Et pour quelques milliards de plus

110 milliards exactement qui remplacent les 45 milliards initialement prévus pour le budget de l’Etat. Peu de chose, enfin, si on peut dire,  à côté des 2200 milliards prévus aux Etats-Unis.

La pandémie a ceci de particulier qu’elle fait mettre sur le tapis des sommes qui n’entrent pas dans le champ de la représentation, même en sollicitant l’imagination.

Déjà, le gain d’un ou plusieurs millions d’euros au jeu du loto demande un peu de temps pour réaliser le nombre de mois ou d’années qu’il faut à un salarié de niveau moyen pour obtenir une telle somme par son travail… Avant de poser les questions du sens du jeu (celui-ci et les autres jeux d’argent) et du si grand nombre de joueurs quotidiens…

Aujourd’hui, les représentations et les questions volent en éclats.

Bien avant le début de la crise, les personnels soignants avaient déclenché des mouvements de grève pour protester moins contre l’insuffisance de leurs revenus que celle des moyens nécessaires (personnels et matériels) aux soins des patients.

On se souvient que la réponse budgétaire gouvernementale fut en proportion inversée du discours moral de reconnaissance. Une manière de dire que le dévouement, la vocation, peu importe le terme, permettent de suppléer les carences matérielles. La grève à l’hôpital n’est pas la grève des soins.

Les primes annoncées pour ces personnels de première ligne (la guerre, à nouveau, avec ses seconde et troisième lignes, et le gros des troupes confinées à l’arrière qui viennent de temps en temps alimenter la première ligne… hum… une guerre civile en quelque sorte) témoignent de la même philosophie du coup par coup, du ponctuel, du court terme.

Nous sommes encore dans le temps de la sidération du danger et de l’urgence des réponses sanitaires et économiques.

« Rien ne sera comme avant ! », se plaisent à répéter dans les médias certaines voix autorisées qui, souvent, brassent et re-brassent, encore et encore, les mêmes généralités. (cf. Etienne Balibar dans Le Monde du 24.04)

Combien de fois, dans l’histoire humaine, a été répétée cette formule qui laisse entrevoir ce qui s’apparente à une révolution dont les mêmes voix autorisées s’empressent de dire qu’on en ignore le contenu ?

Comme à son habitude, le pouvoir politique annonce des décisions, budgétaires notamment, sans en expliquer les implications. D’où vient cet argent non prévu et à quel prix ?

Bref, notre société dispose de possibilités financières considérables et il faut une crise sanitaire de cette ampleur pour qu’elles soient exploitées.

Est-ce que la vie ordinaire des gens ordinaires ne vaut pas une crise sanitaire ?

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