Penser

Le débat sur l’islamo-gauchisme prend des proportions que n’a peut-être pas imaginées celle qui l’a ouvert. Près de deux cents contributions dans la seule page du Monde, ce lundi 22.02.2021. La plupart sont violentes. Elles témoignent de la difficulté à construire une problématique, c’est-à-dire à considérer qu’une question ne se réduit pas à elle-même, qu’elle n’est pas sa propre cause.

Ce débat a forcément un impact important sur l’opinion publique parce qu’il met en cause l’islam, un des vecteurs de la désespérance que cette religion, comme toutes les autres, conforte par l’espérance, l’une et l’autre également antinomiques de la pensée.

Une illustration par cette réponse (du même furusato) à une de mes interventions concernant le mouvement Génération Identitaire et la question de la frontière.

« En mettant symboliquement (car ils n’ont maltraité personne) le doigt sur le problème des frontières ils ont souligné l’idéologie de l’accueil inconditionnel qui soutient ou publiquement ou en propositions sous- jacentes le traitement de ce problème : à savoir qu’il n’y a plus de frontières sinon de manière fantasmatique et que nous devons nous y résigner. A savoir aussi que si l’on en parle en politique c’est comme fable nous reliant agréablement au passé. Et par là ils ont dégagé l’autre fantasme répété à longueur de colonnes : que toute immigration est bonne à prendre et ne transporte jamais le travail du négatif dans ses bagages. Je ne les connais pas et je ne me reconnaîtrais pas forcément dans toutes leurs références mais je ne vois rien dans leur action qui déborde le désir de poser une question qui ne nous a jamais été posée : voulons-nous n’avoir plus de frontière sauf comme faux-semblant ? »

Ma réponse :

Le problème que pose votre analyse est ce qui semble être le rejet de la problématique.  La frontière n’est pas une question en soi. Elle fait partie de la problématique du rapport historique aux autres, autrement dit de la frontière ouverte/fermée selon qu’on va chez eux sans leur demander leur avis (colonisation, guerre), qu’on les fait venir parce qu’on a besoin d’eux (emplois subalternes, forcés) ou qu’ils frappent à la porte parce que  notre présence chez eux ne leur a pas/plus permis de vivre dans leur pays (exploitation des ressources, corruption). Faire l’économie de ce questionnement du réel, et le réel est têtu (cf. pop vox>Arte du 21.02.*) équivaut à un renoncement de la pensée.

* Cette émission revient sur la colonisation, notamment celle du Congo par le roi belge Léopold II.

Ma nouvelle contribution au débat (sur le site du Monde) sur l’islamo-gauchisme (cf. articles précédents) :

Il y a un choix à faire : ou bien cette question (comme les autres) est un problème en soi, suffisant à chacun pour déterminer une philosophie politique radicale (cf. les diatribes),  ou bien elle fait partie d’une problématique plus générale qui concerne la dépression que nous traversons, en grande partie produite par l’absence de perspective de changement du système. Nos critiques se cognent la tête contre la sphère d’un inamovible d’autant plus traumatisant qu’il annonce la catastrophe. Oublier la construction de problématiques (cf. la manière dont est posée la question de la frontière  par Génération Identitaire et le RN) revient à renoncer à penser le réel de notre rapport aux autres (cf. Pop vox sur Arte – 21.02).

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