28 juin 1919, 8 mai 1945, 11 mai 2020

La commémoration de la défaite nazie du 8 mai 1945 renvoie au 28 juin 1919.

Ce jour-là,  Clemenceau (France), Wilson (USA), Lloyd George (Grande-Bretagne) Orlando (Italie) imposaient à l’Allemagne un traité dont le caractère humiliant et provocant avait été dénoncé, notamment par un courant socialiste français. Le premier ministre britannique et le président américain avaient finalement accepté les conditions draconiennes imposées par Clemenceau : la guerre avec son cortège d’horreurs s’était principalement déroulée sur le territoire français, amputé depuis 1870 de l’Alsace et de la Lorraine.

L’Histoire a gardé de lui la figure de l’homme de guerre qu’on surnomma «  le Père la victoire » et gommé celle de l’homme politique de 1919, inflexible, animé de l’esprit de revanche et de  vengeance, bref, irresponsable.

Il imposa la signature du traité dans la galerie des glaces du château de Versailles où avait été proclamé l’empire allemand à la suite de la défaite française de 1870, et Hitler imposa la signature de l’armistice de juin 1940 dans le wagon de Rethondes où avait été signée celui de 1918…  

Des comportements qui prêteraient à sourire s’il s’agissait de jeux dans la cour de l’école.

E. Macron s’est, plus que référé, identifié au « Clemenceau dans les tranchées » quand il a invoqué, en mars, la guerre que nous aurait déclarée le virus. Sans doute pensait-il pouvoir se prévaloir un jour d’une victoire qui fasse oublier les failles d’une gestion sanitaire dictée par la pénurie d’outils et l’insuffisance programmée d’effectifs, ainsi que les conflits sociaux antérieurs à la pandémie, en particulier la réforme des retraites et l’utilisation, fortement contestée jusque dans les rangs de la majorité, du 49.3.

Les conditions difficiles de la mise en œuvre du déconfinement décidé pour le11 mai (transports en commun, écoles, relations sociales…) ont conduit le premier ministre à faire appel, le jeudi 7, au sens de la responsabilité des Français.

Après des semaines de discours infantilisants – la crise sanitaire ne fait qu’en souligner la pratique politique ordinaire –, cet appel ne peut être ressenti et compris que comme un procédé de dernier recours, un défaut de maîtrise, une faille.

Les reports, les refus, les interrogations, les incompréhensions, les décisions diverses prises par les maires, les présidents de régions, les responsables d’établissements scolaires etc., ces voix discordantes signifient une incertitude plombée par la menace d’un rebond de l’épidémie.

Les conditions sont réunies pour un risque majeur d’explosion de la peur suscitée par le virus et amplifiée en mars de manière irresponsable par le discours du chef d’une guerre sans ennemi.

L’annonce, non encore officielle à ce jour, d’une scission des députés de LREM – qu’elle devienne ou non effective n’est pas essentiel au regard du fait que la majorité parlementaire a été élue en référence non à une structure politique mais à un homme – est sans doute le premier signe d’une crise politique à venir.

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