Le 1er mai, fête du Travail, j’écoutais sur France Culture (Questions du soir – 18 h 20) un débat sur… le travail. Autour du journaliste Quentin Lafay, Thomas Coutrot, statisticien et économiste du travail, chercheur associé à l’Institut de recherches économiques et sociales, co-animateur de l’association Ateliers Travail et Démocratie, et Bernard Martinot, économiste, expert associé à l’Institut Montaigne sur les sujets sociaux.
Puis, dans la foulée de la même émission, Céline Marty, chercheuse en philosophie et en écologie politique, expliqua la pensée de philosophe André Gorz (1923 -2007) sur … le travail.
Au-delà de l’intérêt des échanges et des explications (j’aime bien la pensée d’André Gorz), je me suis posé la question que je reproduis dans sa dimension toute béotienne – pour les Athéniens, cultivés, les Béotiens ne l’étaient pas : à quoi ça sert ? Pas le travail, mais la redite des mêmes analyses, des mêmes réflexions sur l’emploi, le travail proprement dit, l’exploitation, l’aliénation, la création, la quantité, la qualité, la production, la consommation etc.
Les deux débatteurs dirent avoir comme référence commune Marx dont ils rappelèrent la pertinence et l’évolution des analyses.
En oubliant ( ?) ce qui n’est tout de même pas un détail : la démarche de Marx n’était descriptive et analytique que dans le cadre de la perspective révolutionnaire.
Le ( ?) concerne B. Martinot qui fut conseiller social de N. Sarkozy et qui est membre de l’ Institut (indument nommé) Montaigne, dont la présidente est l’épouse du directeur financier du groupe Bolloré, et qui n’a pas comme objectif premier, ni second, la révolution.
Oui, à quoi servent les analyses répétitives et redondantes qui n’ont pas d’effet sur la structure dans laquelle est organisé et pratiqué le travail, notamment salarié ? Si les conditions de travail des travailleurs ont changé sous les coups de boutoir des luttes syndicales et politiques, sa conception et sa dimension sociale sont restées les mêmes.
Alors, en devenant un peu moins béotien, en plus de à quoi ? je demande à qui ? servent ces redites qui tournent en rond depuis des décennies ?
A quoi ? Nourrir et entretenir les petites sphères qui tournent bien sagement en heurtant mais sans jamais la franchir, la paroi de la grande sphère du capitalisme dont elles sont objectivement les garanties.
A qui ? Là, c’est plus délicat, parce qu’il convient de différencier ceux qui savent pertinemment à quoi ? et qui jouent à faire comme s’ils l’ignoraient, et ceux qui, par idéalisme, ne vont pas jusqu’à cette question du à quoi ?