La mort d’une djihadiste française en Syrie

Extrait de l’article publié à la Une du Monde – 16.12.2021

« Arrivée en 2014 en Syrie et emprisonnée depuis 2019, elle souffrait de diabète depuis plusieurs années. Sa fille de 6 ans est aujourd’hui orpheline. Mardi matin 14 décembre, Maya (le prénom a été changé) s’est réveillée en ayant « extrêmement mal ». Malade du diabète et insulinodépendante, elle a demandé aux gardiens kurdes du camp de Roj, dans lequel elle est détenue depuis la chute du califat de l’organisation Etat islamique, en février 2019, à être transportée à l’hôpital le plus proche pour y subir une dialyse. Selon son avocate, Marie Dosé, dès son arrivée à l’hôpital de la ville de Derik, deux heures plus tard, Maya a perdu l’usage d’une jambe, puis la vue. Elle est morte peu après. Son corps a été rapatrié au camp pour y être inhumé dans la journée, en présence de sa fille de 6 ans, Sarah (le prénom a été changé), qui a été confiée à d’autres détenues françaises. Le père, lui, Ce décès est le premier de ce type concernant une Française dans le camp de Roj, réservé aux détenues européennes. Le cas de Maya, 28 ans, partie en Syrie en 2014, était pourtant bien connu des autorités françaises, régulièrement informées par Me Dosé de l’état de santé de la jeune femme. « Cela fait longtemps qu’elle demandait à être rapatriée et on l’a laissée mourir sciemment », accuse l’avocate.  (…) La politique française, concernant les quelque 80 femmes djihadistes et 200 enfants français détenus en Syrie, est celle du « cas par cas » : elle consiste à rapatrier des enfants au compte-gouttes (35 jusqu’à présent), en présumant du fait qu’ils sont orphelins, mais refuse absolument tout rapatriement de femmes adultes. »

La majorité des réactions est de l’ordre : elle a ce qu’elle mérite, il y a des problèmes plus importants, etc.

Ma contribution :

Le comportement du gouvernement est, au sens strict, irresponsable. Toute personne criminelle relève de la justice et non de l’abandon. Que des citoyens et citoyennes français aient fait le choix de s’engager dans une entreprise, pour nous criminelle, pour eux de combat (la question du pour/contre quoi ou qui ? renvoie à ce que nous ne voulons pas voir en collant l’étiquette « terrorisme ») ne les exclut pas de l’état de droit. Ne pas accepter le retour de ces personnes françaises – pour les juger, comme le sont les criminels de droit commun extradés – relève de l’esprit de vengeance (à terme de la loi du talion) contradictoire avec le « pays des droits de l’homme » qu’est censée être la France.

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