Démondialisation ?

Mondialisation… Démondialisaton… Quels néologismes barbares* !

C’est, chez nous, un sujet récurrent du discours politique. La pandémie** le met au premier plan. Non pour des questions philosophiques mais pour un problème de fabrication de masques, de remèdes. Entre autres.

Jusqu’en décembre dernier, le sujet était globalement assez tiède, même s’il y avait des pointes de fièvre au moment des élections. Tout allait à peu près bien, ou, si l’on préfère, ce qui allait mal était supportable. Ce qui le rend brûlant, c’est bien sûr le coronavirus. Certains n’hésitent pas à dire que, la fin justifiant les moyens dans le monde du marché de l’offre et de la demande, les Chinois auraient produit plus ou moins intentionnellement le virus. Les moins violents parlent de maladresse de laboratoire, les autres invoquent des objectifs économiques. La théorie du complot a encore de beaux jours devant elle.

Plus sérieusement. La mondialisation contient (au moins) deux dimensions.

Celle qui, jusqu’à aujourd’hui, est dominante, au point de faire oublier l’autre : les rapports de domination économique et financière, la concurrence internationale, en particulier entre les USA et la Chine.

L’autre, celle de la communauté humaine. Parce que le temps n’est plus… enfin, plus tout à fait… où l’humanité comptait des hommes vrais, bons, les hommes quoi ! (les blancs) et ceux qui étaient nettement moins hommes, quand ils ne l’étaient pas du tout. Ceux que les blancs appelaient « les hommes de couleur ». La couleur mise par des blancs sur la toile des tableaux, oui, là c’est le top, ça peut rapporter beaucoup. Mais la couleur de la peau, là, c’est plutôt mal, parce que Dieu est comme les blancs, donc blanc de peau. Mais, pas de panique**, le mal peut aussi rapporter beaucoup quand on sait le domestiquer, voire le réduire en esclavage.

Ce temps est, allez, forçons le trait, révolu.

Invoquer la démondialisation comme élément de solution de la crise économique à venir, c’est faire comme si la communauté humaine se réduisait à ce qui a précisément conduit à ce mode dominant des rapports internationaux : le marché dit de la mondialisation.

Pour les tenants du repli (à l’extrême droite, à droite, au centre, à gauche et à l’extrême gauche…bref, un peu partout), il ne s’agit pas de reconsidérer les rapports entre les hommes, mais les rapports du marché. Il faut produire des masques chez nous, ce qui changera évidemment tout.

De ce point de vue,  il est à craindre que l’après-coronavirus soit de type régressif.

* Barbare, avant sa connotation péjorative, qualifie la langue ou le pays étrangers. Peut-être une onomatopée : la langue inconnue résonne en « brbr ».

** Pan [« pan » en grec signifie « tout » > Panthéon (tous les dieux), panacée (remède universel)…] est le dieu des troupeaux, des bois, de la campagne (la « nature » dans son « tout ») et qui était cause d’effroi, d’où « panique ». « dèmos » signifie « subdivision de territoire, peuple ». Une pandémie touche donc tous les peuples. L’épidémie (epi = sur) est réservée à un seul territoire.

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