’est quoi son nom ?… Platon… C’est qui ?… Un communiste.   

L’objet particulier de la campagne électorale (2)

Face à ce que représentent le FN/RN et sa candidate, l’attitude électorale pertinente  consiste à  les maintenir en-dehors de l’univers politique dans lequel ils jouent avec les outils de la politique, et dont ils ne font pas plus partie qu’un enfant jouant à l’adulte fait partie de l’univers adulte.  

La décision de l’abstention au second tour (si la candidate FN/RN y parvient)  au motif du refus du vote négatif est donc inappropriée et, au sens littéral, irresponsable.

Il ne s’agit pas non plus de voter contre le RN/FN, mais de signifier, en votant pour l’autre candidat, quel qu’il ou elle soit, qu’on reste dans le champ du politique.

Cette analyse ne peut être entendue que si l’on substitue au voter pour ou contre quelqu’un ou au voter pour ou contre quelque chose,  un voter  pour ou contre ce qui produit l’équation capitaliste structurante (être = avoir plus) réalisée depuis maintenant deux siècles dans les formes économiques, sociales, financières et industrielles que l’on sait.

En d’autres termes : du point de vue de la philosophie politique, que le candidat soit de « gauche gestionnaire réformiste » ou de « droite gestionnaire conservatrice », le cadre reste le même : les seules différences tiennent aux ajustements économiques et sociaux internes en relation avec le rapport privé/commun. Le Front Populaire (1936) et le programme du Conseil National de la Résistance (1944) sont là pour nous rappeler que ces différences peuvent être considérables pour la vie quotidienne.

Pour autant, le système continue à fonctionner avec sa logique propre et le processus de dysfonctionnement global s’accentue, quelle que soit la couleur des élus, comme nous le constatons aujourd’hui : courses aux profits par tous les moyens, aggravation des inégalités nationales et internationales, immigrations et crimes de désespérance, détérioration de l’environnement, mutation climatique, dépression planétaire, populisme (dans le sens infantilisme), replis identitaires, en particulier ce que j’appellerais le « malaise de maturité » (un sondage indique que le FN/RN serait le vote majoritaire des trentenaires) lié sans doute à une absence de perspective de développement économique « classique », notamment d’emplois pérennes.

C’est ce que signifiait « bonnet blanc et blanc bonnet » (formule reprise par Jacques Duclos – candidat du parti communiste arrivé juste derrière Alain Poher – centre droit – et Georges Pompidou – droite –, les deux candidats du second tour de la présidentielle de 1969) dans un temps où la révolution socialiste/communiste (assurée « aux couleurs de la France ») apparaissait comme un possible.

Aujourd’hui, ce possible ayant disparu et l’idée de la révolution dont je parle étant non encore assez émergée (quelques voix commencent à se faire entendre), le seul choix possible concerne la nuance du bonnet.

S’il est indispensable de déposer un bulletin dans l’urne, c’est que nous sommes « embarqués », et croire qu’on peut rester sur la rive pour voir passer le bateau de la société participe de la même irresponsabilité littérale : la vitesse du bateau et le pilote ont leur importance, même si l’on préfèrerait l’océan plutôt que l’impassibilité du fleuve. S’abstenir revient à ouvrir la porte du champ politique au FN/RN avec la fascination pour le « jusqu’où peut aller le jeu de l’apprenti sorcier ? » dont est connue la réponse.

De même,  « on choisit au premier tour, on élimine au second » n’a pas plus de sens que les deux bonnets de 1969.

Faute de révolution proposée, il ne nous reste, pour le premier tour, que la gestion lucide, active, des affects, ne serait-ce que dans notre discours aux autres.

Pour le second, si la nuance du bonnet n’est plus l’enjeu du vote, la sauvegarde du politique.

« Racisé… »

Le numéro de Télérama (du 3 > 9.04.2021) propose une interview de l’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco et de l’historien Pascal Blanchard.

Quelques extraits accompagnés de commentaires, avant une conclusion.

Question : « De quelles fractures les querelles sur l’islamo-gauchisme sont-elles le signe ? »

P.B. «  Depuis une trentaine d’années en France (une quarantaine aux Etats-Unis), nous observons une nouvelle manière de penser l’histoire du colonialisme, la question du genre et la domination masculine. »

Si l’observation est juste, P.B. ne pose pas la question de la date : pourquoi cette « nouvelle manière de penser » est-elle née à cette époque ? Ce non-questionné revient à dire que le contexte historique n’aurait pas d’incidence sur la pensée. La concomitance n’ont plus n’est pas objet de questionnement.

E.R. : «  Quand on impose le mot « racisé » alors que la race n’existe pas, quand on fige les combats dans une stratégie uniquement victimaire, c’est intenable. Or, il se passe la même chose du côté des études de genre : le queer – l’ensemble des minorités sexuelles ou de genre – est mouvement flamboyant et passionnant. Mais le stigmates d’hier se sont inversés, et le jeu consiste désormais à assigner « l’autre » à sa nature dite « hétéronormée », à sa « blanchité » ou à sa masculinité, pour lui dénier tout droit à la parole, dans une ronde sans fin d’anathèmes : les transgenres finissent par attaquer les homosexuels, les lesbiennes, les gays, les gros, les minces… A la longue, les mouvements d’émancipation vont tout simplement finir par s’autodétruire… »

La race n’existe pas, oui,  mais depuis combien de temps est-ce un savoir, et ce savoir est-il indiscuté ? Autrement dit, qui impose « racisé » ? Le terme est-il inventé, là, comme ça, sans raison autre qu’une lubie,  ou bien son invention doit-elle être considérée comme un signe qu’il faut décrypter ? Et puis, s’agit-il d’un « jeu » ?

Là encore, il  est curieux que soit évacuée la recherche de causalité possible, autrement dit que ne soit pas questionné le contexte historique, et que ce mouvement soit présenté comme s’il était voulu, pensé, organisé comme un projet de société.

Question : « Plus personne ne conteste, pour autant, que les descendants des colonisés n’avaient pas eu accès à l’histoire de la colonisation… »

P.B. «  C’est indéniable. Je me rappelle encore cet étudiant qui disait : » Quand on travaille sur des conquêtes coloniales, on connaît toujours le nombre de soldats français morts et jamais le nombre d’indigènes tués. » Il avait raison. Il faut d’autant plus entendre sa douleur que l’histoire coloniale n’a longtemps été racontée que du point de vue des empires. Mais quand enfin émergent des chercheures originaires des anciennes colonies, ces sujets deviennent brutalement des outils politiques dans les débats d’opinion, parce qu’ils apportent un regard neuf sur l’Histoire et sur l’Occident, et offrent de nouveaux espaces d’expression à celles et ceux qui n’avaient pas eu le droit de parler jusque-là : les minorités et les femmes. C’est ainsi qu’on peut penser une histoire globale, une histoire monde, sans pour autant faire disparaître la dimension nationale. »

« Raconter, espaces d’expression, droit de parler »… en quoi ces termes rendent-ils compte de la demande, non entendue, qui s’exprime par ce que dénoncent les deux historiens. Voir la conclusion.

E.R. : « Nous sommes malheureusement englués dans un débat insensé entre les « études de genre » anglo-saxonnes revisitées par des chercheurs hexagonaux qui se disent inspirés par Michel Foucault et des Français qui se référeraient à une philosophie des Lumières universaliste mal comprise. »

« Malheureusement englués, débat insensé » sont des jugements, non une analyse.

Q : « La tempête était donc inévitable… »

E.R. : « Le débat autour de l’islamo-gauchisme est devenu infernal (…) Beaucoup de petits-enfants d’immigrés souhaitent garder dans les prénoms qu’ils donnent à leurs enfants, ou dans leur culture, la trace de leurs origines, et je l’accepte. Mais cela ne devrait jamais les empêcher de devenir républicains, et en particulier des respecter les principes de la laïcité. (…)  On ne demande pas à ces élèves [issus de l’immigration] d’être gaulois ! On leur demande d’être français… Et si un effort doit être effectivement être fait  pour raconter leur histoire…(…) Et je ne vois pas  au nom de quoi les enfants français dont les grands-parents  sont issus des pays anciennement colonisés ne pourraient pas aussi s’identifier à Victor Hugo dans leurs revendications. Parce qu’il est blanc ? »

« Devrait… » Curieux sous la plume d’une historienne «… raconter [par d’autres] leur histoire», également curieux sous la plume d’une spécialiste de la psychanalyse. Je passe sur « infernal ». Quant au « ne pourraient pas » il est également curieux qu’il soit adressé à ceux qui sont critiqués pour le « racisé » et pas à ce qui y conduit.

Conclusion :

Je pense qu’il manque à ces analyses la dimension philosophique (dont sa composante éthique) qui peut permettre de comprendre la problématique que constituent ces événements, pour les sortir de la polémique stérile où ils sont bloqués.

L’Histoire « racontée » aux élèves est, dans le récit et le discours qui le sous-tend, celle du système capitaliste, selon l’équation être = avoir plus. Ce système, en tant qu’il détermine le rapport consommation/production et les rapports sociaux, contient une contradiction avec l’exigence du commun qui, dans le même temps, préoccupe l’humanité depuis son origine. La résolution de cette contradiction est projetée dans une alternative « communiste » (cf. Platon) qui balance entre le possible et l’utopie. La réalité industrielle moderne (depuis la fin du 18ème siècle) produit une théorie « scientifique » (Marx) qui fait résolument pencher la balance du côté du possible. Le fiasco de l’entreprise (URSS) et son implosion tue (ou donne l’impression de tuer) jusqu’à l’idée même de cette alternative.

Autrement dit : le « racisé » pouvait, jusqu’à la fin des années 80, entendre le discours historique enseigné en s’identifiant au commun, utopique ou réel, contradictoire du capitalisme.

Depuis la mort (réelle ou imaginaire) de l’idée de « communisme », cette identification est impossible et le « racisé » est obligé d’écouter l’histoire qu’on lui raconte – celle du colonialisme notamment – sans identification autre que le capitalisme générateur d’une conception de l’être fondé sur l’avoir et le pouvoir, qui se réalisent notamment dans l’esclavage, la colonisation, l’exploitation de la force de travail, le racisme, les rapports homme/femme, sexe/sexualité…

C’est à mon sens ce qui produit, après la création du concept de négritude créé en son temps pour répondre à un moment de la contradiction, celle de ces nouveaux concepts (racisé, intersectionnalité, woke…).  Ils sont les signes émis par des orphelins auxquels n’est offerte qu’un récit/discours d’identification à ce qui  a « tué » leurs parents, et qui cherchent, dans la confusion, et en se heurtant à des murs d’incompréhension générateurs de violence, à exister en-dehors de l’équation capitaliste.  

Les clivages passionnels que produisent ces concepts, entre autres, indiquent que ce problème, signifié par ce qui s’apparente à des cris, est planétaire.

IVG…

« Un nouveau manifeste des 343 réclame l’allongement des délais de recours à l’IVG.A la veille du cinquantième anniversaire du texte qui a marqué l’histoire du droit à l’avortement, les signataires « exigent » une extension des délais légaux au-delà de douze semaines. » (A la Une du Monde – 04.04.2021)

Ma contribution :

Personne ne dit que l’IVG est un moyen contraceptif. Elle est un pis-aller et  il n’est pas sans difficultés pour celles qui y ont recours.

Sauf motif thérapeutique ou viol, elle résulte d’une contraception manquée pour des raisons qui ne sont pas seulement matérielles mais idéologiques (cf. le discours religieux millénaire et encore actuel, dépréciatif, culpabilisant, sur le corps et la sexualité). Ce « ratage » est celui d’un couple.

L’embryon/fœtus supprimé est vivant, comme sont vivants, les millions de spermatozoïdes, dont un seul pénètre l’ovule, et qui meurent. Comme est vivant l’ovule qui n’est pas fécondé et qui meurt.

La définition du seuil à partir duquel l’embryon/fœtus, vivant, est un être humain social appartient à la société humaine et à elle seule.

Au contraire de l’exploitation des hommes, de l’esclavage, du racisme, de la colonisation, de la guerre, l’IVG n’est pas un mépris. Elle est une souffrance liée à notre longue histoire de transcendance aliénante où La Vie primait, et prime encore souvent, sur les vivants.

Mort de George Floyd : le témoignage accablant des secours à la barre

« Le premier ambulancier arrivé pour secourir l’Afro-Américain a dit à la barre l’avoir trouvé mort, avec plusieurs policiers « sur lui ». (A la Une du Monde – 03.04.2021)

La  page du débat contient quelques contributions qui m’ont conduit à publier celle-ci :

« Remarquable (sens premier) est le regard du policier, serein, impassible. Il est en train de tuer une personne, il le sait, il a entendu l’homme sur le cou duquel il pèse pendant plus de 9 minutes. C’est long,  9 minutes. Il se trouve qu’il est blanc, que l’homme à terre est noir. Il se trouve qu’il est policier et qu’il a appris des techniques d’immobilisation qu’il applique, ici, de manière mécanique et froide. Il se trouve que des collègues l’entourent et ne bougent pas. La supplication d’au moins un témoin est sans effet. Le policier continue à peser, en fixant calmement la caméra. On pourrait croire à un trophée de chasse. Ce qui est en cause, ici, c’est la « mauvaise foi » ; la sienne : il se persuade qu’il « est » un policier, alors qu’il est un homme qui exerce la profession de policier ; et  celle de ceux qui veulent le réduire à sa profession. La mauvaise foi est la négation de la responsabilité. Sartre les qualifie d’un nom très précis(*). (cf. son analyse du garçon de café). »

Je n’ai pas publié ce (*) pour ne pas être censuré : celui qui refuse d’exercer sa responsabilité d’être humain en se réfugiant dans une structure censée définir son «être », celui qui refuse de choisir, est, pour Sartre, le salaud. Ceux des contributeurs que je vise doivent le savoir. « Qui sent morveux qu’il se mouche ! » (Molière – L’Avare)

L’église et les abus sexuels… suite

« Agressions sexuelles : C’est bien toute l’Eglise qui porte une responsabilité collégiale. Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France, appelle à une indispensable éthique de responsabilité de l’Eglise, dans une tribune au « Monde ». (A la Une du Monde – 01.04.2021)

Extrait :

« (…) De qui sommes-nous aujourd’hui responsables ? Sinon justement de toutes les victimes, connues ou non, de leurs proches, affectés ô combien ; du visage du Christ doux et humble, ami et défenseur des plus petits. Visage trahi, humilié par ceux-là mêmes ayant un jour publiquement signifié qu’ils lui vouaient leur vie. (…) Dans l’Eglise catholique, des femmes et des hommes – enfants, adultes – ont été meurtris jusqu’au tréfonds de la chair comme de l’esprit, de l’âme, de l’intime. LaParole de Dieu a été tordue pour servir les intentions les plus viles. La Tradition détournée par des théologies hallucinantes. Des manipulateurs ont usé de l’autorité que Dieu leur conférait – disaient-ils – pour fracasser des enfances, des consciences, des confiances. Cette responsabilité spirituelle est immense. Elle nous met devant Dieu qui nous convoque à être devant tous et reconnaître ce qui a été corrompu de la foi au Dieu fait chair, engagé en faveur des plus fragiles. »

Ma contribution :

L’analyse contient une contradiction majeure signifiée par l’antinomie entre l’image invoquée du Christ et le réel de l’église (institution), à tous les points de vue : l’argent, le pouvoir, l’intolérance, le décorum, le rejet de la sexualité hors procréation, le mépris du corps, le célibat des prêtres- hommes. Pour la résoudre, il faut mettre en perspective : le déni de la mort telle qu’elle est et la croyance (très minoritaire aujourd’hui) en la résurrection, la promesse du paradis (idem) et la vanité de la vie sur terre. Autrement dit, une entreprise de sublimation appuyée sur une structure susceptible d’accueillir des « vocations par frustration » jusqu’aux névroses. « Croire », aujourd’hui, est difficile parce que « savoir » gagne de plus en plus de terrain. Le sacré transcendantal évanoui (les « vocations » disparaissent), la couverture de crimes par l’autorité divine ne peut plus fonctionner. L’institution est désormais humaine, sans Dieu, nue.

Contribution de « Querdenker »

« Le poids de la culpabilité « collégiale » que Véronique Margron fait peser sur les épaules de l’Eglise est si écrasant qu’on finit par se demander si le souhait plus ou moins inconscient de l’éminente théologienne n’est pas de la faire disparaître. Vivre dans l’atmosphère morale qu’elle décrit doit être absolument irrespirable. Après une telle lecture, qui aura encore envie de rejoindre une institution décrite à comme à ce point compromise dans ce qu’il faut bien appeler le Mal ? »

Contribution de « C »

« Après une telle lecture, qui aura encore envie de rejoindre une institution décrite à comme à ce point compromise dans ce qu’il faut bien appeler le Mal ? » Si on fait une fixation sur les dits faits, il est certain qu’on peut douter. Maintenant, revenons à la réalité. L’Eglise, c’est bien autre chose. Ce que Mme Margron, les évêques et le Pape essaient de faire, c’est justement bien définir le mal pour, dans une deuxième phase, le circonscrire et l’exclure. Croire que, sur le sujet, la mortification restera permanente au point d’en faire disparaître l’institution, c’est vraiment mal la connaître. Il y aura des transformations et des évolutions, sans aucun doute mais il y a lieu de se poser la question : « Pourquoi et comment l’Eglise a-t-elle survécu à deux mille ans d’histoire ce qui est unique pour une institution humaine ? » Et cet article illustre bien la première phase de la méthode. »

Ma réponse à « C » :

Il y a, dans la tribune, une confusion entre la morale (le bien et le mal que vous évoquez) et l’éthique qui n’a pas à voir avec ce système binaire. La pédocriminalité, du point de vue de l’éthique, n’est pas un mal moral, elle est une réponse inadéquate à une question. L’aborder sous l’angle moral contient le risque d’évacuer le problème que pose la signification de la structure du pouvoir catholique, sans parler du rapport entre discours fondateur et acte. Supposez que le Jésus des Evangiles et des Actes des Apôtres soit introduit, les yeux bandés, dans St. Pierre de Rome lors d’un conclave, par exemple. Le bandeau ôté, dira-t-il spontanément, voyant les prélats en costume, dans ces ors et ce décorum, que c’est son église ? Conduisez-le dans les arcanes du pouvoir, de l’administration, de la banque vaticanes, montrez lui les films des guerres de religion, de l’intolérance inquisitrice… N’y-a-t-il pas là un problème majeur en rapport avec les dysfonctionnements en question ?

Réponse de « Querdenker »

« @Jean-Pierre Peyrard Finalement si je situe correctement (c’est-à-dire en les lisant entre les lignes) les conclusions à tirer des imprécations « savonaroliennes » de la théologienne à l’endroit de l’institution catholique « telle qu’en elle-même » et, de l’autre, la fiction dostoïevskienne que vous proposez, j’ai bien l’impression que vos deux perspectives tendent à se rejoindre. Or, tout permet de penser que Véronique Margron « croit au Ciel », alors que, de votre côté, vous êtes visiblement du côté de ceux qui n’y croient pas. La possibilité même d’une telle convergence entre vous deux a de quoi laisser songeur, vous ne trouvez pas? Que deviendrait alors le souvenir du Christ et des Evangiles si, d’aventure, l’Eglise, telle que vous deux en formez le voeu, venait à perdre tous les moyens de demeurer cette institution visible et réfractaire au sein de la société moderne? Quel serait la réponse de Régis Debray à une pareille question ? »

Ma réponse à « Querdenker » :

Non, je ne forme pas de vœu, j’essaie de comprendre pourquoi la question de la pédérastie dans l’église émerge maintenant et de cette manière ; d’autre part, ce que peut signifier l’analyse de V. Margron, apparemment très mal à l’aise (en tant que membre de l’église et, j’imagine, en tant que femme). Je fais l’hypothèse que la réponse religieuse (de mon point de vue, un contournement/déni de  la conscience spécifique que nous avons de notre finitude) ne fonctionne plus. Idem pour la réponse (socialiste/communiste, telle qu’elle a été expérimentée) du paradis sur terre, depuis l’implosion soviétique. Nous devons apporter une réponse autre  à l’équation capitaliste (être =avoir plus) dont les effets délétères (socioéconomiques, environnementaux) sont devenus insupportables. D’où la dépression planétaire.

Laïcité…

La ministre Marlène Schiappa a officialisé l’acte de décès de l’Observatoire de la laïcité, mercredi 31 mars, au Sénat. : « Il faut faire évoluer le portage de la laïcité dans l’appareil d’Etat. » (A la Une du Monde – 1.04.2021)

Ma contribution :

« Il faut faire évoluer le portage de la laïcité dans l’appareil d’Etat », dit-elle. « Evolution du portage « , quelle belle formule ! Et quelle belle mission pour la nouvelle structure envisagée ! Certains esprits superficiels auraient pu penser qu’il ne serait pas inutile d’examiner certaines contradictions entre le principe et son application (participation des présidents de la République à des cérémonies religieuses, école confessionnelle subventionnée – sans parler du principe même de l’école privée… ) avec l’hypothèse saugrenue qu’elles continuent à nourrir les débats sur la question, il est vrai essentielle, elle, du portage (!) du voile en sortie scolaire (même en cas de vent pour celles qui sortent du salon de coiffure ?), mais non, il ne sera question que du vecteur de l’objet donc bien empaqueté et ficelé. Le propos de la ministre complète-t-il le discours gouvernemental relatif à la mission étendue de la poste ?

Une réponse suivie de la mienne :

« Il n’y a de système éducatif unique (= d’Etat) que dans les régimes totalitaires. C’est même l’une de leur plus importante caractéristique. »

Quand les enseignants sont recrutés à partir de diplômes relatifs à des connaissances déterminées non par une idéologie mais par le savoir et son questionnement permanent, où est le risque de totalitarisme ? L’école publique propose aux élèves/étudiants des enseignants dont les philosophies, les croyances, les opinions sont, à l’école comme ailleurs, diverses. Le totalitarisme, comme son nom l’indique, est un système qui fournit la totalité des réponses et qui ne laisse pas d’espace au développement de l’esprit critique. C’est exactement le contraire de l’enseignement public laïc. En quoi l’enseignement privé – surtout quand il est confessionnel (la foi religieuse a, par définition, la réponse ultime qui vaut pour le « tout ») – est-il une garantie de liberté, relativement au savoir ? Vous confondez, apparemment, le contenu idéologique du système éducatif unique totalitaire avec le contenu de l’école publique laïque : le savoir.

(suite d’un dialogue commencé avec « furusato » sur l’interdiction du foulard)

« Très bien cela m’évitera d’expliquer à mes petites-filles les beautés de la pudeur qui plaît à l’idole aux 99 noms, au mari et aux tontons .Mes enfants ont fait leur scolarité dans le public sans voir jamais ce signe annonciateur d’une civilisation autre , sinistre quand il est considéré collectivement .»

Ma réponse

Vos enfants n’ont-ils jamais vu de femmes et d’hommes habillés différemment d’eux, avec des djellabas, des boubous, par exemple, sans craindre l’invasion d’une « civilisation autre » ? La confrontation à la différence est plutôt enrichissante, non ? Est-ce que les soutanes et les cornettes des « bonnes sœurs » ne pouvaient pas être objets plus perturbants ? Bref, est-ce que le remplacement théorisé par certains ne s’inscrirait pas dans la peur archaïque de la « fin du monde » ? Et si nous nous mobilisions notre énergie pour comprendre les causes des problèmes de l’immigration actuelle, de l’islamisme, et tenter d’agir sur les démesures qu’ils peuvent engendrer, plutôt que nous épuiser à nous faire peur avec des ombres ?  

Sa réponse :

« Je ne prêche ni vertu ni grandeur de la civilisation occidentale, mais procédons ainsi : si je juge que ma civilisation est inférieure sur de nombre plans n’est-ce pas logique que j’adopte alors une civilisation autre, en rasant les murs ou en criant ma surenchère de nouveau venu, ce sont les deux attitudes communes aux néophytes (on en a vu chez Daesh ) ? Donc même si je suis critique sur nombre d’aspects de la civilisation occidentale et combien de discussions intra-familiales là-dessus ! cette civilisation c’est la mienne : si j’avais voulu vivre en civilisation autre sur un ou des continents proches je me serais déplacé pour m’y installer. Il y a bien assez de différences en Europe pour s’y enrichir sans recourir à des comptoirs coloniaux dont nous sommes les dupes .Ceci même en Suisse ou en Belgique ( pour cette dernière sauf certaines aires où la Belgique n’est plus dans la Belgique ), territoires pourtant proches. le Nombre ! JPP ! Le Nombre jeune ! »

Ma réponse :

Nous avons fait venir des « bras » après la guerre pour travailler chez nous. Au bout des bras, il y a des hommes, nous dit notre civilisation des « Lumières » qui nous constitue depuis Rabelais et qui a essaimé, en butte à l’obscurantisme des religions. Les bras, les hommes et leurs familles, nous les avons mis dans des quartiers fermés. Ils y sont toujours à la 3ème/4ème génération « jeune ». En quoi, en dehors des extrémistes ultra-minoritaires, sont-ils, en soi, une menace ? Ils ne sont pas plus religieux que les autres issus du catholicisme, ils parlent le français (avec des créations de langage), font des études… quand ils le peuvent. Là, le problème des « quartiers ». Ici, celui de l’immigration nouvelle. Soit nous les traitons avec eux tous, c’est l’esprit de notre civilisation, soit nous les excluons, et ça c’est le contraire. Il faut choisir. La peur de l’effondrement qui produit le champ de ruines ou l’acceptation des contradictions du vivant.

Sa réponse

« Vous simplifiez à l’extrême ( si je puis dire ).D’abord le  » nous « … non pas de nous : des petits groupes de décideurs économico-politiques dont l’optique pression sur les salaires était prégnante .Ensuite non pas ce  » nous  » de « nous » les avons enfermés mais un mixte de décisions de répartition de ces populations à proximité de leur lieu de travail et de mouvement automatique des nouveaux arrivants , légaux ou illégaux, vers leurs réseaux, les compatriotes déjà installés ( dont des marchands de sommeil ) . Le mouvement est donc double, du haut administratif et du bas migratoire et il faut noter que leurs mœurs mêmes les enferment, une fois reconfigurées et prises en main par des leaders : ce à quoi nous assistons et qui se renforce par la fuite des populations locales qui le peuvent. Chaque fois que je suis devant un  » immigrationniste « , je constate ces simplifications qui ne tiennent pas qu’au peu d’espace imparti. »

Ma réponse :

« Nous », la société dans son ensemble, sommes responsables du pouvoir des « petits groupes de décideurs », de ce « mixte de décisions », des quartiers et des marchands de sommeil. L’installation du pouvoir, politique, socioéconomique, n’est pas d’ordre transcendantal. Il représente qui nous sommes à un moment donné, quelle que soit la conscience des uns et des autres. Je ne sais ce qu’est un « immigrationniste ». Je pense le deviner. Je n’en suis pas un. Je suis en face d’une situation dont j’essaie de comprendre les processus d’évolution en-dehors du système binaire de la morale qui tend à faire porter la responsabilité (réponse adéquate à une question donnée) sur les « autres ». Les fonctionnements et dysfonctionnements que vous soulignez ne sont que des effets (avec leurs responsables propres). Leur description narrative infinie peut soulager ou répondre à des besoins de justification. Ils ne sont pas des causes.

Le foulard

« Au premier jour de la discussion au Sénat, en première lecture, du projet de loi confortant le respect des principes de la République – surnommé projet « séparatisme » –, l’opposition de droite a infligé un revers au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en votant, contre son avis, mardi 30 mars, deux amendements qui reviennent à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires. » (A la Une du Monde – 31.03.2021)

Ma contribution

Cette question, récurrente, n’est que l’épiphénomène (accentué par l’islamisme) du problème que pose la gestion bancale de la laïcité. Ainsi  l’existence d’une école privée (que certains appellent « libre », comme si l’école publique ne l’était pas), confessionnelle ou pas.  In fine, celui du principe laïc fondamental qui n’est pas la séparation de l’église et de l’état (il n’est qu’un élément, politique, du problème) mais la distinction entre savoir (instruction publique) et croire (religion). La confusion des deux   (pourquoi les présidents de la République participent-ils en tant que tels à des cérémonies religieuses ? Pourquoi l’instruction n’est-elle pas obligatoire dans des seuls établissements publics ouverts à tous ?) conduit à ces débats sans fin et stériles qui ressemblent fort aux disputes d’exégètes ou aux querelles byzantines. Parler du port du signe religieux permet d’occulter ce qui le produit.

Une autre :

« Bravo pour ces deux amendements qui ne sont pourtant qu’une goutte d’eau par rapport au chemin à parcourir. Il faudra bien un jour interdire le voile islamique dans l’espace public, reconnaître officiellement que la France est un pays de culture et d’histoire chrétienne et demander à nos amis musulmans un peu plus de discrétion. »

La réponse (que je partage pour l’essentiel) d’un contributeur :

« La France est certes un pays de culture et d’histoire chrétiennes, mais cela ne suffit pas à justifier le combat contre le voile. Ce combat se mène aussi dans les pays de culture musulmane : Atatürk en Turquie, Bourguiba en Tunisie avaient pratiquement mis fin au port du voile, et Nasser se moquait ouvertement de la prétention des Frères musulmans à réimposer le voile qui dans les années 50 avait disparu des villes égyptiennes (malheureusement, ce sont les Frères musulmans et les autres islamistes qui sont en force en ce moment). Comme le montre l’histoire, la fracture ne se situe pas entre chrétiens et musulmans, mais entre les Lumières et le retour aux temps obscurs. »

L’Eglise catholique et les abus sexuels

« Abus sexuels : l’Eglise catholique française veut « assumer sa responsabilité » mais n’évite pas les critiques. L’assemblée plénière des évêques a adopté, vendredi, une série de résolutions pour répondre à la crise des violences sexuelles sur mineurs. Un fonds en faveur des victimes est prévu, mais l’institution refuse toujours de parler d’indemnités ou de réparations. » (A la Une du Monde – 27.03.2021)

Ma contribution :

La question qui me paraît centrale concerne ce qui conduit à l’existence d’une structure fondée sur une croyance qui conçoit le corps comme inférieur et subordonné à l’esprit, réduit la sexualité à la procréation, la proscrit quand elle est associée au plaisir qu’elle procure, et dans laquelle le pouvoir est réservé aux seuls hommes qui doivent être célibataires.

Réponse de « la fée viviane »

« Je signale que le prêtre qui a violé sa cousine de 12 ans – ma belle-sœur- en 1955, après avoir été déplacé, par sa hiérarchie , d’une paroisse où son comportement avait été dénoncé par plusieurs jeunes filles ( auxquelles on avait imposé silence » pour le bien de l’église ») n’est certainement pas compté dans le bilan qui est présenté aujourd’hui des prêtres violeurs pas plus que ma belle-sœur ne sera comptée parmi les victimes : » grâce au ciel » ils sont morts tous les deux ! et l’église du pays léonard, « cette terre des prêtres », (nord Bretagne) s’en sortira moins mal. ( un peu)« 

Une contribution de « Fraterniquoi »

« Pourquoi 99% des articles sur l’église catholique n’abordent que les abus sexuels ? Il n’y aurait aucun autre thème intéressant à aborder autour des églises. Cela donnerait presque à penser qu’il y aurait beaucoup plus d’acte(s) délictuelle(s) chez ceux qui ont fait profession de foi que chez les agnostiques. Enfin petite parenthèse : Pour les apôtres de la cancel culture du culte, il faudrait remarquer que renier son histoire c’est renier sa propre personne .
En effet que serait la France aujourd’hui sans son patrimoine génétique judéo-chrétien ? Dans ses frontières. Dans sa langue. Dans son évolution culturelle.
Mieux que serait mon être aujourd’hui
[sic] si mes pensées actuelles avaient pu prendre racine quelques siècles auparavant ? »

Ma réponse à sa question liminaire :

 Peut-être parce qu’il y a une contradiction majeure entre le discours et l’acte ? Vous êtes croyant. Supposez un instant que Jésus (celui des évangiles et des actes des apôtres) soit introduit, yeux bandés à St. Pierre de Rome pendant une cérémonie, avec le pape, les cardinaux, les évêques dans leurs habits de couleurs, avec leurs chapeaux etc. Otez-lui le bandeau : pensez-vous qu’il reconnaîtra l’église qu’il voulait fonder ? Emmenez-le ensuite visiter la structure administrative et financière de l’église. Faites-lui voir le film des guerres de religion, des conquêtes coloniales, des diverses associations de l’église et du pouvoir politique, celui de l’Inquisition etc. : reconnaîtra-t-il le discours qu’il tient dans les Evangiles ? Qu’en dira-t-il ? Même question pour la pédérastie. Si on en parle tant, aujourd’hui, c’est peut-être parce que la somme des contradictions a atteint un point critique. C’est peut-être un début de réponse.

Mediator : le procès.

Irène Frachon : « Ce procès Mediator est une occasion ratée » La pneumologue de Brest, qui a assisté à l’intégralité du procès, et dont la déposition limpide, pendant plus de sept heures à la barre, a marqué l’audience, raconte au « Monde » les impressions ambivalentes que lui laisse le jugement. (A la Une  – Le Monde – 30.03.2021)

« Le procès du Mediator n’aurait peut-être jamais eu lieu sans la persévérance d’Irène Frachon, qui fut l’une des premières, à la fin des années 2000, à faire le lien entre la prise du médicament des laboratoires Servier et certaines affections cardiaques et pulmonaires mortelles« 

Extraits de son interview qui souligne le hiatus entre la gravité du délit et la clémence de la peine :

«  J’espérais qu’on aurait cette fois un jugement exemplaire. Je suis désolée, mais ça n’est pas le cas. (…)Sur le plan pénal, il n’y a eu que du sursis. Quand la présidente dit « ce délit est gravissime » et prononce des peines avec sursis en deçà des réquisitions du parquet, le message est totalement contradictoire et incompréhensible – « c’est gravissime, mais vous ne ferez pas de prison ». Nicolas Sarkozy qui passe un petit coup de fil pour pousser un pote, il prend du ferme. Je ne défends pas Sarkozy, mais c’est stupéfiant. Et quand je pense à tous les « gilets jaunes » qui vont au trou… Je suis désolée, mais ça ne va pas. La question n’est pas de mettre quelqu’un en prison, mais le signal qui est adressé à propos de cette délinquance en col blanc n’est pas rassurant. Imaginez une femme de 60 ans qui se promène dans la rue, un motard lui arrache violemment son sac, cette femme tombe et meurt quelques jours plus tard d’une hémorragie cérébrale. Imaginez cette même femme qui consomme du Mediator et meurt d’une crise cardiaque, parce que son cœur a lâché à cause d’un médicament qu’un laboratoire lui a vendu pour gagner de l’argent. On est dans la même logique : ni le motard ni Servier ne voulaient la mort de cette femme, ils voulaient son argent, au risque de mettre sa vie en danger. Mais dans un cas, le délinquant ira en taule pour agression et homicide involontaire. Dans l’autre, l’industriel coupable de tromperie et d’homicide involontaire bénéficie d’une peine clémente. »

 Ma contribution dans le débat :

Pourquoi ce hiatus entre le délit et la peine ? La comparaison avec N.Sarkozy est intéressante : l’ex-président n’est pas condamné pour enrichissement mais pour un problème de pouvoir. Le Mediator, renvoie à l’ « entreprise » et son objectif de profit. Pouvoir et profit sont au cœur de l’équation capitaliste (être=avoir plus) mais l’un en est la forme « abstraite » (même si elle a des effets tangibles) et l’autre la forme concrète, sonnante et trébuchante, la plus sensible de ce qu’implique l’équation. Pénaliser par l’argent (amende) est cohérent avec la logique du système, alors que la prison ferme, elle, signifie une exclusion matérielle, un rejet symbolique du système. D’où la différence avec le voleur à la tire qui n’est pas, lui,  dans la logique de  l’entreprise de profit.  Depuis trente ans, il n’existe plus de solution de rechange, attirante ou repoussante, du capitalisme qui apparaît le seul possible, intouchable. C’est une donnée qui peut expliquer le hiatus en question.