Procès Bygmalion

« Tout le monde était au courant à l’UMP, de Sarkozy en passant par la fille de l’accueil » : au procès Bygmalion, le témoignage accablant de Franck Attal Premier prévenu à être interrogé, mardi 25 et mercredi 26 mai, l’ancien responsable de la société Event, qui organisait les réunions publiques de Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle de 2012, a raconté l’explosion des coûts et leur dissimulation. » (A La Une du Monde – 27.05.2021)

Ma contribution

Je pose la question du sens de la démocratie qui dépense autant de millions  pour des spectacles destinés à tout sauf à ce qui est essentiel, à savoir solliciter la pensée des citoyens. Les débordements de la campagne de N. Sarkozy ne sont que la démesure illégale d’une démesure légale que personne ne remet en cause (cf. les contributions). L’exploitation des affects substituée à la sollicitation de la pensée est un déni de la politique. Le RN qui n’est rien que l’expression de nos peurs et de nos angoisses parvient ainsi à créer l’illusion qu’il se situe dans le champ politique. Comme N. Sarkozy et ses meetings hors de prix organisés pour assurer que « tout est possible », bien sûr. Même s’ils sont restés dans les limites imposées, ses successeurs ont exploité les mêmes affects et tenu les mêmes discours infantilisants.

Combien coûteraient une ou deux ou trois interviews/débats des candidats à la radio/télévision ? Sans plus.

Rwanda

Quelques réactions à l’article du Monde (A la Une – 27.05.2021) annonçant la visite d’E. Macron au Rwanda. (Les dernières informations indiquent qu’il n’a pas utilisé le mot « excuse » mais qu’il a invoqué un « pardon »).

« Il s’agit de reconstruire l’unité du pays en occultant la responsabilité d’une partie de la population – les Hutus – et en se désignant un ennemi extérieur contre lequel on va faire l’unité nationale. La France est taillée pour le rôle : les Africains adore détester la France et les élites francaises sont tellement promptes à la repentance. Ca peut se comprendre de la part du gouvernement rwandais qui doit refaire l’unité après une guerre civile. Mais on n’a pas à se prêter aussi bien à la comédie. »

« Pourquoi, à longueur de journée à la radio, et à longueur d’articles, nous culpabilise-t-on, nous les Français, pour ces massacres ? (…)  Encore une séquence repentance. »

« Notre pays est constamment humilié par des histoires abracadabrantes de repentance et de cancel culture. Les anglais n’ont pas ces problèmes ».

Ma contribution :

Personne, à part ceux qui utilisent le mot comme outil de mauvaise foi, ne parle de repentance. Ce mot à connotation chrétienne bien commode sert à masquer un déni. Celui de la relation particulière entre la France et l’Afrique, présupposées être historiquement deux partenaires égaux. Si le Rwanda n’a pas été une colonie française, la relation politique de la France avec lui a participé du même esprit de colonisation (fins géostratégiques). Le problème, jamais abordé qui produit ces mots/discours/polémiques inadéquats (regrets, repentance, excuses, pardon…) est celui qui a conduit des gouvernements (français, européens…) à envoyer des armées pour coloniser des territoires, en Afrique notamment. Autrement dit, la question, essentielle, concerne non le colonialisme en tant que pratique, mais l’idée-même du colonialisme : ce qui détermine l’envoi des armées. C’est à mon sens le seul débat susceptible d’évacuer les fausses questions et les dénis qu’elles suscitent.

George Floyd, la désillusion

Un long article du Monde  (A la Une du 25.05.2021) explique que la vague de protestation et d’espoir (« Tu as changé le monde, George ! » déclarait le pasteur Al Sharpton le jour des funérailles) qui a suivi le meurtre de George Floyd est retombée.

Il se conclut ainsi :

« Presque deux fois moins d’Américains (36 %) qualifient aujourd’hui la mort de George Floyd de « meurtre » que voici un an, en dépit de la condamnation du policier Derek Chauvin. Le nombre de personnes affirmant que les relations interraciales se sont détériorées est près de quatre fois supérieur au nombre de celles qui pensent qu’elles se sont améliorées (40 % et 13 % respectivement). La société américaine cherche encore son chemin vers l’introuvable égalité raciale. »

Ces deux contributions, dont la seconde répond à la première…

« Cet article montre bien qu’il ne faut pas trop mélanger les races. Aux EU, au Brésil, comme dans beaucoup de pays d’Amérique latine, ce n’est pas une réussite et l’on retrouve les mêmes maux très graves. Se dessine déjà pour le XXIeme siècle, la suprématie des pays monoraciaux (Chine, notamment). Pour les noirs américains, le retour en Afrique, théorisé par Marcus Garvey, le prophète des rastas serait la seule issue à cette confrontation qui pour lui ne cessera jamais. »

« Ce que vous exprimez est très largement documenté et je partage ces constats. Les êtres humains, dans toutes les parties du monde, préfèrent, au quotidien, l’entre-soi, qu’il soit ethnique, comme en Afrique, par exemple, culturel, de catégories professionnelles ou sociales. Ce n’est pas nécessairement un enfermement mais une sécurité qui par ailleurs peut favoriser l’ouverture à « l’estranger ». Il n’y a là aucun sentiment de supériorité sur d’autres groupes, et donc pas vrai racisme, mais simplement la conscience que c’est à chacun d’inviter, en nombre et en qualité, avec qui nous voulons bien vivre. C’est un droit universel et sa négation, l’Histoire nous le montre, se paye à plus ou moins long terme par des affrontements entre groupes distincts. »

… témoignent de la tendance régressive au repli, représentée et alimentée par le populisme d’extrême-droite.

En réponse, cette contribution de deux lignes :

Ce qui importe, aux USA comme en France comme partout où des hommes vivent en société, ce n’est pas la lutte contre le racisme, mais contre l’idée du racisme.

>J’ajoute, ici : Même remarque pour l’esclavage, le colonialisme dont les séquelles me semblent témoigner de cette nécessité. Plutôt que « lutter contre l’idée », « expliquer l’idée » aurait été plus pertinent, mais comme il est question de lutte, j’ai laissé jouer la symétrie en me disant qu’elle susciterait peut-être des observations. Aucune pour le moment.

La police devant l’Assemblée Nationale

A l’appel de leurs syndicats, des milliers de policiers ont manifesté devant l’Assemblée Nationale, le mercredi 19 mai 2021.

« Les peines minimales pour les agresseurs, voilà le message fort et clair que nous attendons » (secrétaire national Unité SGP Police-FO).

 « Le problème de la police, c’est la justice.  Tant qu’il n’y a pas de justice, il n’y aura pas de paix » (secrétaire national du syndicat Alliance),

Le problème que pose, non la manifestation de policiers, mais le lieu choisi et autorisé, est sa possibilité.

Il n’y pas d’envahissement, mais une importante présence physique destinée à faire pression sur la représentation nationale pour une prétendue carence législative.  

Les critères justifiant cette accusation sont définis par un corps d’Etat statutairement impropre à intervenir en tant que tel dans le travail législatif qui est de la responsabilité d’élus.

Autrement dit, le signe qu’émet l’événement est celui de la possibilité d’un coup de force.

La présence du ministre de l’Intérieur y ajoute celle d’un coup d’Etat.

Celle des représentants des partis politiques (sauf LFI) – représentés à l’Assemblée – la corrobore par le message de démission que signifie le non-sens de la protestation contre soi (suicide politique).      

Quant à la revendication de la peine-plancher couplée avec le slogan qui met en cause la justice, elle est le signe d’une régression (le rejet de l’individualisation par un principe d’automatisme est une forme de la loi dite du talion de la société primitive) et du déni de démocratie (« la justice » considérée comme un absolu défini par une corporation).

Difficile de ne pas penser à l’épisode du Capitole, à Washington. Avec la différence que la force manifestante, ici, n’est pas une partie de la population dont la violence est plus ou moins incontrôlable, mais un corps d’Etat, organisé, armé, qui hue la justice et son ministre avant de chanter la Marseillaise.  

La grande confusion

Anne Applebaum est une journaliste américaine (USA), membre de la rédaction du magazine The Atlantic, lauréate du prix Pulitzer, historienne et auteur, entre autres, de La démocratie en déclin  était l’invitée des Matins de France Culture (24.05.2021).  Epouse de Radoslaw Sikorski, ancien ministre des Affaires étrangères de Pologne, elle possède  également la nationalité polonaise.

Elle situe la cause du développement de l’extrême-droite dans la « déception » :

 « Je pense que la principale réponse, l’idée principale à comprendre, c’est cette idée de la déception. Il y a des personnes qui ont été déçues par leur pays, ou parfois par leurs propres carrières. Il y a des personnes qui observent l’évolution de la Pologne depuis 1989 et qui se disent : ce n’est pas ce que je voulais, ce n’est pas le monde que j’espérais créer. »

Elle évoque la trajectoire politique de Viktor Orbán, qu’elle côtoyait dans les années 80, et qui s’est progressivement détourné du centre droit [sa position politique personnelle] : 

« Progressivement, il s’est déplacé vers la droite. D’abord vers la démocratie chrétienne, et puis plus tard beaucoup plus loin à droite. Et je pense que dans son cas, c’était un moyen politique : il pensait qu’il y avait plus de votes à récolter. (…)  Je pense que ce qui se passe en Pologne, en Hongrie, pourrait arriver dans d’importe quel pays européen. Il s’est déjà passé quelque chose de tout à fait similaire aux Etats-Unis (…) alors que culturellement, historiquement, il n’y a pas plus différent de la Pologne que les Etats-Unis. »

Elle conclut ainsi :

« Les pays changent, la politique évolue, il y a toujours une nouvelle génération, de nouvelles idées qui viennent changer la politique. (…). Nous avons besoin de compter, de nous appuyer sur cette nouvelle génération pour nous aider à développer le changement, à réformer nos institutions démocratiques pour qu’elles survivent. »

A supposer que la déception (un hiatus entre le réel vécu et l’attente qu’on en a) puisse être le moteur déterminant d’une population, l’exemple de la grande dépression (1929…) dont il n’est pas difficile d’imaginer la somme et la profondeur des déceptions qu’elle engendra (cf. Les raisins de la colère – John Steinbeck), suffit pour constater que l’explication de causalité n’est pas pertinente. (Franklin R. Roosevelt aux USA<> Hitler en Allemagne<>Front Populaire en France).

L’explication (en fait un simple constat) de la dérive de V. Orban confond « moyen politique » et « moyen électoral », comme la critique, un peu plus loin dans l’entretien, de la prétention de l’extrême-droite à être le véritable représentant du peuple, oublie de distinguer peuple et population.

Après les lieux communs (les pays changent, la politique évolue… ) la conclusion fait de la « nouvelle génération » la solution… comme si elle était épargnée par la déception… parce qu’elle est la nouvelle génération.

L’appel de la gauche à manifester le 12 juin « pour les libertés et contre les idées d’extrême-droite » (A la Une du Monde – 22.05.2021) témoigne d’une confusion analogue.

Ma contribution :

Manifester contre les « idées » du FN/RN n’a pas de sens : il est l’expression non d’idées mais de nos peurs et de nos angoisses, aggravées depuis la fin des années 80 par une crise de nature existentielle. Une manifestation n’a de sens que si elle est « politique », donc si elle regroupe l’ensemble des partis pour signifier que le FN/RN se situe, non dans le champ du politique (projet de société), mais dans celui des passions tristes (repli identitaire).

Ma boulangère et les bitcoins… et une réponse

« Le cours du bitcoin plonge sous les 40 000 dollars après la mise au ban des cryptomonnaies par la Chine. Les autorités chinoises ont interdit aux institutions financières du pays de proposer à leurs clients des services liés aux cryptomonnaies. Le bitcoin a chuté mercredi, frôlant un temps les 30 000 dollars, son niveau de janvier. » (A la Une du Monde – 20.05.2021) 

Quelques extraits d’explications fournies par des contributeurs :

« Concernant la décentralisation, il me semble qu’en pratique il y a 4 ou 5 mining pools qui concentrent l’essentiel de l’activité des mineurs, non ? Alors certes, les mineurs peuvent quitter leur pool s’il menace d’atteindre les 51% (exemple de Grash io, il a quelques années), mais ça me fait quand même relativiser l’idéal de décentralisation du bitcoin… »

« La blockchain Bitcoin a atteint un taille critique rendant impossible une attaque à 51% Mais admettons que ce soit possible, quel serait l’intérêt des mineurs à réussir à falsifier la blockchain ? »

« Chaque bloc d’une blockchain contient un id calculé à partir du contenu du bloc précédent. Une modification d’un bloc entrainera donc la modification de tous les blocs précédents (pour que cela reste cohérent) sur 51% des serveurs. »

Ma contribution.

C’est un Candide qui ouvre de grands yeux – sans parler des oreilles –  en découvrant le vocabulaire des explications fournies (impressionnantes) par certains contributeurs. Dans un premier temps, je me dis que le langage financier n’est pas exactement celui de la vraie vie, dans un deuxième, que c’est également vrai pour le langage de la mécanique-auto (quoique aujourd’hui, la mécanique-auto…) ou de la médecine (surtout si on ignore le grec).  D’où cette question de pure métaphysique : c’est quoi, le langage de la vraie vie ? Ce qui équivaut à : c’est quoi la vraie vie ?  Proust, que je lis à mes moments perdus pour tenter de m’y retrouver, assure que c’est la littérature. Tenez, du côté de chez ma boulangère, oui, eh bien, je comprends ce qu’elle me dit sans recourir au dictionnaire, et le pain qu’elle vend – oui, sous toutes ses formes, non, inutile d’insister – fait quand même partie de la vraie vie, non ? Faut-il préciser qu’elle n’a pas de bitcoins, elle, mais des écus ?

Une réponse :

« Votre question/réflexion est essentielle. Le rêve des hommes et la promesse de certains depuis deux siècles, c’est la technologie au service de l’humain. La réalité de nos sociétés, c’est, au moins autant, l’humain au service de la technologie. Telle la fourmi et ses 250000 neurones, l’humain construit pièce par pièce son environnement numérique et industriel. Proust ne pèse rien face au monstre qu’on appelle sciences et technologie, agissant à l’asservissement de l’humain autant qu’à son service. Il restera quoi, après les réseaux sociaux et le commerce en ligne ? Un environnement minimaliste, piloté par les machines. Ce sera peut-être suffisant pour les générations futures, si elles survivent. »

José Bové et « Faire barrage au RN »

« En Occitanie, José Bové choisit la liste Delga [socialiste] pour  » faire barrage au RN ». Officiellement retraité depuis 2019, l’ancien syndicaliste et député européen soutient la présidente socialiste sortante, l’année des 50 ans des luttes sur son fief, le Larzac. » (A la Une du Monde – 20.05.2021)

Un échantillon des réactions :

« Long et renouvelé cri d’amour du Monde (et de bien des lecteurs, sauf, évidemment les « vieux réacs ») pour « José ». Il est sympa, c’est vrai, et ce ‘est pas un écolo borné, comme il en fournit ici la preuve. Juste un homme avide de renommée, avec un look et une voix qui plaisent dans les salons à la recherche d’exotisme rural madré, sans doute blessé par sa triste expérience électorale individuelle. Une figure, quoi, qui ne mérite ni la dévotion du Monde ni le rejet des « vieux réacs » dans sa posture de sage du Larzac, plus apte à lui valoir la considération que les urnes ne lui ont pas accordée… »

« Honte sur lui, se rallier à Delga qui fait du gringue à la REM, qui ramène sur sa liste des gens de droite, qui relaie les procès en islamo-gauchisme de la sphère ethno-laicarde, qui incarne le vieux PS de toutes les compromissions et de tous les renoncements, pro nucléaire et productiviste. Bové se trahit lui-même, incapable qu’il est de résister aux sirènes de la renommée. »

« Par ses refus de compromis, son incapacité à entendre des opinions différentes de la sienne, M. Bové tout au long de sa triste carrière a fait le lit des antidémocrates de tout bord. Il n’a pas sa place dans le débat démocratique. »

« J’ai toujours eu des doutes sur sa qualité d’agriculteur, je crois qu’il a toute sa vie fonctionné à l’esbroufe »

« Un « escroc » : ni paysan (c’est son épouse qui travaillait sur sa ferme), ni écolo (il a explosé son compteur de tours du monde en avion) – vrai gauchiste profiteur du système. »

« Un monsieur qui avec toute une bande va détruire le travail d’un autre, que ce soit dans un macdo ou dans le champ d’un vrai agriculteur n’est ni courageux ni estimable. Un type qui milite contre la mondialisation et qui, en théorie, vit de l’élevage de brebis dont le lait sert à faire du roquefort est impossible à prendre au sérieux. »

« José Bové est un homme de conviction comme il y en a trop peu … sincère et attachant. Il est une valeur sûre à mes yeux, depuis qu’avec Jean-Baptiste Libouban ils ont créé le mouvement non-violent des faucheurs volontaires… Gratitude et Grand merci à lui, courage et « chance »… »

Ma contribution – elle propose (présent de répétition qui fonctionne comme le marteau obstiné tapant sur le clou et dont je souhaite qu’il devienne rapidement un passé simple = expression d’un passé ponctuel) la thèse que le FN/RN est hors du champ du politique :

Il y a l’individu, ce dont il est l’emblème, et la tentation (la tendance aussi) de confondre les deux. Une idée (en l’occurrence celle d’une conception de l’écologie) n’est jamais réductible à celui qui l’incarne. Les réactions démesurées – dans la louange ou la critique – témoignent de cette confusion et contribuent à dénaturer le problème posé par « faire barrage au RN ». La formule, collée à l’image ambivalente de l’individu, en fait une question surtout émotionnelle alors qu’il s’agit d’autre chose : le RN n’est pas seulement une structure « objective » qui a l’apparence d’un parti politique, mais il est la représentation d’une de nos strates les plus dangereuses, celle – un produit de nos peurs – de l’attirance pour le repli, la régression. Le RN n’est pas du domaine du politique, il est l’expression de la partie la plus irrationnelle de « qui nous sommes ». Le vote, indispensable, n’a pas à être « contre » le RN, mais « pour le politique », quel que soit le parti choisi.

Le jeu dangereux du ministre de l’intérieur

« Gérald Darmanin sera présent, mercredi, à un rassemblement de policiers. Les syndicats de police appellent les « citoyens » à se réunir devant l’Assemblée nationale pour demander plus de sévérité envers les « agresseurs des forces de l’ordre ». Pour le ministre de l’intérieur, il s’agit d’une « manifestation pour la République ». (A la  Une du Monde – 18.05.2021)

Cette contribution de Jean Vincensini, un lecteur qui signe donc de son nom :

« Comme d’habitude, à la veille des présidentielles, le marronnier de l’insécurité est de retour, monté en épingle à chaque fait divers , par la droite et l’extrême-droite réunies avec l’appui manifeste de nombre de médias et celui des groupements et syndicats factieux qui noyautent l’armée et la police.
Les chiffres (du ministère de l’intérieur) quand on les vérifie de près démontent la fable de la croissance exponentielle de la violence. Le jour de cette manifestation on verra la droite et l’extrême-droite se promener bras dessus bras dessous. Le degré zéro de la politique accompagne le sommet du populisme.
 »

Une réaction (d’un pseudo) :

« Quel degré zéro de la politique? La droite et l’extrême droite marchent main dans la main depuis au moins 40 ans! Vous avez oublié Mégret travaillant pour Chirac? Le bruit et l’odeur? Les racailles à nettoyer au Karcher? Le fameux, l’inénarrable, « NiNi » pour justifier de ne pas s’attaquer frontalement au FN ces 10 dernières années au moins? Les déclarations de cadres LR et LREM, jusqu’au président!, qui reprennent mot pour mot la rhétorique et les obsessions de l’extrême droite? La seule chose qui change aujourd’hui, c’est l’extrême centre qui se dit qu’en étant encore plus réactionnaire que la droite des comptables et la droite des racistes ils a peut-être une chance de garder le pouvoir. Donc 3 droites réactionnaires et nostalgiques d’un 19ème siècle où on ne s’embarrassait pas des droits des femmes, des enfants, des travailleurs et qu’on exploitait sans se faire remettre en question. Chacune a ses raisons propres, mais leurs intérêts politiques et sociaux sont bel et bien alignés. »

Ma contribution :

« Le degré zéro de la politique » dit avec raison Jean Vincensini. La démarche du ministre est dictée par la double récupération (illusoire), des policiers et de l’électorat RN. Elle n’est appuyée sur aucun discours politique – le soutien des forces de l’ordre et la sécurité sont inhérents à tout gouvernement – et utilise l’outil exclusif des affects subis qui est celui du FN/RN : ce mouvement n’est pas une force politique (projet) mais l’expression électorale, épidermique, passionnelle, des peurs (repli). Ce degré zéro est plus ou moins celui des campagnes électorales qui sont le plus souvent un déni de l’intelligence et de la raison. Il pose la question de la conscience politique en démocratie, autrement dit du travail adéquat qui permette de transformer la population en peuple. La crise gravissime, planétaire, de nature existentielle, signifie qu’il serait temps de s’en préoccuper. On pourrait commencer, ici, dans cet espace contributif, à donner la priorité à l’analyse. »

Avec – je ne vais jouer ni à la fausse modestie hypocrite ni à la prétention niaiseuse comme on dit dans la Belle Province, de l’autre côté de l’Atlantique – cette réaction (d’un pseudo) que je n’attendais pas, qui me fait plaisir, donc, et qui est aussi une information (je réfléchis… et ne vois aucune raison de ne pas la communiquer) :

« Jean-Pierre Peyrard, enfin une contribution, claire, intelligente et constructive. Merci. »

J’ai remercié à mon tour.

« Thérapies de conversion » des homosexuels

Titre de la Une du Monde (18.05.2021) ainsi précisé : « Le gouvernement ne légifère toujours pas, les associations LGBT+ s’indignent. La ministre de l’égalité, Elisabeth Moreno, a annoncé la publication d’une circulaire rappelant le droit existant pour condamner les « thérapies de conversion ». Les militants LGBT+ réclament une loi à part interdisant ces pratiques. »

Une contribution

« On parle dans cet article d’interdiction de thérapies de conversion sans expliquer ce que sont ces thérapies. Thérapie sous-entend maladie. Hors (sic) les homosexuels ne sont pas malades, ils représentent une toute petite minorité du genre humain aux comportements anormaux (en dehors de la norme), au sens ou la norme est celui du grand nombre qui est hétérosexuel.
Mais cette minorité existe et elle n’est pas malade, elle est différente. L’homosexualité existe dans la nature, comme chez les grands singes, les bonobos, dont nous nous sommes évolutivement séparés il y a plusieurs millions d’années. Mais que les homosexuels exigent le droit de procréer est une dérive de notre société, les homosexuels ne peuvent avoir des enfants, n’étant pas malades, ils ne doivent pas demander l’intervention de la médecine pour avoir des enfants. Les homosexuels doivent accepter leur sexualité qui les prive de la procréation
. »

Trois réactions.

Une qui va dans le même sens :

« L’intérêt supérieur de l’enfant doit primer et ce dernier a le droit d’avoir des parents normaux (un père et une mère), car il n’a pas à subir les conséquences de l’homosexualité de ses parents. »

Deux, qui critiquent cette réaction :

« On aimerait bien avoir des précisions sur ces « conséquences »… il semblerait pourtant que les enfants élevés dans des couples homosexuels aillent tout à fait bien… »

« Oui on aimerait bien savoir à quelles conséquences vous pensez. Dalida à tous les repas ? Des orgies dans la cave ? Ou sinon pire, que l’enfant devienne « comme eeeeux » ! »

La mienne, adressée à l’auteur de la contribution :

« Vous établissez un lien exclusif entre sexualité (hétéro/homo) et procréation et entre procréation et présence de l’enfant. Ce qui pose la question de la stérilité : l’impossibilité de procréer devrait interdire la présence de l’enfant, donc l’adoption et la PMA. Si l’adoption et la PMA sont admises, c’est que le lien d’exclusivité n’est pas reconnu… ou plutôt ne l’est plus parce que la stérilité a pu être interprétée comme une tare, comme l’homosexualité, voire une punition divine. Si vous renversez votre raisonnement et commencez par définir les conditions nécessaires à l’épanouissement de l’enfant, quels que soient l’ovule, le spermatozoïde et l’utérus, vous verrez que ce lien ne résiste pas au réel : rien n’indique que les enfants des couples homosexuels soient (plus) en danger (que ceux des couples hétérosexuels). La dualité masculin/féminin et l’amour ne sont pas réservés à la seule hétérosexualité procréatrice. »

« La famille, espace de violences pour les jeunes LGBT »

C’est le titre d’un article du Monde dont voici le début :

« L’association SOS-Homophobie s’inquiète, dans son rapport 2021 présenté lundi 17 mai, de l’augmentation des signalements au sein de la famille. En revanche, les signalements LGBTphobes dans l’espace public ont baissé, du fait notamment des périodes de confinement. » ( A la Une du Monde – 17.05.2021)

Ma contribution :

Sur ces questions, il y eut, il y a toujours un discours appuyé sur la référence plus ou moins explicite du concept idéologisé de « nature » contenant celui du divin ou contenu par lui.

Dans combien de temps nos discours qui pataugent encore dans les résidus de cette idéologie apparaîtront-ils, dans la dimension prétendument objective qu’ils ont souvent, comme les témoignages d’une époque ancienne où les discussions sur le sexe, la sexualité et leur rapport, ressemblaient fort aux débats, aussi sérieux et passionnels, quelques siècles en amont, sur l’existence de l’âme chez la femme, les Indiens du Nouveau-Monde  et les Noirs ?

Une réponse

« Ne vous en déplaise, la « Nature » n’est absolument pas un concept idéologisé. Le considérer est par contre de l’idéologie dangereuse parce que nihiliste. Lisez M. Onfray »

La réponse d’un tiers à cette réponse

« La « nature » est un concept totalement européocentré, qui plus est depuis peu (pour faire vite, le XVIIe siècle). En fait, la nature est une construction socio-culturelle. Lisez Philippe Descola. »

La mienne :

Il y a la « nature » idéologisée (celle de ma contribution) et la Nature, celle de Spinoza, qui est aussi la mienne, qui évacue les références morales/religieuses de l’autre qui font par exemple dire à certains que l’homosexualité est « contre-nature ».