Epistémologie

Ce nom est formé de deux mots d’origine grecque : épistèmôn, le savoir, et logos, la parole, le discours dans leur sens le plus large.

Un mot savant, oui, mais pas si compliqué et qui a l’utilité du garde-fou.

L’épistémologie est un discours (de type « examen critique ») sur le savoir. En d’autres termes : je sais quelque chose, mais sur quoi repose ce savoir, quelles sont la valeur, la fiabilité des outils qui l’ont rendu possible ?

Ce qui implique la relativité reconnue du savoir et la possibilité également reconnue de l’erreur.

Aujourd’hui, 4 juin, à midi, sur France Info, un journaliste interrogeait un spécialiste sur les nouvelles connaissances que nous avons du coronavirus, notamment la faible contagiosité des petits enfants révélée par de récentes études pédiatriques.

Le journaliste, excité, agité, logorrhéique (« la parole qui coule »), lui posa avec insistance la question de la pertinence des protocoles mis en place pour la réouverture des écoles à partir du 13 mai. En gros, est-ce que le gouvernement n’en avait pas trop fait ? La tonalité de la question, répétée, insistante, invitait à abonder dans ce sens.

Le spécialiste, dont j’ai admiré la patience et la maîtrise, a rappelé calmement le b.a.-ba de la démarche scientifique et le rapport des mesures de précaution avec l’état de la connaissance à un moment donné.

France-Info est une radio de grande écoute et le journaliste m’a donné l’impression de vouloir être le porte-parole démagogique d’une opinion qui sait, et qui est persuadée que les politiques sont des incompétents.

Cette même chaîne de radio – entre autres médias – avait quelques semaines plus tôt rappelé le mauvais procès fait, en 2010, par des journalistes, des politiques, à Roselyne Bachelot, alors ministre de la santé, pour ses commandes jugées alors excessives de masques et de vaccins en prévision de la pandémie de grippe A… qui ne s’est pas produite.

Sans la pandémie du coronavirus, ce procès lui collerait encore à la peau, et celui fait au gouvernement de ne pas avoir su stocker des masques* n’aurait pas lieu.

Peut-être serait-il utile pour ces chaînes d’informations en boucle, dans la course permanente, le raccourci, le schématisme, de redécouvrir l’importance de l’épistémologie appliquée à l’exercice du métier de journaliste.

* Le déni gouvernemental  de ce manque d’anticipation – c’est une autre question –  n’a pu qu’alimenter le discours d’incompétence des politiques et favoriser les procès aujourd’hui intentés à certains ministres.

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