Il y a traités et traités. Les hommes et les papiers.
Le 18 janvier 1871, après la défaite de la France face à la Prusse, le chancelier Bismarck proclama l’empire allemand dans la galerie des Glaces du château On sait quel beau et intelligent traité y fut signé le 28 juin 1919.
Hier, D. Trump, traité comme un invité de grande marque – Poutine l’avait été neuf années plus tôt – y signa de son gros stylo (Pardon ? Phallique, dites-vous ? Oh !) celui qui est censé enclencher un processus de paix entre l’Iran et les USA.
En écho aux cris d’enthousiasme de juin 1919, répond l’autoglorification de D. Trump qui, selon l’article du Monde – on ne sait rien du traiteur du dîner au Château, mais on a le menu : asperges au homard et caviar, suivies d’un poulet rôti aux truffes, puis d’une tarte chaude au chocolat avec de la glace à la vanille, pour une trentaine de convives – était euphorique. À cause de Versailles (il a remarqué qu’il y a beaucoup d’or) et du traité.
Ce qui (le traité, pas l’or, encore que… ) constitue au moins deux problèmes :
– après quatre mois d’un conflit qui a tué des hommes, détruit des infrastructures et perturbé l’économie mondiale, la situation est pire que celle qui a été invoquée pour son déclenchement, en ce sens que le régime iranien sort renforcé.
– tout le monde politique officiel, ou presque, explicitement ou pas, fait semblant d’oublier que la guerre a été déclenchée par les USA et Israël, et ne dit pas qu’il y a quand même un certain paradoxe – c’est le moins que je puisse dire – à entendre et voir celui qui en est l’instigateur se présenter non seulement comme un vainqueur mais encore comme un faiseur de paix.
Au moins deux problèmes, parce que la destruction de Gaza, la colonisation de Cisjordanie et l’attaque contre le Liban par Israël ne sont pas objets de traités.
Ces traitements par la magnificence, le déni ou le silence sont de l’ordre de l’absurde et ne peuvent que renforcer le désarroi planétaire.