Les procès de N. Sarkozy

 La mise sur écoute des téléphones portables de Nicolas Sarkozy / alias Paul Bismuth et de son avocat / ami Thierry Herzog a permis de révéler, entre autres, cet extrait d’une conversation entre les deux hommes. Elle concerne Gilbert Azibert, un magistrat (lui aussi mis en examen) avec lequel M. Herzog vient d’avoir un entretien et qui est sollicité pour obtenir des informations sur une autre affaire concernant N. Sarkozy :

« Je lui ai dit qu’après tu le recevrais…, commence Thierry Herzog
— Moi, je le fais monter…
— Il m’a parlé d’un truc sur Monaco…
— Ben t’inquiète pas, dis-lui. Je m’en occuperai parce que moi je vais à Monaco et je verrai le prince »
, répond l’ex-chef de l’Etat. (Le Monde du 1/12/2020)

Les avocats des prévenus ont tenté (en vain, jusqu’ici) de faire annuler ces écoutes au motif qu’elles n’étaient pas conformes à la procédure et l’avocate de N. Sarkozy tente actuellement la même chose devant le tribunal.

La focalisation sur la forme, détachée du fond, n’est pas nouvelle et elle est souvent un des ressorts de l’indignation utilisés au cinéma (cf : Les 7 de Chicago).

On verra ce que diront les juges confrontés, en même temps que l’opinion publique – ils le savent – ,  à ces indices dont l’importance est proportionnelle à l’acharnement des avocats à les faire annuler.

Le problème posé par les procès de N. Sarkozy et, à un autre niveau, par les affaires policières actuelles, est celui de la tolérance commune  de l’ « en-deçà / au-delà du droit » dont a bénéficié et bénéficie encore le monde  politique, le monde de l’ « entre soi » du pouvoir.   

Les téléphones/caméra et l’Internet des réseaux sociaux contribuent, par le réel qu’ils montrent, à révéler, comme malgré eux, le danger que fait courir le « tous pourris » idéologique du FN/RN : jusqu’à l’émergence de ces technologies, le « tous pourris » pouvait prendre des proportions fantasmatiques parce qu’il était alimenté par l’obscurité et le silence. La réalité crue qu’elles donnent à voir oblige le pouvoir à parler de ce qu’il niait jusqu’ici, ce qui conduit, par effet de dialectique, à l’émergence d’ un réel désormais autre que celui qui constituait le terreau idéologique d’extrême-droite.

La mise en examen d’un ancien chef d’état dit à la fois que la loi s’applique à tout le monde et que N. Sarkozy est un individu, pas une fonction.

Une relaxe n’annulera pas le processus en cours.

Se prévaloir de son statut d’ancien président pour rejeter une accusation est analogue à se prévaloir de  La République  pour s’opposer à une perquisition. L’inacceptable pour J-L Mélenchon vaut pour N. Sarkozy.

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