RN : ce qui n’a pas (assez) fonctionné

Nous le devons à V. Poutine.

L’agression militaire contre l’Ukraine a modifié la représentation du chef dont le RN a besoin pour s’imposer. Si, jusqu’en février dernier, V. Poutine pouvait incarner plutôt positivement ce chef auréolé de puissance « identitaire » (la Russie mythique se relevant face à une Europe méprisante destructrice de l’âme de ses Nations amollies) et si sa solide poignée de mains avec M Le Pen était valorisante (cette Marine, quel homme !), la guerre ukrainienne (le fort agressant le faible) en a perverti la représentation. M. Le Pen a dû prendre ses distances avec la référence « chef viril et musclé» et se transformer en mère aimante et protectrice. Cette mutation s’est accompagnée d’un programme budgétaire qui, contre son attente, a limité sa progression dans la mesure où il proposait des mesures dont les médias et E. Macron ont facilement pu montrer qu’elles aggravaient les inégalités. Une absurdité et un contresens, donc, en regard de l’image maternelle construite à coups de déclarations d’amour patriotique visant surtout les plus démunis.

Reste que, ce dimanche 24 avril 2022,  près de 42% des électeurs exprimés ont voté pour ce qu’elle incarne, soit plus de treize millions, autrement dit 27,3% des citoyens inscrits sur les listes électorales. Cette réalité permet de comprendre pourquoi les manifestations organisées après le 1er tour contre le RN ont rassemblé si peu de monde. Il est probable qu’une partie de ceux qui avaient manifesté contre le père en 2002 ont voté pour la fille vingt ans plus tard.

Même si un certain nombre d’entre eux a voté pour elle contre E. Macron en se persuadant que les autres ne le feraient pas en nombre suffisant, ils ont quand même pris et mis dans l’enveloppe qu’ils ont déposée dans l’urne le bulletin qui pouvait faire de Marine Le Pen la présidente de la République.

Il est peu probable que l’élection d’E. Macron soit suivie d’un raz de marée législatif LREM, et personne n’est en mesure de savoir dans quelle mesure les critère locaux, politiques et historiques habituels, seront opérants.

Le changement de système n’étant pas à l’ordre du jour, l’idéal (relatif) serait que les partis/mouvements du champ politique discutent ensemble en tant que tels.

Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat, écrivait Aragon en 1943 (La rose et le réséda).

La question est de savoir s’ils ont la même définition/perception de la grêle.

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