Glasgow

« A Glasgow, dans les rues, les églises ou autour du centre de conférence, la société civile tente d’exister en marge de la COP26. Plus de 100 000 personnes ont convergé dans la ville écossaise, samedi, pour faire pression sur les négociateurs. Mais tous les militants ne parviennent pas à se faire attendre. » (A la Une du Monde – 07.11.2021)

Quelques réactions :

« Et, une fois la manifestation terminée, tous les militants du climat sont rentrés chez eux, après avoir fait le plein à la station-service. »

Deux réponses :

> « Non, non : on nous dit que des manifestants venus d’Italie ou de Grèce sont en train de rentrer à la nage. C’est vraiment votre argument le plus intelligent contre les écologistes ?! »

> « Il paraît même qu’il y à eu des collisions entre les nageurs écologistes descendant vers le sud et nageurs migrant qui crawlaient vers le nord. Bref pas question de se résigner aux « gérontocraties fossiles ». Nous avons la chance de bénéficier d’une génération dont une part (minoritaire ?) cherche du sens et pas seulement de l’argent, réfléchit, agit. Tout n’est pas perdu. Les jeunes ne croient plus aux politiques. Et ils ont raison. Il faut qu’ils se mobilisent. »

« Ces minorités rendent la vie de la majorité impossible. Faut pas s’étonner des majorités qui ressortent des urnes partout. »

« Les militants du climat ne sont pas « la société civile » : la confusion des mots aggrave la confusion des idées. En général, les militants du climat réclament des actions radicales, alors que la société civile dans son ensemble répugne à changer radicalement son mode de vie. Dans aucune démocratie depuis 70 ans un parti écologiste n’a été capable de devenir un parti de masse à vocation majoritaire. Certaines des idées écolos peuvent être jugées intéressantes, mais le package complet ne l’est pas, il est bien trop décalé de la vie de monsieur et madame Tout le monde. Quand on ne pratique pas la confusion, les politiques climatiques deviennent assez logiques : les dirigeants font ce qu’ils peuvent en sachant bien que ce n’est pas le militant écolo qui paiera les salaires et les factures en fin de mois. L’incohérence des dirigeants est de ne pas le dire et assumer clairement au lieu d’une langue de bois et de promesses bidon qui essaient (sans succès) de plaire à des militants. »

Ma contribution

C’est un moment de la dialectique  de la mutation climatique. Il y a plusieurs décennies, la découverte scientifique de cette mutation. Un savoir théorique occulté pour des raisons multiples, dont les intérêts liés à l’exploitation des énergies fossiles. Puis la diffusion de ce savoir théorique auquel s’oppose le scepticisme qui arrange un « je ne veux pas savoir » assez général. Peu à peu le savoir devient plus précis, sensible, expérimenté. La protestation prend progressivement l’ampleur du déni initial : la mutation climatique devient la menace pour la vie de l’humanité. Le risque global n’est pas encore admis (la menace est pour les plus exposés, « les autres ») : d’où le contraste entre le discours officiel encore théorique (pas de résultats tangibles) et le discours protestataire qui exige des changements sensibles. La résolution ne peut passer que par la remise en cause du rapport à l’objet. Ce n’est pas encore perçu : on continue de parler de croissance et de décroissance.

Une réponse :

« En effet, tant que la doxa économique ne considérera les atteintes à l’environnement que comme des externalités négatives, des dommages à la marge qu’il faut « compenser », il n’y aura pas de réelle mutation. Les théories économiques néo-classiques sont revisitées, agrémentées d' »aggiornamento » pour tenter de prendre en compte les nouvelles données et contraintes mais dans le fond c’est la même logique qui prévaut toujours: celle d’une production de biens et services prenant place dans un environnement aux ressources illimitées (ou peu limitées). Et ce sont toujours ces théories qui servent de base aux décisions actuelles… »  

Ma réponse à la réponse :

Oui. J’ajouterai que le discours contestataire est lui aussi déterminé par ces paramètres. Les deux  discours,  confrontés aux expérimentations dramatiques, vont donc continuer jusqu’au moment où émergera des contradictions qui s’affrontent dans la même sphère idéologique une autre manière de penser le problème.

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