Le Luxembourg paradisiaque

« Multinationales, milliardaires, artistes, sportifs, criminels : l’enquête du « Monde » révèle pour la première fois de manière exhaustive ce que dissimule le centre financier du Grand-Duché. » (A la Une – Le Monde  du 8.02.2021)

Extrait : « L’enquête OpenLux, conduite par Le Monde avec seize médias partenaires pendant plus d’un an, apporte des réponses : 55 000 sociétés offshore gérant des actifs dont la valeur atteint au moins 6 500 milliards d’euros. Ces sociétés fantômes sans bureau ni salarié ont été créées par des milliardaires, des multinationales, des sportifs, des artistes, des responsables politiques de haut rang et même des familles royales. Le Luxembourg agit comme un aimant pour la richesse du monde : sur un territoire de 2 586 km2, Tiger Woods et la famille Hermès côtoient Shakira et le prince héritier d’Arabie saoudite. Des centaines de multinationales (LVMH, Kering, KFC, Amazon…) y ont ouvert des filiales financières. De riches familles y font fructifier leur patrimoine immobilier. »

L’article est repris dans l’édition du 9.02 avec ces précisions :

« Près de 15 000 Français possèdent des sociétés au Luxembourg, totalisant au moins 100 milliards d’euros d’actifs, soit 4 % du PIB français. Une pratique souvent à la frontière de la légalité. (…) On y trouve des grands patrons et leurs entreprises, des médecins et des collectionneurs d’art, des footballeurs et des producteurs de cinéma, des consultants et des pilotes de moto, des écrivains et de riches héritiers, des propriétaires fonciers et des figures de la « start-up nation », des dirigeants de PME et des arnaqueurs professionnels. Leurs points communs : de l’argent à faire fructifier et le goût de la discrétion.  (…) Un Français n’est pas taxé lorsqu’il revend une participation logée dans sa holding luxembourgeoise, alors qu’il le serait à hauteur de 4 % en France. Les profits issus de ses investissements ne sont pas non plus soumis à l’impôt, tant qu’ils restent au Luxembourg et ne sont pas reversés sur son compte en banque en France. Ils peuvent être réinvestis à coût zéro depuis le Grand-Duché. »

Ma contribution :

« Cette enquête – et d’autres avant elles – contribue à illustrer le processus de l’accumulation. Avoir plus conduit à vouloir avoir encore plus etc. Jusqu’à l’addiction pathologique. A quoi bon la possession de capitaux qui ont pour finalité (via des investissements) de se reproduire et qu’une vie ne suffit pas à dépenser ? L’exemple de R. Barre (cité dans l’article) : si les informations sont exactes, il a dissimulé 7 millions d’euros en Suisse. Pour en « faire » quoi, puisqu’il ne les a pas utilisés ?

On touche à la question ontologique à laquelle l’homme, depuis qu’il existe, est tenté de répondre par : être  = avoir plus. Tant il est difficile d’accepter qu’ »être » contient sa propre mort. Alors, on opère un transfert et l’objet devient un substitut d’immortalité : ce qu’il est (or, diamant..) ou son nombre. La collection.  Au bout de quelques siècles, l’équation se réalise dans ce qu’on appelle le capitalisme.  Avec ses dysfonctionnements et ses dénonciations… accumulées, elles aussi. 

Une réponse :

« Oui, vous avez bien décrit le phénomène… Et pour les pauvres et même les riches pour qui l’accumulation ne suffit pas face aux angoisses de la finitude de l’existence il y a les fariboles religieuses pour se rassurer. Bah tout n’est pas totalement négatif, la conjonction richesse religion nous donné quelques beaux monuments et œuvres d’art dans diverses domaine. Certains ont su sublimer ces angoisses même s’ils sont statistiquement en nombre ultra réduit comparé à ceux qui se réfugient dans la possession et l’accumulation et/ou les diverses croyances. Croire et avoir sont les 2 pathétiques défenses qu’ont trouvé les humains, enfin, une majorité, pour accepter ou se rassurer sur cette fameuse mort qui les fait tant flipper. Pathétique car quoi qu’ils possèdent, quoi qu’ils aient fait, quoi qu’ils croient, le résultat final reste le même : on y passe tous. Pourquoi, alors, se soucier autant d’une chose aussi normale, banale, naturelle, indispensable et inéluctable que la mort ? »

Et ma réponse à la réponse :

Oui. Je partage. Je pourrais compléter par le non-sens commun « j’ai un corps » qui oppose le sujet et l’objet. Id. pour « j’ai un esprit/âme » => je suis un corps et un esprit. C’est la mort telle qu’elle est (le cadavre) qui est source de traumatisme à cause du refus du savoir relatif à cette question sous le prétexte d’un inconnaissable. D’où croire. Autant dire que la naissance et les 9 mois qui précèdent en sont un. Confusion entre perception du sujet et objet de connaissance. Je conclus cette analyse par l’idée de l’enseignement de la mort telle qu’elle est, dès l’école maternelle, à l’âge où l’enfant quitte le monde épique (les réponses précèdent les questions) pour entrer dans le monde philosophique où il rencontre l’angoisse. Je pense en effet que savoir /raison sont le meilleur outil contre la peur. Ce n’est pas un hasard si l’initiation à la philosophie est réservée à une infime partie d’une classe d’âge. Ce qui peut en expliquer certains travers. Mais c’est un autre problème.

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