Mauvaise foi

« Une enquête ouverte après qu’une manifestante anti-passe sanitaire a brandi une pancarte antisémite à Metz. Une photo diffusée sur les réseaux sociaux montre une jeune femme brandissant une pancarte sur laquelle sont inscrits les noms de plusieurs responsables politiques, hommes d’affaires et intellectuels, dont certains sont de confession juive. » (A la Une du Monde – 09.08.2021)

Un  certain nombre de contributeurs contestent l’antisémitisme affiché.

Par exemple : « Parce qu’il y figure les noms de personnes juives, c’est antisémite ? »

Ma contribution :

La mauvaise foi, dans le sens où elle conduit à s’identifier à une fonction, un état, autrement dit à ce qui n’est pas soi, et qui conduit au déni de sa responsabilité (celle de l’engagement), consiste à ergoter sur la périphérie des problèmes. L’identification, ici, concerne une prétendue rigueur intellectuelle qui veut être « absolument certaine » que ce qui est suggéré est vraiment dit. C’est le comportement, par exemple, des négationnistes : est-on bien certain, mais vraiment certain, que le gaz servait à autre chose qu’à tuer les poux ? Est-il vraiment certain qu’écrire des noms de personnes connues pour leur identité juive * et le qualificatif « traîtres » sur une pancarte est signifiant d’une arrière-pensée ? La réplique classique – du genre : on ne peut pas affirmer sans preuves etc. – fait partie de la panoplie de la mauvaise foi. Voyez Tartuffe, qui choisit la foi comme objet d’identification de mauvaise foi : pris sur le fait, il tente de nier le réel. Même si cette femme reconnaissait son antisémitisme, la mauvaise foi exprimerait un doute.

*J’avais d’abord compris que juif figurait sur la pancarte, ce qui m’a valu ce commentaire :

« Ridicule : je vois traîtres sur la photo et non « juifs  » ou alors le Monde ne nous fournit pas la totalité du décor. On peut vous répondre aisément que l’époque étant irritable, vindicative de façon ultra-véloce, le fait de requérir des preuves assurées est a contrario une manière d’aller à contre-courant et de ne pas se laisser engloutir dans les aboiements bien configurés. »

J’ai donc apporté ce correctif non adressé au commentateur dont la critique est (« à l’insu de son plein gré » ?) une bonne illustration de ce que j’explique dans la contribution :

Correctif (périphérique ) après vérification sur un autre site qui montre la photo : « Juif » n’est pas sur la pancarte, seulement des noms de personnes très connues pour leur confession  juive, entourant « Macron », avec le qualificatif « traîtres » et la question « Mais Qui ? ». Ah, vous voyez bien,  dirait Tartuffe, le mot juif  n’a pas été écrit ! Alors, comme  E. Macron n’est pas de confession juive, n’est-il n’est pas un peu hâtif de parler d’antisémitisme ? Et que cette dame ait été membre du FN/RN, n’est-il pas un peu précipité d’y voir une relation ?

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