Les défections au RN

« A Madrid, Marine Le Pen agacée par les défections* : « Ceux qui veulent partir partent, mais ils partent maintenant » ( A la Une du Monde – 30.01.2022)

* Gilbert Collard, Marion Maréchal…

Ma contribution, suivie de 3 réponses et de mes réponses.

Ce qui est en train de se jouer, plus ou moins consciemment, c’est 2027. L’inconnue est le point de bascule entre ce dont Marine Le Pen et Eric Zemmour d’une part, Valérie Pécresse d’autre part, sont les expressions, autrement dit, la dynamique de la droite et de l’extrême-droite, signifiée par l’absence d’un discours pertinent de gauche. Le scénario le plus probable, actuellement : Emmanuel Macron et Valérie Pécresse au second tour, et la victoire d’Emmanuel Macron que l’extrême-droite a tout intérêt à voir élu. La suite dépendra de la capacité de la gauche à identifier l’objet de son seul discours désormais possible, toujours pas encore explicité, parce qu’il fait peur.

Réponse de « vlfr » :

« La dynamique de la droite et de l’extrême-droite, » La dynamique de la droite et du centre, voulez-vous dire 🙂 ? Cela dit, bien avant 2027, il y a les législatives de juin 2022. Avec plusieurs enjeux. 1- Il n’est pas du tout sûr que ce soit une simple formalité pour un Macron qui serait réélu. Beaucoup des sortants lrem sont démobilisés depuis longtemps ou dévalués ou découragés par la dureté de la tâche. Combien se représenteront ? Combien seront élus ? Combien de militants prêts à faire campagne ? LREM n’aura sans doute pas de majorité à elle tout seule. 2- les candidats à la candidature au sein du RN savent que sur le terrain leur parti est faible, que le siège se soucie peu de soutenir ses candidats alors qu’ils voient des troupes apparemment nombreuses et enthousiastes chez Reconquête. Ils savent aussi que le RN préfère avant tout des candidats dociles D’où les mouvements actuels. Et derrière, il y a un enjeu de sièges et un enjeu pour le financement des partis pendant 5 ans.

Ma réponse :

D’accord avec les nuances que vous apportez qui concernent les stratégies/tactiques électorales. Cela dit, on ne peut savoir quel sera l’impact disons émotionnel du résultat du 1er tour, selon ce qu’il dira du rapport des forces.

Réponse de « SyLy » :

Ce que les électeurs de gauche se sont rendu compte avec le quinquennat d’Hollande/Valls, c’est que e PS n’est plus un parti de gauche, mais un parti de centre / centre-gauche, libéral avec ce fameux « mon ennemi, c’est la finance », très rapidement abandonné dès l’élection de FH. Ceci étant dit, le PS n’est plus un parti de gauche depuis 1984. En 1990, il abandonne une lecture type lutte des classes, qui explique pourtant tellement bien la montée de l’extrême droite, l’ascension du libéralisme éco et social d’EM, les balbutiements de la droite (devenue libérale) et l’effondrement du PS dont l’ensemble des promesses trahies au sujet de la solidarité dans ce pays ainsi que la lâcheté sur les sujets régaliens forment le terreau sur lequel fleurissent EM ou les EZ / MLP (conservateurs d’ED / réformateurs d’ED).

Ma réponse :

Jusqu’à la fin des années 80 (implosion soviétique) la gauche a fonctionné dans une dialectique réforme(PS)/révolution(PC) morte en même temps que le concept « lutte de classes » dès lors obsolète. C’est cette disparition d’une utopie de remplacement du capitalisme (-> angoisse) qui explique à mon sens l’émergence « planétaire » du discours d’extrême-droite. Le seul discours possible de gauche (si ce qui la définit est bien l’importance du « commun ») ne peut plus concerner aujourd’hui que le rapport à l’objet (ce qui n’est pas le sujet) et sa fonction de substitut existentiel, caractéristique de l’équation capitaliste : être=avoir+. Qu’est-ce qu’« être » si la réponse avoir+ conduit désormais dans une impasse ? Tel est, à mon avis, l’enjeu.

Réponse de « Mille Sabords » :

La droite traditionnelle, comme la gauche traditionnelle ayant disparu, il est normal que les extrêmes prennent du poids. Il serait aussi normal que E. soit ré-élu. Contrairement à d’autres, on prend aussi en compte l’existence des « verts », mais les français préfèrent sans nul doute un « programme vert » dans chaque parti, à un parti Vert très ambigu, (nucléaire ?, Europe ?, politique étrangère ?…etc) qui ne peut pas fonctionner avec des œillères programmatiques aussi limitées : « Je serai le parti du climat » ! Ah ah… Le slogan le plus naïf que l’on ait entendu…

Ma réponse :  

Je dirais que le « traditionnel » qui a disparu concerne les deux réponses de contournement apportées au malaise que crée l’équation capitaliste : 1° le paradis dans l’au-delà (religion) qui a été le soutien de la droite historique, 2° le paradis ici-bas (socialisme/communisme) celui de la gauche. Seule, l’extrême-droite se développe : les peurs et l’angoisse qui la nourrissent, qu’elle exploite et accentue, concernent le concept confus d’identité = ce qu’on est ou censé être en tant que collectivité et individu, que viennent prétendument menacer l’immigration et le grand remplacement. « Identité nationale » sert de substitut à « identité personnelle » que l’impasse capitaliste confronte à la redoutable et angoissante question de sa propre fin que l’accumulation d’objets  ne suffit plus à exorciser. D’accord avec vous pour l’écologie ; l’existence d’un « parti vert » est l’expression, par défaut, d’un long déni relatif à la fonction capitaliste (production/consommation).   

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