Le dialogue et ses conditions (suite)

Rappel du point de départ : croire, savoir, relativité de la connaissance scientifique, géocentrisme de Ptolémée, héliocentrisme de Copernic et Galilée.

Lui : Je pense qu’un débat de sémantique sur le terme «croire» nous dévie du fond de la question. (…) Je fonde mon raisonnement sur l’état de la science à chaque époque. Donc, on devrait se rejoindre sur cet aspect. 

Moi : Il s’agit moins de sémantique (étude du sens des signes du langage) que d’épistémologie (examen critique de la connaissance).  Si je dis  « Ptolémée savait que la terre était au centre » j’indique un constat d’erreur scientifique. Si je dis « Ptolémée croyait que la terre était au centre » c’est moi qui suis dans l’erreur. Donc deux discours de nature différente.

En d’autres termes, et pour un objet d’une tout autre dimension : est-ce que le prêtre contemporain de Ptolémée et Ptolémée sont d’accord ? Si l’un et l’autre disent que la terre est au centre, c’est pour des raisons opposées, et le jour où Ptolémée devient Galilée, le prêtre sort les instruments de torture.

C’est dire que le chemin qu’on emprunte est au moins aussi important que le résultat auquel on parvient. Cf. le discours du prof. de maths (c’est moins le résultat qui compte que la démonstration), et la frustration de l’élève qui a le résultat juste mais qui obtient une mauvaise note parce que sa démonstration n’est pas pertinente.

Lui : En résumé, je dis que l’état actuel des connaissances et des sociétés occidentales, et les projections que l’on peut faire dans un avenir relativement prévisible seraient susceptibles de conduire l’Humanité à se libérer des religions (au moins déistes).

Moi : Si la religion est la dimension sociale de la foi (croire en Dieu) et si la foi ne peut exister sans la religion (ce qui semble bien être le cas) quel examen faut-il privilégier ? Celui du mode (religion) ou celui de l’essence (foi) ?

Les sociétés ne cessent de réglementer les religions (cf. la loi de 1905) avec les résultats que l’on sait.

C’est donc le besoin de croire, le terreau sur lequel il s’enracine qu’il faut continuer à analyser.*

A suivre…

*Article à venir : L’homme, la grenouille et la carotte.

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