Journal de vacance (10 et11 juillet 2022)

Hier soir, j’ai regardé les filles. Pas dans la rue, non, sur mon écran de télé,  les filles de l’équipe de France qui jouaient contre celles de l’équipe d’Italie. On dit les filles, comme on ne dit pas les garçons quand il s’agit des mecs, « les hommes de Didier Deschamps » comme les appellent les journalistes… Ça fait pas un peu guerre ?

Entre les deux – les filles et les garçons jouant au football – c’est à peu près comme le jour (les filles) et la nuit (les autres). Quand les garçons marquent un but – si, si,  ça arrive – ils ont des comportement d’hystériques (je dis ça pour être sûr d’être compris), se sautent dessus, se mettent en tas, n’en finissent pas de faire les intéressants, comme s’ils venaient d’accomplir un exploit.

Les filles, elles, sont tout en retenue, calmes, souriantes, comme si elles jouaient. Ah, oui, parce que le foot, il faut le rappeler, c’est un jeu. Quand on les voit, eux, on a tendance à l’oublier, ou plutôt à croire qu’il s’agit d’un jeu dans le jeu ; c’est à celui qui réussit la plus belle imitation de la douleur la plus grande. Pour ça, rien à dire, ils sont parfaits ! Les filles, elles, tombent et, sauf cas vraiment grave, se relèvent. Eux, se roulent par terre avec des mimiques qui vous donnent envie d’aller étranger celui qui a osé s’en prendre à la France, ou alors de jeter votre poste par la fenêtre, et quand ils ont fini de se rouler, de se relever en boitillant un peu parce que quand même, ils passent leur temps à essayer de tricher, à contester les décisions de l’arbitre quand elles sont prises contre eux.

Elles, jamais. Elles jouent.

Elles ont gagné 5 buts à 1. Le Monde de ce matin titre « La France écrase l’Italie ». J’ai aussitôt jeté un coup d’œil sur Google Map : l’Italie d’aujourd’hui est comme celle d’hier, ni plus grande ni plus petite, ni plus haute ni plus basse, pas du tout écrasée. Le journaliste précise plus loin que les Italiennes « ont eu le mérite de sauver l’honneur » en marquant un but. Il ne précise pas le lien entre honneur et jeu.

J’ai l’air de plaisanter, mais le fait est que je me suis surpris – enfin, pas vraiment – à ne pas être « neutre » mais à sentir vibrer une fibre (nationale ? patriotique ?… non, mais c’est pas vrai !) de manière jouissive « positive » alors qu’elle l’aurait été peut-être de manière « négative » (genre maso, si vous voyez ce que je veux dire) si c’est la France qui avait été écrasée comme une pomme de terre.

Non, mais, qu’est-ce que vous voulez que je dise après un tel constat déprimant de bêtise ?

Allez les bleues ? Mais il y en a qui sont toutes noires ! Alors que les Italiennes, elles, sont toutes blanches comme le blanc de leur maillot qui est blanc comme un macaroni !

Allez les noires, les blanches, les métisses et les pas métisses !

Allez, les filles, continuez à jouer comme ça !

Agrandissez même le plus possible les terrains de jeu. A vous  voir, on déteste un peu plus encore la guerre des mecs.

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