QAnon…et complément

« Aux sources de QAnon, un collectif italien d’extrême gauche qui aurait malgré lui inspiré la théorie complotiste (…) Un roman, écrit par le collectif anticomplotiste Wu Ming, pourrait être la source des thèses conspirationnistes qui sont apparues dans l’Amérique de Donald Trump. »

Quelques commentaires :

« Le Monde en mode « compagnon de route ». Des communistes grand teint s’amusent comme ils le peuvent car en occident on jouit de la liberté de la presse. On constate avec plaisir que les jeunes se mettent encore sous le patronage de Giap grand général certes, mais authentique criminel de guerre.
Si l’idée est que la lutte des classes est le seul moyen de nous assurer un avenir, ce sera sans moi. »

« L’arroseur arrosé bien sûr, mais les archéomarxistes du XXIe siècle ne connaissent pas l’autocritique et la faute reste toujours au capitalisme (et à Macron naturellement). »

« Qu’est-ce qu’a été le marxisme, sinon une fakenews de bout en bout et des centaines de millions de morts à la clé ? »

> une réponse  «Le christianisme a fait millions de morts, l’islam a fait million de morts, le nazisme a fait millions de morts, le capitalisme a fait millions de morts, etc etc, donc l’humanité entière a fait millions de morts, donc l’humanité est une fakenews de bout en bout ? » 

Ma contribution ;

Rappel : le KKK est à l’origine un club que six  militaires sudistes nostalgiques, démobilisés et désœuvrés créent pour s’amuser. Ils se déguisent avec des draps pour faire peur aux « nègres » supposés naïfs, crédules et facilement effrayables.

Autrement dit, un jeu, social ou littéraire, signifie toujours quelque chose de plus que ce que sont censées indiquer ses seules formes.

En réponse à certaines contributions quelque peu schématiques, le capitalisme n’est la faute de rien ni de personne, il est l’expression – sous les formes socioéconomiques que l’on connaît depuis le 18ème siècle – de « ce que nous sommes » en tant qu’êtres humains et du rapport que nous construisons avec l’objet, dont le besoin de son accumulation. Quant au rapport individu/commun : le communisme n’est pas né au 19ème siècle, on le trouve dans « La République » de Platon.

L’analyse que donne Marx du capitalisme n’est contestée par certains économistes que sur l’analyse de la plus-value. Dérangeante, il est vrai.

Deux réponses  (la 1ère est celle de « furusato » avec qui j’ai déjà dialogué)

« En fait le centre de la défaillance marxiste est son anthropologie : le prolétariat comme parangon messianique de la libération de l’humanité dans son ensemble .Or tout messianisme suppose d’établir dans le réel une téléologie optimiste ou de le tenter, ici celle de l’homme nouveau amorcée sous le léninisme et avec quelle allure d’écrasement de tout ce qui ne pouvait s’y conformer. Une idéologie de l’essorage de l’ambivalence humaine reprise dans la Révo cul et les rizières Khmers rouges .Infiniment plus dangereux que l’analyse du mécanisme de la plus-value qui reste, partiellement, valide. »

« Je trouve que résumer le capitalisme au reflet de ce que nous sommes plutôt faux. Certains misent de préférence sur les mauvais penchants de l’être humain et s’imaginent que le meilleur sortira de la loi de la jungle. A ce jeu ce sont des forces amorales, naturellement féroces qui prennent le pouvoir. Ils ne représentent pas l’humanité. On aboutit à des hordes individualistes au cerveau lavé par ce qu’on leur vend le plus facilement : le facile, les discours commerciaux, culturels, politiques etc… qui exploitent leurs désirs, leurs pulsions ou leurs peurs. Tout doit pouvoir être vendu. En quelques dizaines d’années d’explosion d’un capitalisme roi (le politique ne domine plus grand chose, la science non plus, sans parler des penseurs) des générations ont été formatées. Ç’est schématique, soit, mais reste que ça ne sent pas bon. »

Ma réponse aux deux :

> LiRM. Mon « ce que nous sommes » contient ce que vous décrivez. Le point de vue que je défends n’est pas d’ordre moral, mais existentiel. Pourquoi « tout doit être vendu », donc acheté, fonctionne ?

> furusato. Pourquoi ce messianisme ?  La préoccupation du sens de l’histoire commune liée au sens de l’histoire individuelle avec le paramètre de la spécificité de notre espèce. Quant au fiasco.  Après coup, oui, on sait. Mais avant ? Pourquoi cette notoriété de Marx – avant même l’expérimentation ? Et  après le fiasco,  cette passion passionnelle toujours là ? Il faut croire que « ça » touche à quelque chose d’ important, enfoui, comme un rêve ou une nécessité, ce que j’appelle la fraternité de solitude et que Marx a évacuée. Là, à mon sens est la faille. Le commun  n’est pas de l’ordre de l’idéologie, il est une réalité anthropologique fondée sur du biologique. Subsidiaire : pourquoi Marx ? Outre l’époque, et – jusqu’à l’inconnaissable,- la philosophie allemande et la relation avec le père.

Réponse de Furusato :

« Ah ! mais je ne dis pas le contraire JPP toujours le réel et puis le rêve d’un avers du réel qui serait un retour à l’Eden, plus de tensions entre individus ou plutôt des tensions inoffensives : égalité et fraternité réalisées entièrement et enterrement d’Abel et Caïn conjointement. Nous sommes du monde petitement même les plus forts et nous ne voulons pas en être, toujours à quelque moment cherchant l’ ailleurs : une tension insurmontable .Et parfois au monde nous cherchons un coin du monde qui n’en soit pas : l’île paradisiaque .Dont Lord of flies nous montre le réel probable . Le capitalisme du temps de captation des vacances a fort bien compris le truc . L’homme agité dans son bocal ! »

Et ma réponse :

« Mon mal vient de plus loin…  » disait-elle tragiquement. Là, il ne s’agirait pas d’un amour contrarié mais d’une déception drapée du manteau du pessimisme. Allez savoir ce qui, au fond, nourrit l’ironie contre soi-même. A moins qu’il ne s’agisse du poison nommé désespoir, le pendant dizygote de l’autre, l’espoir, auquel on se raccroche comme à une bouée de plomb. Et puis, la petitesse n’est-elle pas la réponse à une illusion de grandeur ? Ni grand, ni petit, ni optimiste ni pessimiste… Qu’est-ce qui me reste ? Hum… Montaigne, Spinoza, Diderot, tenez, relisez Jacques.

Deux nouvelles réponses :

Capitalisme et argent public> @JPP @Furusato : « Ah je crois que j’ai pas vos niveaux de lecture en philosophie pour vous suivre plus avant. Mais Furusato a raison quant au discrédit que le léninisme (et en gros tout avant-gardisme de parti) a emmené pendant longtemps sur le marxisme, pour autant bien entendu ce serait réducteur de limiter ce dernier au premier. Ce n’était pourtant pas écrit que les choses devaient aller comme cela avec les 2 révolutions de 17 mais à partir de Kronstadt grosso modo le pli était sans retour. Une circonstance toutefois (qui n’excuse en rien les famines et massacres qui suivront et la dictature de Staline) : en 17 la révolution se trouve en guerre avec le monde entier, un peu à la manière de la toute jeune république française. Et il y a eu pendant certes pas très longtemps mais pour la première fois en Russie un moment de liberté. Le reste tout le monde le connaît. Une dose aussi d’héritage chrétien (paradoxal) dans l’idee de renversement du monde de certains révolutionnaires. »

Furusato > « Hum ! bien que connaissant assez largement les écrits philosophiques, parfois ayant picoré , parfois ayant digéré de gros morceaux , Spinoza est un maître que je n’ai jamais abordé.Me manquent aussi totalement S Thomas d’Aquin et Leibnitz .Des deux autres, qui sont plutôt dans le flux littéraire, le dégagé touffu de l’un me plaît mais au relativisme de vieux juge de l’humanité le collectif ne peut s’abreuver, il n’y a là par essence aucune recette ni stratégie , quant aux saccades amusantes de l’autre je n’y vois que le chevauchement absurde du monde : un délice.Le monde te projette sur le tatami des désastres mesurés rit du désastre en essuyant le tatami. Le fait que l’espérance reste seule dans la pyxis de Pandore n’est forcément un atout : l’espérance leurre souvent .Ne pas l’envisager du tout leurre aussi .Tout est contexte et personnel et collectif. »

Ma réponse aux deux :

> Caeap : On n’en finit pas avec l’expérimentation ratée de l’URSS. Trop de déception liée à un rêve vieux comme l’homme de rapports fondés sur autre chose que sur l’exploitation, la violence, le profit, le calcul ; ça n’a pas marché et on n’a pas de solution de rechange au capitalisme…d’où,

> furusato : …la tentation de cette relation insidieuse avec le couple aussi vieux espoir/désespoir de nature transcendantale : ça vient ou alors ça ne vient pas, mais c’est de l’extérieur. Montaigne « vieux juge » – si j’ai bien lu ? Je le perçois comme l’ami qui ne juge pas.  Diderot, lui, c’est la lucidité et la clairvoyance avec la sensibilité. Il apprend à ne pas être dupe. Quant à Spinoza,  certains évoquent l’impression d’enfourcher le balai de la sorcière. C’est vrai, on s’envole. Il faut seulement prendre le temps d’entrer.  Leur point commun : l’immanence.

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