E. Zemmour et la question de l’exutoire

Certains sondages placent E. Zemmour devant M. Le Pen dans les intentions de votes et le donnent qualifié pour le second tour.

Autrement dit, des enquêteurs ont demandé à des électeurs de dire quel sera leur vote dans 6 mois, et 15 à 16% d’entre eux répondent qu’ils voteront pour E. Zemmour.

Or, E. Zemmour n’est pas candidat.

Moi non plus.

Et je note – vous pouvez le vérifier vous-même très facilement –  qu’aucun enquêteur n’a proposé mon nom aux sondés.

Je pose donc la question : pourquoi les enquêteurs proposent-ils le nom d’E. Zemmour et pas le mien, alors que ni lui ni moi ne sommes candidats ?

Comme je vous devine sur le point d’empoigner votre téléphone pour protester auprès des instituts de sondage, je vous donne tout de suite la réponse : l’explication de cette scandaleuse discrimination qui, soit dit en passant, vous exclut pareillement, vous aussi,  des sondages – jetez un coup d’œil vers le titre de l’article après avoir vérifié ce que je vous dis –  c’est l’exutoire.

Mais, murmurez-vous en reposant lentement le combiné, un exutoire, c’est quoi, exactement ?

Eh bien, voici deux exemples tirés de Wikipédia :

1° « L’évacuation des eaux usées a été conçue dès l’origine selon un principe gravitaire assurant leur écoulement naturel vers leur exutoire au point le plus bas  (…) » Cet exemple concerne l’organisation des égouts.

Ça, c’est le sens propre… Si j’ose dire.

2° « Dans une époque pas très drôle, le rire est devenu un exutoire nécessaire. »

Et ça, c’est le sens figuré. L’exemple demande un peu d’imagination parce que « une époque pas très drôle » ne correspond évidemment en rien à la nôtre.

Le problème est donc clair comme de l’eau de roche : aujourd’hui, pour faire court, disons que « ça déborde ». Non, inutile de relire Freud, le ça, disons, pour retenir (toujours si j’ose dire) l’essentiel, que c’est tout ce qui pousse. On ne sait pas ce que c’est, on ne veut pas le savoir, tout ce qu’on sait c’est que ça pousse et que ça doit sortir. Là, ce serait plutôt clair comme (je ne sais pas si j’ose… oui ? Allons-y) du jus de chique.

Comme tout cela coule dans la durée (ben oui, je n’ai pas pu l’éviter), la question est de savoir si la poussée qui, aujourd’hui, rend nécessaire l’exutoire, sera toujours aussi forte dans 6 mois.

Peut-être faudrait-il alors tenter une médication, du genre régime doux ?

Comme j’ai tendance à penser que le corps social fonctionne comme le corps biologique, j’ai trouvé ça (non, là, c’est simplement un démonstratif) toujours dans Wikipédia :

« Le riz est un aliment sans résidus, c’est-à-dire qu’une fois digéré, il n’y a pas de déchet à évacuer, ce qui permet de reposer l’intestin. Mieux vaut le préférer blanc, car le riz complet contient plus fibres ce qui fait travailler davantage les intestins. »

Je compte bien trouver dans vos contributions l’ordonnance qui indiquera quel peut être pour le corps social le riz blanc du corps biologique.

En attendant, il faut souhaiter que ça déborde et que la nausée abonde (oui, bon…) au point que la pestilence conduise à reposer les plaques d’égout.  

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :