Le foulard

« Au premier jour de la discussion au Sénat, en première lecture, du projet de loi confortant le respect des principes de la République – surnommé projet « séparatisme » –, l’opposition de droite a infligé un revers au ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, en votant, contre son avis, mardi 30 mars, deux amendements qui reviennent à interdire le port de signes religieux aux parents accompagnateurs lors des sorties scolaires. » (A la Une du Monde – 31.03.2021)

Ma contribution

Cette question, récurrente, n’est que l’épiphénomène (accentué par l’islamisme) du problème que pose la gestion bancale de la laïcité. Ainsi  l’existence d’une école privée (que certains appellent « libre », comme si l’école publique ne l’était pas), confessionnelle ou pas.  In fine, celui du principe laïc fondamental qui n’est pas la séparation de l’église et de l’état (il n’est qu’un élément, politique, du problème) mais la distinction entre savoir (instruction publique) et croire (religion). La confusion des deux   (pourquoi les présidents de la République participent-ils en tant que tels à des cérémonies religieuses ? Pourquoi l’instruction n’est-elle pas obligatoire dans des seuls établissements publics ouverts à tous ?) conduit à ces débats sans fin et stériles qui ressemblent fort aux disputes d’exégètes ou aux querelles byzantines. Parler du port du signe religieux permet d’occulter ce qui le produit.

Une autre :

« Bravo pour ces deux amendements qui ne sont pourtant qu’une goutte d’eau par rapport au chemin à parcourir. Il faudra bien un jour interdire le voile islamique dans l’espace public, reconnaître officiellement que la France est un pays de culture et d’histoire chrétienne et demander à nos amis musulmans un peu plus de discrétion. »

La réponse (que je partage pour l’essentiel) d’un contributeur

« La France est certes un pays de culture et d’histoire chrétiennes, mais cela ne suffit pas à justifier le combat contre le voile. Ce combat se mène aussi dans les pays de culture musulmane : Atatürk en Turquie, Bourguiba en Tunisie avaient pratiquement mis fin au port du voile, et Nasser se moquait ouvertement de la prétention des Frères musulmans à réimposer le voile qui dans les années 50 avait disparu des villes égyptiennes (malheureusement, ce sont les Frères musulmans et les autres islamistes qui sont en force en ce moment). Comme le montre l’histoire, la fracture ne se situe pas entre chrétiens et musulmans, mais entre les Lumières et le retour aux temps obscurs. »

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