Le rapport de la commission d’enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public (créée en octobre 2025) a été adopté par la majorité de la trentaine de députés de la commission : 12 pour (droite et extrême-droite, 10 contre (gauche) et 8 abstentions (Renaissance et Modem).
La manière dont ont été menées les auditions par le rapporteur de la commission – Charles Alloncle, député Union des droites pour la République, alliée du RN) – ont souvent donné lieu à des polémiques, notamment dans la mise en cause des personnes.
La question essentielle n’est pas celle de la publication mais de la désignation de ce député d’extrême-droite comme interrogateur/rapporteur. Qui pouvait s’imaginer que l’enquête ne serait pas partisane, à charge ?
Ne pas publier amenait aussitôt le problème-piège de la démocratie, et c’est ce qui a conduit certains députés à voter pour ou à s’abstenir.
Autrement dit, cette question (publication ou non publication) qui concerne l’effet et non la cause évacue la problématique, dont Charles Alloncle révèle la nature dans cette déclaration :
« S’il n’y avait eu que nos deux groupes [RN et UDR], ça n’aurait pas fonctionné, donc, ce soir, c’est plutôt une belle victoire. »
Le mot important est évidemment « ça » : qu’est-ce qui n’aurait pas « fonctionné » et en quoi est-ce « une belle victoire » ?
L’élargissement de la pathologie identitaire insidieuse que représente l’existence même du RN et de son allié dans et par la sphère institutionnelle, ici l’Assemblée nationale.