Gustave Flaubert (1) 

Par où commencer ? Tout a (presque) été dit sur Madame Bovary, L’Education sentimentale (première et deuxième versions), Salammbô, Bouvard et Pécuchet… un peu moins sur La tentation de Saint-Antoine (première et deuxième versions), Trois contes… et encore moins sur les autres écrits, le théâtre, les carnets de voyages… et  la correspondance.

C’est par elle que je commencerai, sans savoir jusqu’où j’irai. Je l’ai découverte récemment – il y a quelques mois –  après avoir relu L’Education sentimentale un jour où, après des lectures contemporaines décevantes, j’avais besoin de solide. Plus récemment, Le Père Goriot, mais Balzac n’est pas Flaubert, et c’est donc une autre histoire.

J’ai découvert Flaubert, comme beaucoup de ceux qui le lisent, par Madame Bovary qui m’a profondément ennuyé. J’étais adolescent, je comprenais bien que cette dame s’ennuyait, mais il n’y avait aucune raison pour que le récit d’un ennui soit ennuyeux. C’est en tout cas ce que je me disais. S’il est vrai qu’ « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans » (Rimbaud) on peut aussi être bête. Bref, on a l’intelligence qu’on peut à cet âge et dans une situation donnée.

Un peu plus tard, j’ai été sérieusement accroché par L’Education sentimentale dans une période où j’étais pourtant politiquement très loin de l’indifférence de Frédéric Moreau, le personnage principal. Il y avait dans ce roman quelque chose qui dépassait les contingences, qui touchait à un socle que je sentais inébranlable, en dépit de ce qui pouvait m’énerver dans le comportement de ce personnage. Je sentais que le quelque chose en question n’avait rien à voir avec la psychologie.  

Encore plus tard, je me suis confronté au problème théorique de l’art, de son rapport à l’engagement, ou, au contraire, de son non-rapport, autrement dit de la question de l’art pour l’art, via la poésie dite parnassienne (Leconte de Lisle, Théodore de Banville, José Maria de Hérédia, entre autres) et, surtout, pour franchir ledit Parnasse, Baudelaire.

Le roman refermé, j’ai glissé le volume entre les seize autres de l’édition complète (publiée par le Club de l’Honnête Homme – 1974) et mon regard est tombé sur le volume 12, le premier de la correspondance.

Je l’ai ouvert… et je ne l’ai plus lâché. J’en suis au deuxième.

Des centaines de lettres dont l’écriture s’échelonne entre 1930 (il a 9 ans) et l880, l’année de sa mort.

J’ai découvert un homme dont je connaissais la biographie dans ses grandes lignes, mais que je ne connaissais pas.

La lecture de sa correspondance permet de comprendre de manière pour ainsi dire physique ce que peut être la littérature.

Physique – il est connu que Flaubert gueulait littéralement ses phrases avant de les estimer achevées – dans le sens où sans elle – et avec le sens qu’il lui donne –  vivre ne lui était réellement pas possible.

C’est ce que je voudrais partager avec ceux que cela intéresse.

(à suivre)

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