Laïcité…

Marlène Schiappa confirme au Sénat le remplacement de l’Observatoire de la laïcité. [Elle] a officialisé l’acte de décès de l’Observatoire de la laïcité, mercredi 31 mars, au Sénat. « Une chose est actée : l’observatoire ne se survivra pas à lui-même. « Il faut faire évoluer le portage de la laïcité dans l’appareil d’Etat. » (A la Une du Monde – 1.04.2021)

Ma contribution :

« Il faut faire évoluer le portage de la laïcité dans l’appareil d’Etat », dit-elle. « Evolution du portage de la laïcité », quel beau concept ! Et quelle belle mission pour la nouvelle structure envisagée ! Certains esprits superficiels auraient pu penser qu’il ne serait pas inutile d’examiner certaines contradictions entre le principe et son application (participation des présidents de la République à des cérémonies religieuses, école confessionnelle subventionnée – sans parler du principe même de l’école privée… ) avec l’hypothèse saugrenue qu’elles continuent à nourrir les débats sur la question, il est vrai essentielle, elle, du portage (!) du voile en sortie scolaire (même en cas de vent pour celles qui sortent du salon de coiffure ?), mais non, il ne sera question que du vecteur de l’objet donc bien empaqueté et ficelé. Le propos de la ministre complète-t-il le discours gouvernemental relatif à la mission étendue de la poste ?

Une réponse suivie de la mienne :

« Il n’y a de système éducatif unique (= d’Etat) que dans les régimes totalitaires. C’est même l’une de leur plus importante caractéristique. »

Quand les enseignants sont recrutés à partir de diplômes relatifs à des connaissances déterminées non par une idéologie mais par le savoir et son questionnement permanent, où est le risque de totalitarisme ? L’école publique propose aux élèves/étudiants des enseignants dont les philosophies, les croyances, les opinions sont, à l’école comme ailleurs, diverses. Le totalitarisme, comme son nom l’indique, est un système qui fournit la totalité des réponses et qui ne laisse pas d’espace au développement de l’esprit critique. C’est exactement le contraire de l’enseignement public laïc. En quoi l’enseignement privé – surtout quand il est confessionnel (la foi religieuse a, par définition, la réponse ultime qui vaut pour le « tout ») – est-il une garantie de liberté, relativement au savoir ? Vous confondez, apparemment, le contenu idéologique du système éducatif unique totalitaire avec le contenu de l’école publique laïque : le savoir.

(suite d’un dialogue commencé avec « furusato » sur l’interdiction du foulard)

« Très bien cela m’évitera d’expliquer à mes petites-filles les beautés de la pudeur qui plaît à l’idole aux 99 noms, au mari et aux tontons .Mes enfants ont fait leur scolarité dans le public sans voir jamais ce signe annonciateur d’une civilisation autre , sinistre quand il est considéré collectivement

Ma réponse

Vos enfants n’ont-ils jamais vu de femmes et d’hommes habillés différemment d’eux, avec des djellabas, des boubous, par exemple, sans craindre l’invasion d’une « civilisation autre » ? La confrontation à la différence est plutôt enrichissante, non ? Est-ce que les soutanes et les cornettes des « bonnes sœurs » ne pouvaient pas être objets plus perturbants ? Bref, est-ce que le remplacement théorisé par certains ne s’inscrirait pas dans la peur archaïque de la « fin du monde » ? Et si nous nous mobilisions notre énergie pour comprendre les causes des problèmes de l’immigration actuelle, de l’islamisme, et tenter d’agir sur les démesures qu’ils peuvent engendrer, plutôt que nous épuiser à nous faire peur avec des ombres ?  

Sa réponse :

« Je ne prêche ni vertu ni grandeur de la civilisation occidentale, mais procédons ainsi : si je juge que ma civilisation est inférieure sur de nombre plans n’est-ce pas logique que j’adopte alors une civilisation autre, en rasant les murs ou en criant ma surenchère de nouveau venu, ce sont les deux attitudes communes aux néophytes (on en a vu chez Daesh ) ? Donc même si je suis critique sur nombre d’aspects de la civilisation occidentale et combien de discussions intra-familiales là-dessus ! cette civilisation c’est la mienne : si j’avais voulu vivre en civilisation autre sur un ou des continents proches je me serais déplacé pour m’y installer. Il y a bien assez de différences en Europe pour s’y enrichir sans recourir à des comptoirs coloniaux dont nous sommes les dupes .Ceci même en Suisse ou en Belgique ( pour cette dernière sauf certaines aires où la Belgique n’est plus dans la Belgique ), territoires pourtant proches. le Nombre ! JPP ! Le Nombre jeune ! »Ma réponse :

Nous avons fait venir des « bras » après la guerre pour travailler chez nous. Au bout des bras, il y a des hommes, nous dit notre civilisation des « Lumières » qui nous constitue depuis Rabelais et qui a essaimé, en butte à l’obscurantisme des religions. Les bras, les hommes et leurs familles, nous les avons mis dans des quartiers fermés. Ils y sont toujours à la 3ème/4ème génération « jeune ». En quoi, en dehors des extrémistes ultra-minoritaires, sont-ils, en soi, une menace ? Ils ne sont pas plus religieux que les autres issus du catholicisme, ils parlent le français (avec des créations de langage), font des études… quand ils le peuvent. Là, le problème des « quartiers ». Ici, celui de l’immigration nouvelle. Soit nous les traitons avec eux tous, c’est l’esprit de notre civilisation, soit nous les excluons, et ça c’est le contraire. Il faut choisir. La peur de l’effondrement qui produit le champ de ruines ou l’acceptation des contradictions du vivant.

Sa réponse

« Vous simplifiez à l’extrême ( si je puis dire ).D’abord le  » nous « … non pas de nous : des petits groupes de décideurs économico-politiques dont l’optique pression sur les salaires était prégnante .Ensuite non pas ce  » nous  » de « nous » les avons enfermés mais un mixte de décisions de répartition de ces populations à proximité de leur lieu de travail et de mouvement automatique des nouveaux arrivants , légaux ou illégaux, vers leurs réseaux, les compatriotes déjà installés ( dont des marchands de sommeil ) . Le mouvement est donc double, du haut administratif et du bas migratoire et il faut noter que leurs mœurs mêmes les enferment, une fois reconfigurées et prises en main par des leaders : ce à quoi nous assistons et qui se renforce par la fuite des populations locales qui le peuvent. Chaque fois que je suis devant un  » immigrationniste « , je constate ces simplifications qui ne tiennent pas qu’au peu d’espace imparti. »

Ma réponse :

« Nous », la société dans son ensemble, sommes responsables du pouvoir des « petits groupes de décideurs », de ce « mixte de décisions », des quartiers et des marchands de sommeil. L’installation du pouvoir, politique, socioéconomique, n’est pas d’ordre transcendantal. Il représente qui nous sommes à un moment donné, quelle que soit la conscience des uns et des autres. Je ne sais ce qu’est un « immigrationniste ». Je pense le deviner. Je n’en suis pas un. Je suis en face d’une situation dont j’essaie de comprendre les processus d’évolution en-dehors du système binaire de la morale qui tend à faire porter la responsabilité (réponse adéquate à une question donnée) sur les « autres ». Les fonctionnements et dysfonctionnements que vous soulignez ne sont que des effets (avec leurs responsables propres). Leur description narrative infinie peut soulager ou répondre à des besoins de justification. Ils ne sont pas des causes.

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