Bilan sans concession de deux années de blog 

Pour commencer, quelques données brutes, épaisses, à la date du 5 décembre 2021, fournies par WordPress, le site hébergeur du blog :

– 443 articles

– 146 commentaires

– 7434 vues

– 24 abonnés

– 3560 visiteurs plus ou moins réguliers (non dans le sens de « non séculiers » mais de constants, là, c’est moi qui précise) et  demeurant en : France (hexagone, Guyane française, Martinique, Guadeloupe, La Réunion,), Afrique du Sud, Algérie, Allemagne, Belgique, Bénin, Canada, Chine, Congo Kinshasa, Corée du Sud, Côte d’Ivoire, Egypte, Espagne, Etats-Unis, Finlande, Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Inde, Indonésie, Irlande, Italie, Japon, Kenya, Liban, Lituanie, Madagascar, Malaisie, Maroc, Moldavie, Monaco, Pays-Bas, Porto-Rico, République Tchèque, Russie, Serbie, Suisse, Tunisie.

Commentaire en quatre temps :

1° réaction épidermique et à fleur de peau :

Comme je n’avais communiqué l’adresse du blog qu’à mes connaissances proches, la découverte progressive que mes articles étaient lus dans tous ces pays m’a beaucoup surpris puisque je n’y connais personne, à une ou deux exceptions près. Bref, le concept « moteur de recherche » a pris soudain une autre dimension. Si j’ose une comparaison cavalière pour bien faire comprendre ce qu’apporte l’expérimentation,  mon regard sur les chevauchées des cow-boys de westerns n’est plus de tout le même depuis ma première expérience, à la fois récente (dans le temps) et tardive (relativement à mon âge) sur le dos d’un cheval. Un problème fondamental. J’ai donc fait comme si je ne me connaissais pas (se connait-on jamais, hum ?), tenté le coup à partir d’un ou deux thèmes de mes articles et constaté qu’il faut faire défiler les pages pour trouver, perdue au milieu de la multitude, la référence du blog… Mais, surtout, comment et pourquoi quelqu’un qui ne me/le connaît pas se risque à cliquer sur la référence pour l’ouvrir ? Une dizaine, je veux bien, mais plus de 3000… ?

2° analyse fine :

L’effet produit par ce genre de situation particulière est déstabilisant parce que, là, sur le coup, un esprit simple qui a conservé tout ou partie de son âme d’enfant pourrait s’imaginer que c’est le pays tout entier qui lit l’article.  D’autant plus que le drapeau national figure à côté du nom du pays qui est lui-même coloré en rouge sur la mappemonde. On a beau dire, le drapeau… Par exemple, l’idée que Monaco où je ne connais personne, pas même le prince, lit mon blog… Et la Russie ! Sans parler de la Moldavie (non Tintin, c’est la Syldavie) !

Vous comprendrez que c’est donc à la fois très impressionnant et très troublant. Donc. Sous le coup de l’émotion créée par cette impression et ce trouble, et sans prendre le temps de procéder à une introspection quant à la simplicité de mon esprit et à la survivance, tout ou partie, de mon âme d’enfant, je suis allé voir sur Internet si des bouleversements sensibles se produisaient dans ces pays, si des manifestations étaient organisées avec des brandissements de banderoles portant le nom et l’adresse du blog, peut-être même des révolutions… Mais non, rien. La vie globale de ces pays continuait comme avant le blog, bref, comme s’il n’existait pas. Je m’apprêtais à me désespérer profondément du très peu d’influence de mes écrits sur le sens et le déroulement de l’Histoire, quand j’ai brusquement réalisé que j’écrivais en français, donc que les seuls lecteurs possibles de ces pays étrangers ne pouvaient être que des Français émigrés ou des autochtones francophones ! Oui… Mais ce qui aurait dû me consoler d’une petitesse relative m’a plongé dans une petitesse plus grande, si j’ose dire, et le champ de l’importance de mes articles s’est alors réduit, si j’ose encore une comparaison cette fois de lotissement, à la dimension des quelques mètres carrés d’une pelouse de pavillon de banlieue. Non seulement ce n’était pas le pays qui lisait, mais seulement quelques individus parlant français, peut-être même un seul !

3° le « j’aime » et le « cool » :

Et là, secoué par l’amère pensée que génère la lumière crue du regard lucide porté sur la relativité de l’importance individuelle, surtout quand il s’agit de la sienne, j’eus conscience d’entrer dans le dur du problème, comme on dit pour signifier qu’on était jusque-là dans le mou, d’autant que (notez que la locution conjonctive indique ici le passage du mou au dur) la quasi-totalité des lecteurs se cachaient (je mets au pluriel parce qu’une quasi-totalité qui se cache, hum…) derrière un pseudo et qu’ils ne réagissaient, lorsqu’ils réagissaient, et sauf quelques exceptions qui commentaient, que par la mention « j’aime »* proposée par le site hébergeur, d’autant que (là, on entre dans de l’encore plus dur) ledit pseudo était indiqué avoir trouvé l’article « cool »**. Quand on sait que cool signifie frais, paisible, tranquillisant, et que mes articles n’ont pas du tout pour objet le cool, mais non mais non, avouez qu’il y a de quoi perturber un ego (= moi, en latin) en général, et le mien en particulier.

* Pourquoi la mention « je déteste » n’est-elle pas proposée au lecteur ** non plus que l’onglet « stressant » ?

4° conclusion définitive :

Il me fallait prendre une décision.

J’avais le choix entre la protestation auprès des ambassades et la rédaction sur un clavier acerbe et vindicatif  d’un article salé, poivré, en un mot épicé, qui poserait la question agressive et provocante «  Non, mais, à quoi ça sert que je me décarcasse ? ».

Mais voilà : d’une part, je n’avais aucune certitude que ma protestation internationale fût audible, d’autre part, je découvris que la formule du décarcassement (le mot n’existe pas mais il sonne bien)  avait déjà été utilisée par une entreprise spécialisée précisément dans le commerce des épices.

Je devais trouver autre chose.

Je décidai alors de supprimer la lettre « e » dns ms articls – un sort d roman n lipogramm, comm l’a fait Gorg Prc), d manir a droutr ls lcturs francophons et à ls prsntr comm ds nigms aux autrs. C srait un xprinc intrssant qui suscitrait ds ractions forts pt-tr mm ds protstations vhmnts auprs du sit hbrgur. J pourrais mm n fair un ju : l prmir ou la prmir qui rtblirait l txt dans son intgralit rcvrait gratuitmnt la totalit ds articls n polic Comic sans ms (j n sais pas c qu ça vut dir t j n vois pas n quoi ctt polic srat drôl – vous voyz vous ?).

Et si supprimer le « e » ne suffisait pas ej siarruop issua sel erircé à srevne’l ceva noitcidretni resilitu’d nu roirim .

Te poh !

2 commentaires sur « Bilan sans concession de deux années de blog  »

  1. Chr Jan-Pirr, j’ai cherché sur google « blog de Jean-Pierre » et vous apparaissez en 4è position. Pas mal non ? J’ai moi même envoyé certains de vos articles à des amis non francophones qui les ont lus … en utilisant google translate. Je viens de faire l’expérience. « I had the choice between protesting at the embassies and writing on a sour and vindictive keyboard a salty, peppery, in a word spicy, article that would ask the aggressive and provocative question « No, but, what’s the point that am I breaking out? « . Seul hic google ne connait pas l’expression « se décarcasser ». La disparition de Perec est un de mes livres favoris. Traduit d’ailleurs dans plusieurs langues de façon étonnante. sulp A!

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