Ecrivaines et plafond de verre

« Prix littéraires : les écrivaines cassent enfin le plafond de verre. Dans le sillage du Nobel de littérature attribué à Annie Ernaux, six des onze principaux prix littéraires français, dont le prestigieux Goncourt, l’ont été à des femmes. Les autrices se voient enfin couronnées : histoire d’une belle revanche. » (A la Une du Monde – 30.11.2022)

Quelques réactions :

« Enfant ma première lecture fut la comtesse de Ségur ! Maintenant j’hésite avant de lire un livre écrit par une femme, l’autobiographie plaintive et geignarde non merci ! »

« Pour mon compte ni le sexe et / ou le genre et / ou la couleur de la peau et / ou l’origine sociale et / ou la couleur des yeux et / ou la religion et / ou le véganisme et / ou l’âge et / ou le handicap et / ou ? ? ? ne doivent être pris en compte pour distinguer une création — un ou une artiste — je suis toujours un peu colère quand il est clair que seul le «  » politiquement correct «  » a été déterminant ! »

« On a le droit de ne pas trop apprécier la littérature féminine française ? En tout cas celle qui encombre aujourd’hui les librairies ? Ces histoires très répétitives, formatées, sagement transgressives, de fortes en thème qui explorent la jungle du réel et en prennent à témoin le monde entier ? Je n’ai rien contre l’autobiographie ni l’autofiction, au contraire, mais ces nymphettes littéraires sur le retour me donnent la fâcheuse impression d’une armée de clones dont la mission serait : « occuper le terrain à tout prix » (Goncourt ou non). »

« Dans ma bibliothèque, la parité est parfaitement respectée. Il y a 0% de prix littéraire masculin et 0% de prix littéraire féminin. Qui dit mieux ? »

Ma contribution :

Tout discours sur le rapport homme/femme pour ce qui concerne la création artistique renvoie aux hiérarchies historiquement établies sur des critères masculins : les femmes créatrices sont les exceptions dont les quelques noms ou leur absence servent de confirmation à la croyance en un type de dispositions lié au sexe. Aux femmes l’utérus/sensiblerie, aux hommes le cerveau/sensibilité. Rien d’étonnant si, pour la vie sociale, le balancier de contestation se soit élancé dans une zone de démesure comparable en vue d’obtenir une parité. Mais la parité pour l’art ? Si le paramètre social a une importance, encore faut-il déterminer exactement pour quoi. On peut trouver un début de réponse si l’on pense que l’art est une sublimation de névroses et que les névroses ont à voir, pour partie, avec les conditions sociales. Celles des femmes se rapprochant de celles des hommes, il peut paraître « normal » que la création devienne de plus en plus féminine. » *

*Extrait de l’article « On aimerait couronner davantage de livres écrits par des femmes, mais ils manquent à l’appel », affirmait, début juillet, Didier Decoin, le président de l’académie Goncourt, dans l’hebdomadaire Le Journal du dimanche. Ce qu’il résumait d’une formule brutale et maladroite : « On se casse le nez sur la matière première. »

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