Le débat télévisé du second tour

Le débat entre les deux tours est de l’ordre de la compétition sportive : deux incarnations, deux camps, des supporters, et, au bout du temps imparti, la victoire ou la défaite avec, pour différence majeure avec le stade, l’absence de tableau d’affichage indiquant l’une et l’autre ; l’une et l’autre sont plus ou moins (selon l’importance des ratés) déterminées par les commentaires qui suivent le débat.

Ce qui se joue dans cet affrontement pour lequel l’un et l’autre se préparent et s’entraînent comme s’il s’agissait d’un match sportif, ne concerne pas le contenu des programmes – les grandes lignes sont connues – mais, pour un public précis, la représentation d’un rapport d’adéquation supposée entre l’image de chacun des candidats et la fonction pour laquelle ils sollicitent le suffrage universel.

Ce public auquel le débat est principalement destiné, est celui qui attend de voir/entendre pour choisir. Les supporters, eux, ne changeront pas leur vote, même si leur champion se plante, non plus que les électeurs « politiques » qui savent quel est l’enjeu réel et qui estiment ne pas avoir besoin de regarder l’affrontement télévisuel.

Pour ce public le rapport d’adéquation est déterminé par ce que j’appellerai la maîtrise de l’ordre rhétorique qui se manifeste par la syntaxe et son expression.

Un exemple : E. Macron et M. Le Pen ont des positions opposées sur la question de l’immigration et de l’étranger. Le thème de « préférence nationale » mis en avant par le RN peut recueillir un assentiment d’ « évidence » parce qu’il s’appuie sur le principe de l’individuel/familial « moi et les miens d’abord ». M. Le Pen s’est exercée à le répéter et nul doute qu’elle saura le faire valoir par une rhétorique (mots, mimique, gestes) maîtrisée pour toucher ainsi à notre partie « animale ».  

La seule réponse possible ne peut concerner que le rapport entre cette partie animale – « anima » en latin désigne le souffle de la vie –  et la spécificité de notre « commun » politique historique qui – de Montaigne aux Lumières – a accouché de la déclaration universelle des Droits de l’homme.

Autrement dit, dans la France historique, le « moi et les miens d’abord » n’a de sens que dans le rapport à l’étranger défini par cette déclaration.

C’est un exemple, parmi d’autres, de ce qui caractérise le vote politique.

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