Engouement pour le candidat communiste ?

Le Monde (15.02.2022) consacre un long article à Fabien Roussel, le candidat du parti communiste à l’élection présidentielle.

Sous le chapeau « Fabien Roussel, les nouveaux habits du communisme français.   Le député du Nord, candidat à l’élection présidentielle, entend parler à un horizon de plus en plus inaccessible à gauche – les classes populaires – et s’emporte souvent contre une gauche écologiste jugée déconnectée, hautaine » le journaliste dresse un portrait plutôt sympathique du candidat et de son discours. Les réactions des lecteurs (plus de 80) sont dans l’ensemble plutôt sympathiques.

Exemples :

« Le type est bien, parle bien, et c’est normal qu’il monte dans les sondages .Un seul point bloquant et de taille : le mot communisme , qui évoque des millions de morts , des goulags et une dictature féroce en Russie mais aussi partout ou le communisme est installé .Je ne comprends pas comment nos cocos n’ont pas encore pensé s’appeler autrement .Je suis certain qu’ils feraient beaucoup plus qu’aujourd’hui. »

« Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage.  Il est plus excitant qu’un écolo dont la devise est quinoa, Badoit, café sans gluten ! »

« Bref c’est un peu l’Arlette Laguillier du PCF. Le gars sympa et près des gens pour repeindre en couleurs pastel l’appareil du parti. Pourquoi pas, si ça marche. Et ça marche ! »

Ma contribution :

L’objectif du PC n’est évidemment pas l’élection mais la reconstruction d’un discours que l’implosion soviétique a rendu impossible. Avant ce fiasco, il y avait une dialectique à l’intérieur de la gauche [réforme (PS) vs révolution (PC)] qui s’opposait à la droite/soutien du capitalisme. La disparition de la problématique d’une alternative (ambivalente mais possible) au capitalisme a ouvert un abîme planétaire d’angoisse existentielle (le capitalisme en tant que seule possibilité de vie sociale) que l’idéologie d’extrême-droite essaie de combler depuis la fin des années 80, à partir de problèmes réels, par la désignation de boucs-émissaires. Ce que tente F. Roussel, ce n’est pas de convaincre de voter pour une société communiste (aucune possibilité), mais de manifester l’importance du « commun »… dont il ne précise pas le contenu essentiel et dont l’occultation peut expliquer l’échec des expériences communistes.

Une réponse :

« Oui mais bon, il veut augmenter les bas salaires et il a un discours ferme contre les islamistes. Malheureusement, on n’en trouve pas d’autre à gauche qui coche ces deux cases. Donc, par défaut, je voterai pour lui. »

Ma réponse :

Voter pour lui – sans la moindre possibilité d’élection – n’est pas contradictoire avec l’analyse que je propose ; c’est, au-delà de ses propositions – qui n’ont donc aucune possibilité d’être réalisées – signifier une préoccupation politique pour le « commun »… même si son contenu n’est pas défini. Si le parti a conservé « communiste » c’est bien parce qu’il existe un commun objectif et irréductible de (et propre à) l’espèce humaine… Mais je doute qu’il l’ait conservé pour cette raison, parce que cela impliquerait une identification qui n’apparaît pas dans le discours de F. Roussel.  Envisager une réalité communiste suppose donc une redéfinition de ce commun.

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