Jean-Sébastien Bach, Glenn Gould, Thomas Bernhard et la fugue (1)

Comment dire par des mots ce que dit la musique ?

Telle est la question. Peut-être une gageure.

Et aussi pour quoi ?

Une chose l’une après l’autre.

La musique est étymologiquement associée au divin (elle vient des Muses) sans doute parce que ses effets sont d’une nature telle qu’ils ne sauraient être produits par de l’humain. Ils ont en effet pour vecteur, dans l’imaginaire préscientifique, un support immatériel. La musique vient donc du ciel mythologique, elle est de la nature des anges chrétiens et Mozart est le divin Mozart.

 Si les explications dont on dispose aujourd’hui nous ramènent sur terre, elles ne lèvent pas pour autant le « mystère » de la musique. Composée, jouée et/ou écoutée.

D’abord, une précision technique simple.

Prenez un air connu. La Marseillaise par exemple. Enrichissez-le par des accords : vous faites de l’harmonie. A chaque note chantée/jouée correspond un accord. Une note, un accord sous la note : verticalité.

Prenez un autre air, chantez-le, puis imaginez que quelqu’un se mette à le  chanter à son tour en léger décalage, comme Frère Jacques : vous faites du contrepoint. Deux lignes mélodiques l’une sur l’autre qui vont leur chemin : horizontalité.

La forme la plus élaborée du contrepoint, est la fugue : des airs – on dit des « voix » – qui se superposent et qui semblent se fuir l’un l’autre… peut-être aussi fuir ensemble autre chose…  d’où le nom donné à ce type de composition.

Le compositeur reconnu comme le maître incontesté – indépassable, disent certains – de la fugue est Jean-Sébastien Bach (1685 -1750).

L’interprète le plus remarquable – même s’il est controversé – de ce compositeur est le pianiste canadien Glenn Gould (1932-1982).

Thomas Bernhard (1931 -1989) est un écrivain autrichien.

Dans une de ses œuvres, Le naufragé (1983), il fait intervenir trois personnages :

– le narrateur – le texte est écrit à la première personne – qui, s’il n’est pas l’auteur, lui ressemble beaucoup. C’est là une des spécificités de la littérature : ce n’est pas parce que je dis « je » dans un texte de fiction que ce « je » est moi, disons… tout à fait moi. « Je est un autre », disait Rimbaud.

– Glenn Gould, qui vient de mourir.

– Wertheimer, personnage fictif.

Bien des années auparavant –  Gould n’était pas encore connu – les trois se sont rendus au Mozarteum de Salzbourg (école supérieure de musique) pour suivre les cours de Waldimir Horowitz (1903-1989), un des plus grands pianistes.

Très vite, Gould se révèle être un pianiste de génie.

Le narrateur décidera d’arrêter le piano (il donnera son Steinway au directeur de l’école primaire de sa fille) et Wertheimer que Gould nomme « le sombreur » se suicidera.

Thomas Bernhard raconte cette histoire dans un texte qui court, sans le moindre paragraphe, sur de près de deux cents pages (format livre de poche).

Ce texte m’est apparu comme l’expression littéraire de ce qu’est la fugue musicale.

Je pensais avoir découvert quelque chose…

Et puis j’ai trouvé, sur le site Babelio, un article… qui proposait la même lecture.

Enfin, presque la même lecture.

(à suivre)

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