« La liberté ou la peur » ?

C’est un des slogans criés par les Américains (USA) qui manifestent contre le confinement décidé par les gouverneurs démocrates. Ils sont soutenus par D. Trump qui appelle à « libérer » les Etats, notamment le Minnesota et la Virginie dont les votes sont importants pour sa réélection.

Une vidéo largement diffusée montre un couple en tenue d’infirmier, immobile sur un passage pour piétons de Denver, violemment interpellé par une automobiliste bloquée «  Pourquoi je ne peux pas travailler ? Vous, vous travaillez ! Allez en Chine si vous voulez le communisme » (Le Monde du 22 avril)

D’autres slogans : «  Le communisme tue plus que le covid-19 », « La mort, ça fait partie de la vie. Et il est temps de vivre de nouveau » « Je n’ai pas peur du grand méchant loup ! »  (id)

Ce que rejettent ces slogans n’est pas le communisme qui ne menace pas les USA, mais un commun en lui empruntant son langage qu’ils détournent de son sens.

S’il est vrai que  « la mort fait partie de la vie », qu’est-ce que la vie si « vivre de nouveau » signifie s’exposer et surtout exposer les autres à un risque mortel majeur ? « La mort fait partie de la vie » – expression d’un commun – est utilisé comme justificatif d’un comportement individuel qui refuse le commun d’une décision sanitaire. « Vivre de nouveau », c’est donc se jeter dans l’abîme avec la certitude de trouver l’arbuste auquel s’accrocher, seul, parce qu’on est le plus fort, ou le meilleur. Comme au cinéma.

« La liberté ou la peur » est un autre exemple de la perversion du langage. La prévention sanitaire, contre  un virus ou autre chose, n’a pas à voir avec la peur mais avec la responsabilité, et la peur n’est pas antinomique de la liberté. Comme la mort, la peur qui en est un mode d’expression,  fait partie de la vie. Gérer sa peur, comme sa mort, suppose un discours responsable. La mise en danger de soi quand elle entraîne celle les autres en est le contraire.

Enfin, l’assimilation du virus au Grand Méchant Loup des contes révèle, sans doute à leur insu, qui sont ces hommes et ces femmes qui hurlent ces slogans : des enfants/adolescents irresponsables, encouragés par un homme qui défend et flatte leur narcissisme à des fins financières qu’ils ne peuvent ou ne veulent pas voir, et qu’ils ont eu besoin d’élire. 

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