Marine Le Pen et l’antisémitisme

« La commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv nous rappelle au devoir de mémoire face à l’expression la plus abjecte et abominable de l’antisémitisme, a écrit la présidente du RN sur Twitter et Facebook. Elle nous oblige à la plus ferme et intraitable détermination dans le combat jamais terminé contre ce fléau et ces nouveaux prêcheurs de haine qui, aujourd’hui en France, ciblent et s’en prennent à nos compatriotes juifs. » (Le Monde.fr –  20.07.20)

Cette déclaration nourrit de nombreux commentaires, en particulier à propos de la sincérité de celle qui est candidate aux présidentielles de 2022.

La question (sincérité ou calcul ?) n’a pas grande importance. Pas plus que celle de la filiation.

Ce qui compte, c’est le discours essentiel du parti qu’elle préside.

Le discours essentiel du parti et de ses membres, est l’identité nationale, exprimée par la « priorité nationale ». En termes plus prosaïques : la France aux Français. C’est ce discours qui constitue le socle idéologique, le noyau dur historique du FN/RN et de celle qui le préside.

En d’autres termes, le discours des peurs prétendument exorcisées.

Ce qui le sous-tend et ce qui en découle, même si ce n’est pas toujours explicité, c’est le besoin, plus ou moins enfoui, de faire porter la responsabilité de ce qui ne va pas (tout, en général, et, en particulier, les politiciens tous pourris, sauf nous, disait Marine Le Pen il n’y a pas si longtemps en vantant la propreté de ses mains et la hauteur de sa tête) sur celui, à l’identité variable (ethnique, politique, philosophique…) à cause de qui la France n’est pas ce qu’elle devrait être.

La conséquence, à terme, de l’arrivée au pouvoir de cette idéologie est connue : l’ouverture des verrous d’inhibition.

Quand  la peur de l’autre (l’étranger, quels qu’en soient la définition et l’aspect) ou, ce qui revient au même, le fantasme de la pureté nationale, devient l’élément déterminant du vote exprimé, elle veut pouvoir aussi s’exprimer dans le réel du quotidien.

De Gaulle puis Mitterrand affirmaient que la France de Pétain, ce n’était pas la France.

Une manière de dire que la période de la collaboration de l’Etat français avec les nazis ne coïncidait pas avec l’idée que l’un et l’autre se faisaient de la France. En l’occurrence, l’idée était une opinion, et une opinion ne vaut que pour celui qui l’exprime.

La France réelle est à la fois celle des Droits de l’homme et celle de la Collaboration, des lois antisémites et de  la rafle du Vel’d’Hiv. Celle aussi de la Résistance.

Les 16 et 17 juillet 1942, les policiers  français qui, sur ordre du gouvernement français, sont allés chercher dans leurs domiciles les hommes, les femmes et les enfants pour les envoyer au Vel’ d’Hiv d’où ils seraient expédiés en wagons à bestiaux dans les camps nazis où ils seraient tués simplement parce qu’ils étaient juifs, avaient sinon l’approbation du moins l’indifférence de la plupart de leurs concitoyens.

Tous sont une représentation de la France à un moment de son histoire.

Au-delà des exégèses et des discussions périphériques stériles, il s’agit de rappeler que ce qui produit l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie, ce sont  les peurs, et que la meilleure solution pour éviter leur réalisation est de ne jamais confier le pouvoir politique au parti qui les instrumentalise pour exister.

Quelle que soit la part de calcul et de sincérité dans les déclarations de ses responsables.

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