L’épreuve de philo du bac

« Bac philo : « On s’attendait à être préparés, et on y va les mains dans les poches » L’épreuve de philosophie, jeudi, est la seule rescapée, avec le grand oral, d’un baccalauréat largement aménagé. La meilleure note entre la copie et le contrôle continu sera conservée. » Tel est le titre – racoleur, comme souvent –  de la Une du Monde (17.06.2021)

L’article produit des témoignages de quatre candidats dont le discours est sans surprise : pas ou pas beaucoup de cours au lycée, pas ou peu de dissertations… bref une préparation minimale, mais une décontraction qui s’explique par la décision ministérielle quant à la notation et que traduit la première phrase du titre, empruntée à l’un des candidats interviewés.

Les contributions, dans l’ensemble, critiquent ou approuvent l’article, selon les expériences des uns et des autres (des profs qui interviennent protestent contre la partialité de l’article qui présente quatre témoignages identiques), et certains mettent en cause l’utilité de la philosophie :

Deux contributions :

« De tout temps, la philosophie a été le passe-temps favori des gens supposés intelligents et des pédants qui prétendent l’être. Pas étonnant de ce fait que tous les médias nous bassinent chaque année avec l’épreuve de philosophie du bac. Un peu comme les despotes éclairés s’entouraient de philosophes au XVIIIe siècle. Après, on pourra classer les uns et les autres dans la catégorie qu’on estime la bonne. »

« Ceux qui disent que la philo ne sert à rien, au sens où un marteau sert à enfoncer des clous, ont raison. En revanche, elle permet en principe de bien définir ce dont on parle, de mettre en question les idées reçues, d’éviter les raisonnements mal fichus. Par les temps qui courent, dans l’univers de Twitter et autres réseaux, du buzz et de la vocifération permanente, ce n’est pas si mal. »

J’en profite pour enfoncer mon clou avec cette contribution que les lecteurs assidus du blog trouveront sans doute « martelante » (le néologisme peut aider à supporter) :

Il y a cette question : pourquoi l’initiation à la philosophie n’est-elle au programme que des classes terminales de l’enseignement général ? Autrement dit : pourquoi ne commence-t-elle pas avec l’entrée à l’école (maternelle) et pourquoi l’immense majorité d’une classe d’âge en est-elle exclue ? Soit parce que la philo n’est qu’un « luxe » sans autre utilité que le superflu (donc réservé à une « élite »), soit parce qu’il est trop risqué d’expliquer aux enfants qu’elle constitue le mode majeur de notre pensée. Ce rapport d’exclusion  peut expliquer certains hermétismes théoriques présentés comme des causes (« couper les cheveux en quatre » pour rester dans la décence) alors qu’ils sont en réalité le produit de cette conception qu’ils entretiennent plus ou moins consciemment. L’ennui avec la démarche philosophique, c’est non seulement qu’elle pose des questions mais qu’elle incite à trouver des réponses par soi-même. Alors, initier les enfants à ce type de démarche qui utilise des concepts !

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