Euthanasie

La députée LRM Yaël Braun-Pivet revendique le « droit de choisir sa fin de vie » « Il est temps de débattre du sujet au Parlement », plaide auprès du « Journal du dimanche » la présidente de la commission des lois à l’Assemblée. Une proposition de loi sur le sujet sera examinée en avril au Palais-Bourbon. » (A la Une du Monde – 14.03.2021)

Ma contribution :

La loi, pour l’objet dont il est question, qu’elle soit d’interdiction ou d’autorisation est inadéquate. Elle signifie, plus ou moins explicitement ou en creux, que notre vie ne nous appartient pas et qu’il ne nous appartient donc pas de décider si et quand nous voulons y mettre fin avec une aide de même nature que celle qui nous a aidés à naître. Nous sommes dans une période intermédiaire entre l’interdit d’essence religieuse (la vie appartient à Dieu) et la reconnaissance de la liberté de disposer de sa vie. D’où la focalisation de l’argumentaire sur les modes, dicté par le risque supposé ou fantasmé du détournement de cette liberté. Comme si l’être humain n’attendait qu’elle pour se suicider ou « suicider » l’autre à tour de bras. J’entends bien qu’après les levées  partielles des interdits par des lois pusillanimes, il faudra voter encore jusqu’à ce que la loi soit rendue obsolète par la proclamation du principe de cette liberté avec ses corollaires de connaissance et de confiance.

Présidentielle de 2022 : Fabien Roussel candidat à l’investiture du Parti communiste français.

« Sa candidature sera formellement proposée aux militants lors d’une conférence nationale, les 10 et 11 avril. Emmanuel Dang Tran et Grégoire Munk se sont également portés candidats. (…) « Tout est fait pour installer dans les esprits le duel du second tour de cette élection[Emmanuel Macron contre Marine Le Pen], sans connaître l’ensemble des candidats du premier tour, leurs programmes, sans jamais évoquer les législatives. Refusons ce piège », a insisté le numéro un communiste, élu à cette fonction en 2018 sur la promesse que le PCF aurait un candidat en 2022. » (A la Une du Monde – 14.03.2021)

Une réaction à cette opinion d’un lecteur : « Et si le plus important à gauche était de se débarrasser de Mélenchon de son populisme et son islam politique…. »

« Oui Mélenchon représente un obstacle à une union de la gauche mais pour le second tour nous serons très nombreux à nous abstenir en cas de duel Macron Le Pen. Blanquer, sous les ordres de Macron a passé son temps à mépriser et se moquer des enseignants, venir après cela leur demander de venir sauver la république relève de l’obscène. Mais cette division et multiplication des candidatures de gauche relève de la faute morale majeure. La gauche n’a visiblement aucune envie d’être au second tour. On finira avec 5 ou 6 candidats de « gauche » pour se partager 25% de voix, c’est du grand n’importe quoi. »

Ma réponse à cette réaction…

S’agit-il vraiment de voter pour ou contre « quelqu’un » ? Dans l’hypothèse que vous évoquez, E. Macron représente un système alors que M. Le Pen représente l’expression d’une peur collective. Le système, on le défend ou on le combat, c’est le principe républicain de la politique, la peur, elle, met en route une machinerie passionnelle nourrie de boucs-émissaires et qui finit par échapper au contrôle de ceux-là-mêmes qui l’alimentent. Regardez autour de vous, retournez-vous aussi, les exemples ne sont pas loin dans le temps et l’espace (Europe, Amérique…). Ce n’est pas un problème de personnes, de morale, de politique mais d’angoisse et de peur, d’ordre physique et psychique, individuel et social. C’est  se jeter dans l’abîme de peur d’y tomber. S’abstenir, c’est oublier que nous sommes embarqués, que nous le voulions ou pas. Croire qu’on est sur la rive n’est qu’un leurre.

 … et ma contribution :

L’idée communiste existe au moins depuis Platon (La République). Reste le fiasco de son expérimentation, surtout soviétique, qui peut conduire à vouloir tuer l’idée. Au fond, la question est celle du rapport individu/commun, fixe dans les autres espèces, objet d’interrogation permanente chez l’homme. Le PCF qui a pu rassembler plus de 21% des voix à la présidentielle de 1969 est l’expression désormais obsolète d’une théorie qui a rencontré une écoute planétaire d’approbation ou d’hostilité d’égale intensité. Aujourd’hui, a disparu l’idée même d’alternative au système capitaliste qui n’est pas tombé du ciel. Nous avons en nous l’équation qui le constitue (être=avoir plus) et dont l’expression socioéconomique née au 18ème siècle semble conduire à la catastrophe au moins climatique. Il est peut-être temps de repérer ce qu’est notre commun essentiel pour tenter de trouver une réponse qui soit, cette fois, adéquate.

Vaccins

« L’Agence européenne des médicaments a approuvé, jeudi, le produit du géant américain Johnson & Johnson . Avec une injection unique et une conservation au réfrigérateur, ses concepteurs voient en lui le produit idéal. » (A la Une du Monde – 12.03.2021)

«  (…) Quatre produits, visant la même pathologie, homologués en moins de trois mois : de mémoire d’expert européen, on n’avait jamais vu ça. Et la série n’est pas près de s’arrêter : vingt autres candidats sont dans la dernière phase d’essais cliniques, ou les ont achevés. (…) »

Ma contribution :

Ce qu’entre autres met en évidence l’article, c’est l’ingéniosité du vivant, quelle que soit sa forme, cellulaire, virale, ou humaine. Pas de différence essentielle entre les unes et les autres s’agissant du « discours biologique », pour autant qu’on puisse en juger. Ce qui est radicalement différent, avec la même réserve, c’est la conscience humaine et le discours spécifique auquel elle oblige. L’émergence historique des paramètres économiques liés à la fois au besoin humain de savoir et à la compétition pose alors la question du rapport entre les deux, autrement dit entre l’individu et le commun. Question aiguë en temps de pandémie et de dépression planétaire. Il est important de ne pas oublier les deux discours qui nous constituent en tant qu’êtres humains

Présidentielle de 2022 : Marine Le Pen ne « craint pas le pouvoir »

« La présidente du Rassemblement national souhaite former, si elle est élue présidente, un « gouvernement d’union nationale », n’excluant pas d’y intégrer sa nièce Marion Maréchal. » (A la Une du Monde qui rend compte de son interview à BFM-TV)

La plupart des réactions sont très critiques. Pas celle-ci :

« Certains lecteurs n’ont pas compris que quelque chose avait bougé et qu’elle dominait réellement la vie politique française. Autant donc débattre avec elle sur son programme, qui a des faiblesses, que de pratiquer l’invective très datée, d’autant que dans son entretien hier, elle fut étonnante. »

Ma réponse

Ce qui est à prendre en compte n’est pas tant le programme annoncé que ce qui sous-tend, plus ou moins consciemment, le discours qui n’a pas changé, sur le fond, (provocations en moins) depuis la création du FN en 1972 . En 1974, JMLP obtint moins de 1%. Ce qui s’est produit depuis, c’est une dépression collective liée à l’obsolescence des réponses historiques (religieuses et politiques) et qui cherche des boucs-émissaires (entre autres, l’immigré via la théorisation d’un « grand remplacement » qui sert de catalyseur à la dépression). Il ne s’agit pas d’un problème de personnes ni de morale ni de parti ni de programme mais de l’expression « politique » de la dépression. Vous savez, comme moi, jusqu’où peut conduire une politique dictée par la peur existentielle collective. On n’est plus alors dans le rationnel, mais dans la passion et lorsque la machinerie de la peur collective se met en marche personne ne peut l’arrêter. Cela revient à se jeter dans l’abîme de peur d’y tomber.

Gainsbourg aujourd’hui

« Sa fille Charlotte l’a récemment déclaré : son père « serait aujourd’hui condamné pour chaque chose qu’il a faite. » Et pourtant, mort il y a tout juste trente ans, Serge Gainsbourg est aujourd’hui célébré partout. Sur Spotify, à en croire Le Point, il totalise près de 300 millions d’écoutes. Les 35-44 ans représentent la tranche d’âge la plus assidue, suivie des 18-24 ans %. Dans les médias, à l’exception de Lio, et du site auféminin.com, l’unanimisme est de règle. Les Inrocks, L’Obs, Télérama en particulier, autrement dit les chantres de la nouvelle morale intersectionnelle et féministe, se sont tous inclinés devant le chanteur misogyne, amoureux des nymphettes, jouant avec la perspective de l’inceste et la violence. Mais chacun sait que très peu, voire aucun de ses albums, ne pourraient sortir aujourd’hui, tant ils semblent avoir été écrits contre les temps conformistes et effrayés qui sont les nôtres. » (Page de France Culture – émission Signe des temps de Marc Weismann – 07.03.2021)

Un des invités de l’émission déclare qu’il n’écoute pas aujourd’hui les chansons avec la même oreille qu’au moment de leur production. Ce qui pouvait « aller de soi » (inceste, pédérastie…) ne le va plus.

Encore faut-il définir « aller de soi ».

Je prendrai l’exemple du tabac. A cette même époque, on fumait partout, dans les restaurants, les trains, les avions, sur les plateaux de télévision. On connaissait depuis longtemps le rapport entre consommation de tabac et pathologies graves (cancer, notamment), mais l’idée qu’on puisse l’interdire dans les lieux publics faisait partie de l’impensable global dont elle était alors ce que j’appellerais « un espace-temps».

 « Aller de soi » est sans doute un espace-temps de cet impensable global en ce sens qu’il colle à un problème qui, à un moment donné, ne peut pas franchir le seuil du commun.

A l’époque dont je parle, la société disposait des moyens de savoir/savait que fumer est dangereux pour soi et pour les autres, mais le dire (avec les conséquences d’interdits associés) n’était pas possible parce que cela aurait été alors plus dangereux, en ce sens qu’il aurait eu pour effet d’élargir le champ du commun.

En d’autres termes, quel que soit le problème humain, la stratégie est toujours la même : tenter de dresser des barrières en face des innombrables et incessants problèmes pour les maintenir dans le seul champ individuel, donc repousser le seuil à partir duquel il ne sera plus possible d’éviter d’avoir à affronter le commun essentiel qui nous constitue en tant qu’êtres humains.

Quand Bernard Pivot revient sur la fameuse émission d’Apostrophes où il demande à G. Matzneff pourquoi il s’est spécialisé dans les lycéennes et les minettes (un peu comme il le lui aurait demandé pour une collection de petites voitures), il explique (JDD du 30.12.2020) « Animateur d’émissions littéraires à la télévision, il m’aurait fallu beaucoup de lucidité et une grande force de caractère pour me soustraire aux dérives d’une liberté dont s’accommodaient tout autant mes confrères de la presse écrite et des radios ».

Il met ainsi en lumière l’opposition entre le discours individuel (qui aurait pu/dû être le sien – « Ces qualités, je ne les ai pas eues. Je le regrette évidemment, ayant de surcroît le sentiment de n’avoir pas eu les mots qu’il fallait », précise-t-il) et le discours commun d’alors dont il souligne en même temps la fragilité (« s’accommodaient ») et le poids de la généralité.

La question de savoir si les chansons de Gainsbourg seraient publiables aujourd’hui s’inscrit dans la problématique de cet impensable et de son évolution dans la résolution des contradictions individu/commun dont l’œuvre d’art est un constituant.

Si l’on peut écouter Gainsbourg alors que l’inceste et la pédérastie sont aujourd’hui des crimes, c’est parce que son discours est celui de la musique : une des formes esthétiques produites par le contournement/déni de ce commun essentiel et qui touche à l’articulation/fusion corps/esprit. En d’autres termes, l’inceste et la pédérastie en musique  (comme l’antisémitisme – cf. Wagner / la misogynie, l’homosexualité féminine – cf. Baudelaire, etc.) sont hors-champ social/moral.

Si l’art est l’espace au plus près de l’objet du déni (la mort en tant que savoir) dont il est une expression de béatitude (au sens où l’entend Spinoza : des joies déconnectées de la durée), ses formes et surtout la musique (dont la poésie) – en ce sens qu’elle est l’expression physique, matérielle, la plus puissante de et sur notre dualité –   nous permettent d’expérimenter à la fois notre finitude et notre éternité.

Le pape et l’ayatollah

Le pape François et l’ayatollah Ali Al-Sistani, le plus haut dignitaire de l’islam chiite se sont rencontrés en Irak.

D’un côté le représentant d’une religion dont le discours n’est plus très audible au moins en Europe (les églises sont désertées, le recrutement des prêtres est très faible, la pédocriminalité révèle un problème majeur, seule une toute petite minorité croit à l’essentiel de la foi qu’est la résurrection), de l’autre celui d’une religion encore associée (pour combien de temps encore ?) au pouvoir et qui depuis 30 ans (Al Qaïda, fin des années 80) sert de vecteur à l’expression d’un désespoir (ce qu’on appelle « terrorisme »).

Ces deux hommes sont les porte-parole du « croire » en l’au-delà, quelle qu’en soit la forme, qui rencontre de moins en moins d’adhésion.

C’est à mon sens ce qui, bien en-deçà des raisons invoquées et des arrière-plans politiques, explique cette rencontre de deux expressions d’une conception de la vie et de l’existence humaine frappée d’obsolescence. Un rapprochement de deux mondes anciens sur le point de devenir archaïques et qui ont besoin de croire et de se dire qu’ils sont toujours puissants.  

Les gamines à la dérive de Barbès

« Elles s’appellent Hana, Soraya ou Célia et font partie de ces dizaines d’adolescents – jeunes migrants isolés ou filles souvent mineures en rupture familiale – qui zonent depuis 2016 dans les rues de ce quartier parisien, survivant dans la violence et la débrouille sans rien attendre du lendemain.» (A la Une du Monde – 06.03.2021)

L’article (signé Zineb Dryef) est en tous points  remarquable.

Ma contribution :

On ne peut pas s’en sortir en-dehors de la problématique de la responsabilité. Qu’il s’agisse de ces jeunes-ci ou des « oubliés » du passé proche ou lointain, leur situation est le résultat collatéral de choix politiques et économiques. On se cogne la tête à vouloir trouver des réponses individuelles ou collectives de colmatage qui, la plupart du temps ne fonctionnent pas et nourrissent le terreau des partisans de solutions extrêmes. Il ne s’agit pas de s’apitoyer, de se repentir, de se culpabiliser, mais d’expliquer ce qui, dans nos relations avec les pays d’émigration, conduit à ces catastrophes. Ce qui implique la reconnaissance, par exemple du « fait colonial » et de son analyse. De ce discours adulte peuvent naître des solutions insoupçonnées.

Cancel culture

« Le retrait de livres du Dr. Seuss, monstre sacré de la littérature enfantine, déchaîne les passions aux Etats-Unis. La société qui gère le patrimoine de l’auteur est accusée de sacrifier à la « cancel culture » depuis qu’elle a annoncé le retrait de six ouvrages contenant des stéréotypes raciaux. » (A la Une du Monde – 05.03.2021)

Ma contribution.

Est-ce que Lucky Luke donne envie de rouler une cigarette, Maigret de bourrer une  pipe, Magritte de fumer pas une pipe ? Hergé de surtout pas se marier ?

Les millions de ceux qui ont lu, lisent et aiment ces livres sans fumer ni être misogynes devraient inciter à penser qu’il existe un invariant humain intelligent qui aide à se distancier. Cet invariant pourrait être appelé à la rescousse pour se distancier du manque de distance que l’on constate actuellement quant à l’étrange objet appelé cancel culture. S’il faut bien sûr laisser sa cigarette à LL, sa pipe à M et la Castafiore à H, sous peine de perdre le goût et l’odorat,  il pourrait être utile, après avoir émis une salutaire et véhémente protestation, de chercher à comprendre d’où vient ce besoin d’une telle asepsie stérilisante.

Condamnation de N. Sarkozy

Ma contribution au Monde :

« L’effet de sidération. Moins lié à la personne qu’à ce qu’elle représente. Toutes choses égales, si j’ose dire, c’est, tout au bas de l’échelle des valeurs du sacré, l’équivalent de la chute de la flèche de N-D. Même ceux qui ne croient pas pensaient dans un petit coin de leur tête « ça se peut pas ». Eh oui, ça se peut ! Même une flèche de cathédrale – et même si elle oublie qu’elle n’est pas indispensable à la vie de la structure, qu’elle a été ajoutée, qu’une autre la remplacera, même si elle « s’y croit » – peut tomber. Même… M’aime… Même pas. »

Deux réactions :

ErF « Le pastis dès le matin, ça fait peur… »

Maurice Q. « Comparaison franchement osée et inappropriée… »

Mes réponses :

> ErF : Ah, je ne savais pas. A quelle heure commencez-vous ? Et avez-vous tenté autre chose ?

> Maurice Q. : « Franchement« , oui, vous avez raison, je ne mens pas. « Inappropriée« … Vous avez aussi raison… Je suis franchement désolé pour la flèche.

La Commune de Paris

« Roger Martelli : « La Commune de Paris est un bien commun que la République se doit de célébrer » Alors qu’au Conseil de Paris les élus de droite se sont opposés à la célébration des 150 ans de la Commune, l’historien rappelle, dans une tribune au « Monde », l’importance du « premier pouvoir » qui s’est appuyé sur des valeurs démocratiques et sociales « qui n’ont pas pris une ride. » (A la Une du Monde – 28 .02.2021)

Extraits : « Le 3 février, au Conseil de Paris, la droite parisienne a lancéun tollé contre les commémorations prévues pour les 150 ans de la Commune de Paris. Engluée dans son passé, elle persiste à dire que célébrer cet anniversaire revient à glorifier « les événements les plus violents de la Commune (…) Sans doctrine figée, sans même un programme achevé, la Commune a fait en quelques semaines ce que la République mettra bien du temps à décider. Elle a ouvert la voie à une autre conception du « vivre-ensemble », fondée sur l’égalité et la solidarité. Elle a enfin esquissé la possibilité d’une démocratie moins étroitement représentative, plus directement citoyenne. En bref, elle a voulu mettre concrètement en œuvre ce « gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » dont le président américain Lincoln avait annoncé l’avènement quelques années plus tôt [le 19 novembre 1863, lors du discours prononcé à Gettysburg]. (…) Le 29 novembre 2016, l’Assemblée nationale a adopté une résolution réhabilitant enfin les victimes de la « semaine sanglante » [qui a vu la répression des communards entre le 21 et le 28 mai 1871].Elle ajoutait vouloir que « soient mieux connues et diffusées les valeurs républicaines portées par la Commune ». Elle souhaitait « que la République rende honneur et dignité à ces femmes et ces hommes qui ont combattu pour la liberté ». Le temps est venu de mettre en application cette résolution. »

 Quelques contributions :

« La commune, cet octobre 17 qui a échoué ? Si certains se plaisent a le commémorer grand bien leur fasse.A titre privé. »

« Les Versaillais plus combatifs contre les communards que contre les Prussiens sont les précurseurs des pétainistes collaborateurs de 40-44. »

« Personne à la rédaction pour préciser, à propos de Roger Martelli, qu’il est un ancien membre du comité central du Parti communiste français ?
La commune de Paris a hanté et inspire tous les totalitaires communistes parce qu’elle symbolise la prise de pouvoir d’un Peuple pour mettre en œuvre ses utopies par tous les moyens. Sauf que ce Peuple ce n’en est qu’une micro-fraction : le leur, certaines catégories de la population dans la ville capitale qui représentait à peine 2% du Peuple français et qui prétendait décider pour toute la France. A peine plus que le même Peuple que celui par lequel Mélenchon se prétend aujourd’hui investi. L’utopie était certes du côté des Communards. Mais la démocratie était du côté des Versaillais, investis par l’immense majorité du pays pour mettre une fois pour toutes fin à la prétention d’une fraction des parisiens à décider au nom du Peuple français.
 »

« Il est loin d’être scandaleux, comme le scande l’esprit « versaillais » résurgent que la France, nonobstant les excès et les dérapages de la Commune (que personne ne nie), célèbre tous ces gens de peu, ces citoyens ordinaires, ces « riens » qui ont pendant 72 jours tenter de prendre en mains leur destin sans, comme toujours, se croire obligés de le confier à des prétendues élites … Mais « le bourgeois qui pense bas » (Flaubert), partisan de « l’ordre et de la Loi », a une sainte horreur de celles et ceux qui essayent de s’émanciper d’une société verrouillée au profit de quelques uns.

« Non, elle n’est pas morte, la Commune !!! « 

Ma contribution :

L’expérience de la Commune fut et demeure un révélateur émotionnel de ce qui détermine nos choix politiques. En témoigne le recours aux attaques ad hominem. Une des figures majeures (non la seule) fut Louise Michel, une institutrice, qui demanda à être fusillée avec ses amis et fut déportée en Nouvelle Calédonie. Elle y apprit le canaque pour enseigner aux autochtones, fit des conférences en France après l’amnistie, fut arrêtée, emprisonnée, échappa à un attentat, demanda que son agresseur ne soit pas condamné. Elle correspondit avec V. Hugo (il n’aima pas la Commune mais condamna la répression) qui l’admirait. On peut lire son témoignage et aussi ses « contes et légendes ». Son éthique – son rapport à la vie, aux homme et au monde –  mérite d’être connue. Au-delà des erreurs et des démesures (voir le contexte), la Commune fut une tentative d’établir une société sur des critères autres que ceux du capitalisme. Ce qui peut expliquer certaines protestations contre une proposition qui, pourtant, ne paraît pas hagiographique.