IVG, Foot et littérature

Trois contributions au Monde relatives à trois articles (08/01/2023) : l’un traite des conséquences négatives de la restriction de la loi sur l’IVG en Pologne, l’autre des tensions entre les dirigeants de la Fédération Française de Football et la reconduction de l’entraîneur de l’équipe de France, le troisième est un éditorial à charge contre l’œuvre de M. Houellebecq dont l’auteur explique le succès plus par les polémiques qu’elle suscite que par ses qualités intrinsèques.

1° L’IVG – hors raisons médicales – est le résultat d’un échec, accidentel ou programmé, de la contraception qui est une problématique acceptée, relativement, depuis peu.  L’idéologie « l’enfant est un don de Dieu » ou « il faut laisser faire la nature » contient un fatalisme signifié par exemple par l’expression commune « tomber enceinte », prononcée comme si elle allait de soi. A la racine, le problème du corps, de la sexualité. Les réactions violentes suscitées par la distinction récente entre sexe et sexualité et la problématique du « genre » font partie du même ensemble de questions.

2° La politique du résultat, quoi qu’il en coûte du plaisir du joueur et du spectateur,  est significative de la corruption du concept de « jeu ». Par ailleurs, les hymnes nationaux et l’importance « patriotique » donnée à ce sport collectif en un temps où l’humanité est confrontée à un problème existentiel grave, sonnent comme des incongruités que soulignent les comportements agressifs sur les terrains et dans les tribunes. Si le football est le seul sport collectif dont la dimension est planétaire, c’est parce qu’il est le signe d’un enjeu symbolique qui dépasse de loin la compétition telle qu’elle est devenue, le plus souvent ennuyeuse, émaillée de trucages, de simagrées, obéissant au seul résultat. Champion par les tirs au but aléatoires…  Reste le football pratiqué par les femmes… pour le moment du moins.

3° Difficile de prédire quel écrivain résistera au temps. Quels critères ? « L’impersonnel » de Flaubert ? Le refus du conjoncturel en tant qu’objet du roman ? Mais… Balzac que n’aimait pas Flaubert, Zola qu’il appréciait – relativement -, George Sand, sa grande amie de cœur, mais pas souvent d’accord avec elle. L’idéologie ? Que reste-t-il de la littérature dictée par la peur, le repli, dont l’œuvre en question est un exemple et qui fait écho à l’angoisse ambiante dont elle se nourrit ? Céline, non pour l’idéologie, nauséabonde et mortifère, mais pour le langage en tant qu’expression révolutionnaire de la fange qui est une de nos composantes – comme, mais pour une révolution tout autre, celle qui fait lever les yeux de la fange vers les étoiles, Rimbaud qui comprend très vite la limite de son entreprise. Rien, dans cette œuvre, de révolutionnaire quant à l’expression de nos angoisses. Seule, leur instrumentalisation.

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