Le coronavirus et l’idéologie d’extrême-droite

Il y deux jours, des manifestants allemands néonazis protestant contre l’obligation de porter le masque ont tenté d’envahir le Bundestag en brandissant des drapeaux du Reich.

La démesure de cette obligation quand elle concerne l’extérieur, permet une mise en cause de l’obligation elle-même, interprétée et dénoncée notamment par l’extrême-droite, mais pas seulement par elle et pas seulement en Allemagne, comme une atteinte à la liberté.

En réalité, le port du masque, au-delà de son obligation, est un prétexte.

Le discours d’extrême-droite se réfère à l’idée d’un « naturel » qui fut et demeure le socle de l’idéologie nazie.

Au regard de ce « naturel » qui autorise le discours raciste, la république, en particulier celle de Weimar, était une dégénérescence. Le parlement que les nazis incendièrent un mois après que Hitler eut été nommé chancelier en était l’emblème.

Il l’est toujours. Ce qui est nouveau*, c’est la possibilité du passage à l’acte, destiné à  rappeler, ou à reproduire symboliquement, l’événement qui justifia la dictature.

Le rapport au coronavirus permet à cette idéologie et plus généralement à l’extrême-droite de réactiver cette idée, plus, pour l’instant du moins, de manière subliminale qu’explicite (cf. les discours de Trump et de Bolsonaro, entre autres).

La tentation de croire à une loi naturelle critère de sélection raciale n’est sans doute pas le signe d’une démarche exclusivement extrémiste partisane.

Je pense qu’elle hante plus ou moins tous les esprits –  « raciale » étant plus ou moins occultée, « sociale » aussi.

En janvier dernier, j’ai commencé l’essai dont j’ai fait mention dans une réponse à un commentaire publié dans le dernier épisode de Fanore.

Il traite, entre autres, de cette problématique.

Le feuilleton du roman ayant rencontré un certain assentiment, je vais en commencer la publication sous la même forme.

*Ce qui l’est aussi, c’est l’exploitation d’une contrainte qui, parmi d’autres (ex : les limitations de vitesse) n’a pas à voir avec la liberté, mais avec la responsabilité – ce qui n’est pas la même chose –, pour protester contre une prétendue atteinte à cette liberté.

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