Deux problèmes : la « fatigue de la société » et l’entrée au Panthéon de Gisèle Halimi.

1 – La fatigue.

Sous le titre « Une société peut-elle être fatiguée ? » la Une du Monde publie un article ainsi résumé : « La pandémie de Covid-19 a mis au premier plan les problèmes de santé mentale, relève le sociologue Alain Ehrenberg , qui pense qu’une société centrée sur l’autonomie individuelle favorise la transformation de questions relevant de la psychiatrie en un souci central. »

Ma contribution :

Fatigue, mais « de quoi » exactement ? En-deçà de la pandémie et du climat – des catalyseurs, même s’ils touchent à la survie – et aux problèmes récurrents des conditions de travail et d’emploi, les individus et les sociétés sont confrontés depuis trente ans à une représentation du monde radicalement nouvelle en ce sens qu’il n’y a plus d’alternative visible au système capitaliste, de plus en plus mal perçu d’autant qu’il apparaît comme le seul possible. En d’autres termes, la dialectique entre l’individu et le commun est sans résolution – même ambivalente – depuis l’implosion de l’expérience communiste soviétique.  C’est à mon sens cette impasse qui est la cause de la fatigue la plus insidieuse et la plus grave, de type existentiel. Le discours d’extrême-droite – il est le produit de l’angoisse mal maîtrisée – s’est développé à nouveau à partir de la fin des années 80 et il apporte la réponse que l’on sait à l’absence de questionnement sur l’essence du capitalisme.

2 – Gisèle Halimi

La même Une, sous le titre « La famille de Gisèle Halimi craint qu’Emmanuel Macron renonce à l’hommage promis aux Invalides » explique qu’Emmanuel Macron ne semble pas pressé de donner une suite à sa promesse d’un hommage national à Gisèle Halimi. « Aucune date n’est prévue pour la cérémonie en l’honneur de l’avocate qui a défendu des militants du FLN, alors que le chef de l’Etat tente d’amorcer un « rééquilibrage » mémoriel sur la guerre d’Algérie. »

Ma contribution :

L’étiquette « porteuse de valise » est collée sur Gisèle Halimi par certains contributeurs (hostiles à tout hommage à l’avocate, décédée en juillet 202)  avec une fonction prétendument explicative accompagnée d’un jugement moral. Elle a été une des personnes qui ont considéré que la lutte, violente et meurtrière, comme toutes les luttes de ce type, engagée pour la reconnaissance du droit d’un pays à  son indépendance, était juste. Ce qui avait comme corollaire, coller des affiches, porter des valises etc. Qui, parmi ces personnes, a jamais dit que les attentats, les explosions de bombes, les fusillades étaient des actes idéaux et beaux ? Qui, parmi celles qui, comme elle,  ont défendu les femmes qui avaient subi des avortements ont jamais dit que l’avortement était un moyen contraceptif ?

Quant au Panthéon… Je préfèrerais que mon pays n’ait pas besoin de héros.

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