La mauvaise foi, l’imbécillité et le mépris.

Pour la première fois depuis la création de la 5ème République, l’Assemblée nationale a voté un texte proposé par l’extrême-droite.

Une voix de majorité.

Une bonne partie des députés LR (= B. Retailleau ex-ministre de l’Intérieur) et Horizons ( = E. Philippe, ex-premier ministre et candidat à la présidentielle de 2027) ont voté avec les députés RN.

Ce texte qui n’a pas force de loi visait l’accord signé en 1968 avec l’Algérie qui établissait des conditions spéciales pour la venue d’Algériens en France.  

Avant le vote, tout le monde – les députés, les partis politiques – savait que l’enjeu n’était pas l’accord lui-même, mais, et bien qu’il y ait des problèmes avec l’Algérie*, le fait qu’il soit proposé par le RN et qu’il concerne l’immigration.

LR et Horizons ont expliqué leur soutien en prétextant le contenu de l’accord.

Les absents du socle commun ( = ce qui reste du macronisme) avaient tous de bonnes raisons de ne pas être là.

La justification politicienne du soutien est une expression de la mauvaise foi qu’est le déni conscient et assumé, en l’occurrence de l’enjeu réel : la banalisation du RN et de son idéologie. L’absence au moment du vote aussi.

La rupture du cordon sanitaire parlementaire fait donc du RN un parti comme les autres… autrement dit un parti avec lequel on peut s’allier pour gouverner. M. Le Pen a dit, et elle a raison,  qu’il ne s’agissait pas d’un tournant, mais d’une marche.

S’y ajoute l’imbécillité (au sens premier = incapacité à la guerre) de ceux qui croient que l’électorat ne comprend pas leur calcul politicien.

C’est en tout cas l’expression du mépris du peuple politique et une caricature de la démocratie.

C’est enfin un des signes d’une déliquescence qui se manifeste aussi sur des objets apparemment anodins : les Matins de France Culture annoncent tous les jours des titres de la presse (Figaro, Libération, Humanité, Canard Enchaîné…). Il y a deux ou trois jours,  l’animatrice de l’émission a pour la première fois cité des articles de Paris Match – propriété de V. Bolloré – dont le contenu culturel est bien connu.

* L’absence de problématique sur cette question, comme sur celle plus globale de l’immigration, favorise les réactions passionnelles qui alimentent le terreau de l’idéologie d’extrême-droite qui les exploite et les amplifie.

Les discussions budgétaires à l’Assemblée nationale.

Les débats parlementaires sur le budget ne peuvent que contribuer à dégrader le rapport entre l’opinion publique et la politique.

Ils mettent en jeu des montants (centaines de milliers voire millions d’euros) sans aucun rapport avec ceux de la vie ordinaire, et les discours justificatifs de la gestion politique, quel que soit le parti, ne sont pas intégrés dans une problématique de la fiscalité.

L’impôt sur le revenu qui devrait être une des expressions fortes de la vie commune n’est pas payé par plus de la moitié des citoyens –   ce qui a pour effet d’anesthésier une partie du discours critique – et l’impôt indirect (TVA en particulier) est intrinsèquement injuste puisqu’il ne tient aucun compte des différences de revenus.

Le résultat est d’une part une singulière atrophie de l’idée même de communauté, d’autre part une justification par défaut des niches d’optimisation fiscale qui apparaissent comme l’équivalent, surtout pour une petite minorité fortunée, de la non-imposition du plus grand nombre.

Entre les ultra-riches et les plus pauvres, se trouve ce qu’on appelle les classes moyennes, sans qu’on sache trop quelle réalité exacte elles recouvrent dans leur diversité. Elles paient l’impôt sur le revenu dans un contexte inconfortable, puisque les optimisations fiscales dont elles peuvent bénéficier ne sont en rien comparables avec celles des ultra-riches dont certains parviennent à ne payer que très peu d’impôts, voire aucun, en exploitant les lois votées pour eux.

En d’autres termes, ces débats – souvent houleux mais sur des questions ponctuelles – apparaissent déconnectés de l’essentiel que représente le budget de notre communauté,  puisque nous ne sommes pas interpellés en tant que membres constituant cette communauté, mais en tant qu’individus, soit non-imposables jusqu’à tel seuil, soit imposables et rangés dans telle ou telle tranche d’imposition.

Nous sommes des contribuables non associés et il n’y a pas d’unité de peuple pour gérer ce constituant pourtant majeur de la vie commune.

 Il en irait tout autrement si tous les citoyens apportaient une contribution directe, mais ce serait un changement révolutionnaire en ce sens qu’il ajouterait à ce qui fonde le principe d’Égalité – notre communauté de conscience – une dimension politique.

Le genre de madame Macron

Rappel : une rumeur d’abord française puis amplifiée aux USA par une « influenceuse » du camp MAGA (D. Trump) dit que madame Macron est un homme.

Ce discours n’a pas pour objet la vie privée – celle des personnes publiques alimente les gazettes depuis toujours  (cf. Alcibiade, 5ème siècle avant notre ère) – mais l’identité de genre d’une personne.

Ma contribution au Monde :

« Tout le monde sait de qui le bannissement du mot genre est le cheval de bataille. Là, il concerne l’épouse du président du pays connu pour être celui des « droits de l’homme » fondé sur le principe fondateur Liberté Égalité Fraternité et incompatible avec le « Moi d’abord  ! » qui n’aime rien tant que se jouer de la concurrence égocentrique pour rappeler, par tous les moyens, même les plus abjects, qui mène le bal. »

N. Sarkozy en prison

Les représentants du personnel pénitentiaire ont protesté contre la présence des deux policiers – l’un devant la porte de sa cellule, l’autre dans une cellule voisine – et expliqué que les surveillants étaient tout à fait capables de protéger l’ex-président d’une éventuelle agression.

Ils se trompent complètement.

Ce qui devrait les aider à réaliser leur erreur, c’est d’abord le fait qu’il est seul dans sa cellule – ce qui, entre parenthèses, est une mesure cruelle d’isolement quand on pense à la convivialité des cellules ordinaires où les détenus n’hésitent pas à installer des matelas par terre et à se serrer pour accueillir les nouveaux arrivants – et qu’il va seul dans la petite cour de récréation et dans la salle de gymnastique.

Ensuite, et surtout, les deux livres qu’il a emportés et que j’ai mentionnés dans l’article précédent : Le conte de Monte-Cristo et une biographie de Jésus. Entre nous, j’imagine la gêne du gardien chargé de vérifier qu’aucun des deux ne contenait une lime pour scier les barreaux.

Je le rappelais dans le même article : avant de développer le discours de la vengeance, le roman d’Alexandre Dumas est d’abord le récit d’une évasion. On sait qu’Edmond Dantès rencontre l’abbé Faria enfermé dans une geôle voisine de la sienne en creusant un passage dans le mur, et qu’il s’échappe en se substituant à son cadavre.

Moi, je serais le personnel pénitentiaire, je me demanderais si le policier qui est devant la porte n’est pas là pour faire le guet – creuser, ça fait du bruit –, je demanderais ensuite au médecin de la prison de faire le bilan de santé (!) de l’autre policier de la cellule voisine, et je me demanderais enfin si Jésus n’a pas été amené là pour la caution mystique qui était celle de l’abbé. Avec N. Sarkozy « tout est possible ». C’est ce qu’il assurait lors de sa campagne électorale. Tout, je ne sais pas, mais, et là je me demande si je ne participe pas quand même un peu au complot de haine, certaines choses, à en croire la justice haineusement politique.  

Je suis d’accord avec vous. Il y a des problèmes bien plus importants que celui-là. Oui. Mais, moi aussi,  j’ai le droit d’aller dans ma cour de récréation.

L’avenir glorieux de N. Sarkozy

L’image habituelle du condamné de droit commun est celle de la dissimulation et du profil bas.

N. Sarkozy, condamné pour association de malfaiteurs à cinq ans de détention, est parti pour la prison de la Santé en saluant d’une main le millier de ses supporters mobilisés « au nom de l’amour » par les trois fils du condamné,  l’autre tenant celle de son épouse.

Les dix ans de procédure, les nombreux juges d’instruction et l’impressionnant dossier sont impuissants face à ce que j’appelle la mort du discours :  N. Sarkozy affirme qu’il est victime d’un acharnement judiciaire – dicté par la haine, dit-il – donc le jugement est d’ordre politique, donc il est innocent, et peu importent les faits. Qu’il ait déjà été condamné et qu’il risque de l’être encore viendra conforter cet a priori. « Vous voyez bien ! », dira-t-il.

Le plus grave et significatif (on verra de quoi) est que le président de la République et le ministre de la Justice apportent leur caution, le premier au nom de l’amitié en recevant à l’Élysée le condamné quelques jours avant la date connue de son incarcération, le second en annonçant qu’il ira le visiter en prison pour s’assurer de sa sécurité – il est sûr que seul dans une cellule confortable et sans contacts avec les autres détenus, N. Sarkozy court de grands dangers.

Significatif de quoi ? Du glissement progressif vers la mise en cause de l’État de droit dont le RN et M. Le Pen, condamnée elle aussi, font régulièrement le procès en utilisant le même prétexte d’acharnement judiciaire haineux. Si son procès en appel confirme le jugement, elle dira  « Vous voyez bien ! »

La question que pose le fait qu’un tel renversement soit possible, donc audible, concerne ce qui dans la tête humaine aujourd’hui ouvre les vannes de l’impensable – je prends le mot dans son sens premier : qui n’est pas de l’ordre de la pensée –, vannes que maintiennent habituellement fermées les interdits indispensables à la vie en société et dont le pouvoir exécutif veille à ce qu’ils soient respectés – l’interdit de la contestation politique d’un verdict en particulier.

Si le pouvoir exécutif ne respecte pas lui-même cet interdit, s’il le transgresse, c’est que les verrous qui bloquent les interdits ont sauté, pas seulement en France,  sur l’ensemble de la planète.

Aux USA, les partisans de MAGA se réclament de Jésus (cf. le vice-président J. Vance, les soutiens du mouvement de Charlie Kirk) et D. Trump, lui aussi condamné, fait inculper ceux qui lui ont mis des bâtons dans les roues.  

N. Sarkozy a fait savoir qu’il emportait dans sa cellule une biographie de Jésus et Le comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas.

Jésus est l’agneau victimaire par excellence et Edmond Dantès, emprisonné arbitrairement sous un prétexte politique, réussit à s’enfuir du château d’If avant de se venger des méchants.

À suivre, donc.

Le vol des bijoux

À ceux qui, hélas ! ne s’intéressent pas à la philosophie et se complaisent dans les futilités d’une pauvre existence ordinaire, je signale cette information essentielle à la Une de tous les médias  : le dimanche 10 octobre, quatre hommes se sont introduits, en plein jour par une fenêtre dans le musée du Louvre, et ont volé, je cite mon journal : «  Le collier de la parure de saphirs de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense, composé de huit saphirs et 631 diamants, et le diadème de l’impératrice Eugénie, qui compte près de 2 000 diamants. »

Avant toute chose, je dirai qu’il faut remercier ces quatre homme d’avoir remis sur le devant de la scène trois femmes de grand mérite, puisqu’il s’agit de deux reines et d’une impératrice, trois femmes, hélas ! bien oubliées…

Ensuite, je voudrais apporter une précision tout aussi essentielle : quand le ministère de la culture dit qu’il s’agit de « huit objets d’une valeur patrimoniale inestimable », il veut dire que valeur inestimable est à prendre dans son sens patriotique, puisqu’on sait que la ministre – c’est forcément elle qui a dicté le communiqué – ne connaît rien aux questions financières qui ne l’intéressent pas. Sans doute imagine-t-elle, dans sa grande naïveté culturelle, les quatre voleurs entrant chez un revendeur de bijoux d’occasion et lui demandant « Combien ? »

Un expert agréé en joaillerie a répondu que c’était évidemment estimable. 500€ le carat. Il n’a pas précisé le nombre de carats dans un diamant. On aurait pu multiplier par 2000 et par 500. Juste pour voir.

Sans parler de l’or de la couronne impériale.

Je suis allé voir sur Internet à quoi elle ressemble. Comment dire… Non, je préfère ne pas. Non, non, n’insistez pas, il serait très mal venu, ici, de tenter un rapprochement avec un tableau de Delacroix ou de Chardin. Ça brille, il y a du jaune, du vert, du rouge, de mignons petits aigles et une croix en diamants plantée au-dessus. Et puis, c’est utile, ça se pose sur la tête,  et une tête impériale ! alors qu’un tableau, hein !

Non, mais oui, c’est vrai, on peut être fier, en tant que Français d’avoir ça, chez nous, là sous cloche, dans un musée. Enfin, de l’avoir eu.

Non, mais oui, j’ai mauvais esprit. Je suis allé plusieurs fois au Louvre et jamais je ne suis allé voir ça. Il me manque un truc, quelque chose. Et puis, voyez, je ne peux pas m’empêcher de penser aux sommes que ça a coûté.

Non, mais oui, je sais que c’est mesquin.

Je n’aurais pas dû lire Zola.

No Kings…

Tel est le mot d’ordre des 2600 manifestations organisées aux USA pour protester contre la politique de D. Trump.

Jules César fut assassiné aux Ides de Mars (15 mars) 44 ans avant J.C.  au motif qu’il avait l’intention de se faire proclamer roi. Les Romains détestaient « roi » qui renvoyait à l’avant-république.

Pour les Américains « roi » renvoie à la couronne britannique dont ils se sont libérés lors de la guerre d’indépendance (1775-1783).

Quand il fut assassiné, César avait le titre de dictator qui lui avait été décerné à vie. Il avait alors le sens qu’il a aujourd’hui – il décidait de tout – mais sans la terreur généralement associée à la dictature.

D. Trump a le titre de Président – pour quatre ans – , mais la manière dont il décide de tout, la brutalité de la chasse aux migrants et de ses règlements de compte avec les opposants en font plus un dictateur qu’un roi éventuel… à moins, comme le disent certains, qu’il n’envisage d’établir une dynastie – d’où, peut-être le pluriel Kings.

Pour les Étasuniens, les connotations de King sont apparemment plus dépréciatives que celles de Dictator.  

Prix Nobel de la paix 2025

Il a été décerné à Maria Corina Machado, une femme politique vénézuélienne qui lutte contre Nicola Maduro, président du Venezuela depuis 2013 et dont la réélection en 2024 est de toute évidence frauduleuse. M.C. Machado avait été empêchée de se présenter et celui qu’elle soutenait, Edmundo Gonzalez est arrivé en tête de l’élection que N. Maduro prétend avoir remportée. E. Gonzalez s’est depuis exilé en Espagne et elle  vit de manière clandestine au Venezuela.

Quelle que soit l’appréciation, il s’agit d’un problème intrinsèquement vénézuélien, alors que la paix du prix Nobel a en principe une signification universelle. L’attribuer à l’opposante vénézuélienne revient à dire que la paix, donc incarnée M.V Machado au Venezuela, a cette signification.  

Or, M.C. Machado n’est pas une militante de la paix, mais d’un parti de droite, sinon d’extrême-droite. Elle aime beaucoup X. Milei (l’Argentin à la tronçonneuse) et D. Trump (il voulait obtenir le prix) qui poursuit le blocus contre le Venezuela,  bombarde des embarcations supposées de narcotrafiquants au mépris du droit international (27 morts), envoie des bateaux de guerre et un sous-marin au large du pays, et déclare avoir autorisé la CIA à intervenir pour déstabiliser le régime. Que N. Maduro n’ait rien à voir avec S. Allende et l’expérience chilienne, les USA, eux, manifestent la même constance dans leurs entreprises d’ingérence au nom de la liberté et de la démocratie.

Combien de temps encore subsistera le besoin de croire que les prix Nobel sont de l’ordre de la transcendance ?  

La mort du discours

D. Trump a remis à Erika Kirk la médaille présidentielle de la liberté dont il a décoré à titre posthume son mari, Charlie Kirk, assassiné le 10 septembre, et fondateur de l’organisation Turning Point USA, chrétienne, raciste, xénophobe et réactionnaire (contre l’IVG, les droits civiques accordés aux Noirs…).

 Voici ce qu’il a déclaré :

« Charlie Kirk fut un martyr de la vérité et de la liberté. Et de Socrate à Saint Pierre, d’Abraham Lincoln à Martin Luther King, ceux qui ont le plus changé l’histoire – et ce fut vraiment son cas – ont toujours risqué leur vie au nom de causes dont la défense était le sens de leur présence sur terre. »

La mort du discours, c’est ça.

Ce n’est pas la personne politique de Trump qui constitue le problème, mais ce qui la rend possible.

Le spectacle qu’il a offert depuis l’Égypte en est un autre exemple : lui, au premier plan, parlant essentiellement de lui, les autres chefs d’État alignés derrière, souriant de complaisance – dont E. Macron, relégué au statut de petit garçon bien sage.

Autre exemple encore.

Aujourd’hui, dans Le Monde, parmi les contributions des lecteurs à l’article relatant le nouveau bombardement par l’armée américaine d’un navire au large du Venezuela au motif qu’il transportait de la drogue (six personnes tuées), certains applaudissent et ajoutent même qu’il faudrait faire la même chose pour les bateaux rapides qui circulent entre l’Espagne et le Maroc.

Là, le discours, c’est l’arraisonnement, l’arrestation, l’interrogatoire puis le procès.

Sa mort n’est pas seulement dans l’élimination du sens des mots et des idées, mais dans le fait que cet homme de près de 80 ans parle comme un adolescent sans interdits.

Un des signes de la régression dont la vitesse est analogue à celle du changement climatique et du développement du désarroi.  

La glorification de D. Trump

Un article du Monde (13/10/2025)explique qu’une opinion publique israélienne apparemment dominante considère le président américain comme un héros et un sauveur. Certains le comparent au roi perse Cyrus (6ème siècle avant notre ère) qui avait permis le retour des juifs retenus à Babylone.

Cette idolâtrie puérile qui oublie les neuf mois pendant lesquels D. Trump a aidé B. Netanyahou à poursuivre son entreprise de destruction de Gaza – combien de soldats tués, traumatisés, combien d’otages morts pendant ce temps ?  – , laisse croire que les décisions du président seraient dictées par la philanthropie et l’humanisme, comme, dans les discussions, la présence de son gendre Jared Kushner, un homme d’affaires qui vient d’acheter une île albanaise pour la transformer en hôtellerie de luxe et qui regarde Gaza avec le même œil d’entrepreneur immobilier que son beau-père.

Pourquoi les manifestations israéliennes à Tel-Aviv hostiles à la politique de B. Netanyahou et favorables à des négociations avec le Hamas ont-elles été vaines ? Pourquoi le gouvernement israélien a-t-il refusé les propositions de cessez-le-feu antérieures, mis fin, en février 2025 (D. Trump était président) à celui qu’il avait accepté le mois précédent ? Pourquoi a-t-il décidé de poursuivre l’opération de destruction jusqu’au champ de ruines ?

Ces questions existent forcément en Israël, même si elles sont pour le moment refoulées sous l’euphorie, une euphorie que les otages morts et la libération des prisonniers palestiniens frappent d’ambiguïté.

Si le processus continue, D. Trump va installer son « comité de paix » chargé de gérer Gaza à sa façon. Pour cela, il devra d’une manière ou d’une autre lâcher B. Netanyahou dont les comptes à rendre – entre autres, la corruption – risquent de constituer un obstacle au développement des siens.

L’aggravation du besoin du chef –  qu’il soit incarné par une personne condamnée par la justice ajoute l’idée du complot –  est le symptôme le plus grave de la pathologie collective en ce sens qu’elle contient la mort du discours.