La « question trans » dans « Répliques » 

L’intitulé de l’émission (11.09.2021) « la question trans » m’a conduit à écouter – en replay pour pouvoir arrêter et noter. Et aussi pour prendre le temps de me calmer.

Deux (Alain Finkielkraut et une première invitée, Claude Habib, professeur de littérature) contre un (Serge Efez, second invité, psychiatre et psychanalyste).

D’un côté, l’expression des choses et du monde vus dans la situation d’ « état », de ce qui est, de l’autre celle du mouvement, la première s’efforçant de faire le procès de l’autre. Je n’exagère pas. Bien sûr, les fleurets sont mouchetés, encore que Claude Habib ait souvent donné l’impression de faire effort sur elle-même pour ne pas aller jusqu’à l’invective.

J’ai admiré le calme et la clarté de la pensée de Serge Efez, surtout quand lui sont opposées des affirmations que le parti pris rend difficiles à entendre. Pour ceux que cela intéresse, écouter, à la fin, la réponse qu’il donne à A. Finkielfraut sur sa présentation schématique de l’altérité.

Un autre exemple, dans son introduction (de tonalité critique): « Les temps modernes ont décidé de définir l’homme non par la nature, la nature humaine, mais par la faculté de s’arracher à la nature, donc par la liberté. Cependant la liberté a toujours été hypothéquée par la naissance : je suis libre, je choisis, je fais ce que je veux sauf que je nais homme ou femme. »

Tout y est à reprendre : que sont et quand commencent les « temps modernes » (il ne s’agit ni du film de Chaplin ni de la revue de J-P Sartre) ? Comment et sous quelle forme décident-ils ?  Qu’est-ce que la « nature » et la « nature humaine » ?  Qui dit que « s’arracher à la nature » est la liberté ? En quoi la naissance est-elle une hypothèque de la liberté ? En quoi la liberté est-elle « je fais ce que je veux » et en quoi faire et naître sont-ils synonymes ?

Bref, à se demander, entre autres questions, si A. Finkielkraut fait la différence entre libre-arbitre et liberté, ou, plutôt et sans doute plus justement : comment la passion nostalgique pour l’ « état » peut conduire à défaire la pensée.

La mise en examen d’Agnès Buzyn

« L’ex-ministre de la santé a été mise en examen par la Cour de justice de la République pour « mise en danger de la vie d’autrui », dans le cadre de l’enquête sur la gestion de la pandémie de Covid-19. » (A la Une du Monde – 11.09.2021)

Ma contribution

De quelle « faute » politique est-il question ? Le mensonge ? Mais qu’est-ce qu’un mensonge en politique ? Ex : l’affirmation inscrite en son temps sur les banderoles  électorales de N. Sarkozy « Ensemble tout est possible ! » C’est de la propagande, dira-t-on. Oui. C’est le discours politique habituel de type infantilisant. Le problème est celui de la conception de la politique, qui ne vise pas à informer, qui ne s’adresse pas à la raison, qui ne sait pas dire « je ne sais pas », mais qui vise l’affectif et les passions. Ce n’est pas nouveau. Est-ce qu’A. Buzyn (avec d’autres) a mis en danger la vie des citoyens par des mensonges au moment de l’apparition du virus ? En comparant la situation française avec celle des autres pays dans le monde (en moyenne, ni meilleure ni pire), il est impossible de le savoir. C’est en quoi cette mise en examen n’est pas pertinente.

La statue déboulonnée de Lee

« Le symbole est fort pour espérer tourner une page sombre de l’histoire. Après plusieurs années de tensions focalisées sur le passé esclavagiste des Etats-Unis, le plus important monument dénoncé comme un symbole raciste dans le pays a été déboulonné mercredi 8 septembre en Virginie : la gigantesque statue du général Lee, l’ancien commandant des sudistes. Ayant trôné plus de cent trente ans sur son piédestal haut de douze mètres, la statue équestre a été descendue en douceur par une grue à Richmond, l’ex-capitale des sécessionnistes pendant la guerre civile de 1861 à 1865. Des centaines de personnes s’étaient massées à distance pour assister à l’événement. Certaines ont brandi le poing, lâché des quolibets ou des vivats quand l’imposante pièce de bronze, œuvre de l’artiste français Antonin Mercié, a été arrachée à son socle. » (A la Une du Monde – 09.09.2021)

Ma contribution, suivie de deux réactions et de mes réponses :

Question : pourquoi cette statue n’a-t-elle posé aucun problème (en tout cas de manière audible) pendant aussi longtemps et pourquoi en pose-t-elle un aujourd’hui au point d’être descendue de son socle ? Autrement dit, qu’est-ce qui, conscient ou pas, a changé/est en train de changer dans le regard d’une partie importante (sinon ?) du pays, et, surtout, pourquoi ? Et encore : quelles modifications, ici et ailleurs, peut induire une telle opération ? Et encore : la rue est-elle semblable au musée ?

1er intervenant : « Renseignez-vous : cette statue a toujours fait débat, dès son projet. La souscription de financement lancée en 1885 par des associations porteuses de la Lost Cause (suprémacistes donc) fut houleuse, comme l’inauguration en 1890. Cette statue a toujours représenté l’oppression et la ségrégation pour les descendants d’esclaves, et la nostalgie d’un passé radieux pour les tenants de la Lost Cause. La statue est dès l’origine un geste politique marqué, et non une commémoration. Imaginez une association proposant en 1970 l’érection d’une statue au « vainqueur de Verdun » devant le casino de Vichy : cela n’aurait-il posé aucun problème ? »

Ma réponse : Que la statue ait suscité une opposition, oui, bien sûr, je ne l’ignore pas, mais elle a quand même pu être érigée et elle est restée en place. Je repose donc ma question que vous paraissez ne pas avoir bien lue : qu’est-ce qui, plus d’un siècle plus tard, conduit à la descendre ?

Sa réponse : « Un changement dans les rapports de pouvoirs autour d’une controverse durable. »

2ème intervenant : « Un siècle plus tard, si le débat continue, il est désormais en faveur des opposants à cette statue. Par l’éducation reçue jusqu’ici, nombre de citoyens américains et nous-mêmes inconsciemment, ont fait du racisme sans le savoir comme M Jourdain faisait de la prose sans le savoir. Une meilleure connaissance historique et les faits divers navrants ont révélé les non-dits et tabous de la société américaine. Quand on sait ce que pensait et écrivait le général Lee à propos de l’esclavage, il n’est pas sûr qu’il aurait été ravi que le financement de ses statues fût assurée par des supremacistes et des associations de la Lost Cause dans un but politique précis. Rendre hommage à Pétain devant l’ossuaire de Douaumont n’aurait rien de commun avec l’érection d’une statue face à l’hôtel du Parc à Vichy. »

Ma réponse :

>> au 1er contributeur : Qu’est-ce qui peut expliquer le changement des « rapports de pouvoir » (s’il s’agit bien de cela) ?

>> au second : Qu’est-ce qui, depuis par exemple l’assassinat de M.L. King, il y a cinquante ans, pourrait induire une « meilleure connaissance historique » et en quoi les faits-divers sont-ils plus insupportables que ceux qui, naguère et jadis, étaient plus nombreux et cruels ? Ce qui m’intéresse c’est de comprendre ce que signifie cet événement qui, à mon sens, n’est qu’un des signes, parmi d’autres, d’un problème plus vaste qui n’est pas limité aux USA.

Livres brûlés au Canada

« Au Canada, des livres brûlés en raison de « l’image négative » véhiculée sur les Autochtones. La révélation récente de cet autodafé, accompli au cœur d’une école de l’Ontario en 2019, provoque un immense malaise dans un pays marqué par les assimilations forcées des peuples des Premières Nations. » (A la Une du Monde – 09.09.2021)

Quelques extraits de réactions :

« Cela me rappelle l’autodafé du Père Noël devant la cathédrale de Dijon dans années 50. »

« Celui qui veut m’interdire quelque chose parce que je suis blanc, c’est un analogue des Le Pen, il a juste choisi de tenter de nuire à une couleur différente pour en tirer du fric. »

« La logique mortifère du politiquement correct. Pathétique. »

« Gloire à Bécassine et à toutes les petites bretonnes « montées » à Paris et « placées » dans des « maisons bourgeoises » où elles ont pour bcp rencontré une vie qu’elles n’auraient pas connu dans la Bretagne pauvre du début du siècle dernier. L’interprétation rapide des Bécassines peut faire penser à une caricature de petite bretonne, mal dégrossie et frustre. Jusqu’où va-t-on aller ? »

Etc.

Ma contribution :

Les réactions (unanimes, jusqu’à cette heure) sont produites par la même passion que celle qui conduit à ces actes, à savoir l’impossibilité ou le refus de comprendre et de gérer une émotion. Avec la différence majeure que ceux qui, ici, condamnent, n’ont pas connu en tant qu’entité le déni d’existence qu’affrontent depuis des siècles ceux dont le traumatisme historique a été ignoré. Il est facile de projeter dans la tête des descendants de peuples asservis et massacrés les schémas intellectuels qui sont les nôtres pour en faire le procès. Il serait plus intéressant de se demander pourquoi c’est aujourd’hui que se développe le mouvement woke. Détruire des signes qui reproduisent les images du racisme colonisateur ne résout évidemment rien et je ne suis partisan ni de brûler les livres ni de déboulonner les statues. Mais, si vous quittiez un instant vos habits de procureur et de juge pour vous demander ce qui se passe dans le monde qui conduit à ces actes de désespérance ?

Les nouveaux chasseurs de prime

« Une nouvelle loi texane, entrée en vigueur mercredi 1er septembre aux Etats-Unis, permet à des citoyens de dénoncer, contre une récompense, ceux qui aident les femmes à avorter. « Cela semble ridicule, presque antiaméricain »,  s’est indigné le président Joe Biden, vendredi 3 septembre, y voyant un encouragement à la délation. « La chose la plus pernicieuse dans cette loi au Texas est que cela crée une sorte de système de justiciers autoproclamés, avec des gens qui perçoivent des récompenses », a-t-il déploré. » (A la Une du Monde – 06.09.2021)

Ma contribution :

Le chasseur de prime du western a pour cible un outlaw qui a causé du tort à un tiers. Cette chasse a pour motif l’enrichissement personnel et elle pose la question de la faiblesse politique/policière qui a besoin d’une telle aide intéressée. Ici, une femme qui enfreint la loi restrictive ne porte préjudice à aucun tiers sinon au fœtus dont on sait que la définition est relative (à une voix près elle eût été autre) contrairement à la propriété et à la vie de l’individu social dont le non respect s’appelle invariablement délit et crime. Quand on sait que la décision d’avortement – il est le résultat négatif d’un ensemble de carences – n’est pas prise à la légère dans le cadre légal (je ne parle pas de l’avortement clandestin dont on sait les catastrophes fréquentes) et qu’elle produit une souffrance estimée moindre (qui peut en juger sinon la femme enceinte ?), l’autorisation de délation vénale est le signe d’un malaise qui tente de se cacher derrière la référence au western.

ABBA et J-S Bach

« ABBA annonce un nouvel album, après une pause de quarante ans. Le groupe de pop suédois, séparé depuis 1982, a annoncé, jeudi, sa reformation et la sortie d’un nouvel album en novembre. « Voyage » sera entièrement composé de chansons originales. » (Ala Une du Monde – 03.09.2021)

Quelques réactions :

« Sont-ils à ce point en manque d’argent ? »

« Ce qui différencie la pop de cette époque, avec la soupe actuelle, c’est la compétence et les moyens. Composition, arrangements, orchestrations, musiciens, tout au long de la production, il y a du monde formé, compétent. Et ça s’entend. Reste les thématiques des chansons, ce n’est pas du Shakespeare, ça n’en avait pas la prétention. Mais 40 ans après, c’est toujours sur les ondes. Ce n’est pas un hasard. »

« Chouette, on aura de nouvelles chansons pour faire la ronde en maison de retraite ! »

« La vieillesse est un naufrage ! »

« Ça me donne pas envie. Me semble qu’un seul titre des Pistols, des Clash ou de RATM en dit plus long, avec plus d’humour, d’utilité et de musicalité, que l’intégralité de la pop nunuche. »

« A part les vieux pervers lubriques qui écoute encore ABBA aujourd’hui ? »

« Que de commentaires agressifs, désagréables et méchants. S’ils ont envie de chanter ensemble et de produire un album, ils n’ont pas le droit ? Et qu’est-ce que ça peut faire qu’ails soient septuagénaires ? On n’a plus le droit de ne rien faire quand on dépasse un certain âge ? Ce racisme anti-vieux devient extrêmement désagréable, surtout à l’égard d’un groupe qu’on entend beaucoup dans les soirées, et qui est apprécié des jeunes. Encore aujourd’hui. Mais peut-être que ces commentaires viennent de vieux jaloux ? »

Ma contribution :

La musique concerne à la fois et en même temps le corps et l’esprit. Tout dépend de la position du curseur. Bach et ABBA ne le placent pas au même endroit. Ce n’est pas une raison pour ne pas aimer Bach.

La Cour suprême et le Texas

« Aux Etats-Unis, le droit à l’avortement mis à mal par la Cour suprême. La plus haute juridiction du pays a refusé de censurer une loi texane signée en mai, qui interdit le recours à l’IVG au-delà de six semaines de grossesse. Joe Biden évoque une « insulte à l’Etat de droit »*. (A la Une du Monde – 03.09.2021)

*Cettte déclaration du Président concernant l’institution par excellence chargée de dire le droit a le mérite de poser la question de la nature du fondement réel de l’Etat.

Une réaction :

« L’avortement a toujours été pris sous un angle caricatural. Droit à la vie (du bébé) vs droit des femmes à disposer de leur corps. Le plus dur à trancher étant de savoir à partir de quand un fœtus peut être considéré comme un petit être humain. »

Ma réponse en guise de contribution :

Pensez-vous qu’il y ait un moment précis où le fœtus devient « un être humain » ? Qu’était-il avant ? Il n’a pas la conscience d’exister, oui, mais pas plus que l’enfant qui vient de naître. La différence entre les deux, majeure, c’est que le second est devenu un être social. En-dehors de cette réalité, il n’y a d’autre vérité que celle que nous, la société, décidons. Ce qui est également sûr, c’est que l’avortement est le produit négatif de carences – au moins d’information – dont les causes profondes se trouvent dans le discours confus des idéologies de  « nature », de « la vie », de  » Dieu »… bref un discours de transcendance qui assigne à la sexualité des « valeurs » aliénantes. L’absence de décision de la Cour Suprême en est une illustration.

Autre réaction :

« (…) La loi texane est une victoire spectaculaire du juridisme américain qui a toujours fait du slalom entre la liberté individuelle et la morale chrétienne. Le mensonge, par exemple, est un cas aggravant dans la justice américaine. Alors que, franchement, tout le monde ment. Bref, nous assistons à une vraie révolution anti-avortement. »

Ma réponse :

« Révolution » si vous pensez que le problème était résolu. Sinon, seulement un moment de la dialectique.

Afghanistan : une débâcle ?

« Promis par le nouveau président à son arrivée à la Maison Blanche, le retrait des Etats-Unis d’Afghanistan s’est conclu, lundi 30 août, dans une atmosphère de débâcle et de fébrilité. » (A la Une du Monde – 31.08.2021)

Quelques réactions :

« L’échec ce n’est pas celui des américains qui ont payé ce si lourd tribut humain en morts et blessés et cet énorme tribut financier. L’échec c’est celui des afghans complètement incapables de s’autogérer malgré 20 ans d’effort des forces américaines pour les soutenir. »

« Bravo, monsieur le Président Biden pour cette décision hyper pragmatique ! »

« Merci M. Biden d’avoir fait le boulot du retrait que personne d’autre n’était capable de faire à part les yaka fokon médiatiques et les oppositions de toujours. »

« Il y a vingt ans, nous avons assisté à la chute du communisme, aujourd’hui nous assistons aux prémices de la chute de l’empire américain. Car cette débâcle sur le théâtre extérieur se déroule en parallèle avec la fragmentation et une fragilisation sans précédent de la société américaine. Les universités US sont en ébullition, le mouvement Woke fracture très profondément jusqu’aux fondements de la société américaine. La moitié au moins des citoyens américains doit certainement se réjouir de cette défaite et de cette humiliation. Car, pour eux, les E-U sont non seulement le temple de l’oppression et du racisme systémique, mais c’est aussi le nouvel empire du mal absolu. C’est très ironique, je trouve. L’effondrement soudain de l’édifice bâti par les Américains en Afghanistan, et leur fuite éperdue donne au désastre un côté presque ridicule. Les ricaneurs ricanent. Et ils ont de quoi. Quand David tue Goliath, c’est le bien qui terrasse le mal. Les Américains connaissent la Bible.»

« Joe Biden est très décevant sur ce point. Il fait du Trump : gesticulations, impréparation, indifférence…etc… »

Ma contribution (suivie de deux réactions)

Débâcle qui évoque un échec militaire n’est pas appropriée. Le départ forcé des intervenants étrangers n’est rien d’autre que l’aboutissement normal d’une erreur initiale, à savoir l’intervention étrangère dans les affaires intérieures d’un pays. Le problème n’a jamais été essentiellement militaire : si les talibans ont repris le pouvoir et Kaboul sans opposition ce n’est pas parce qu’ils sont plus « forts » que les Américains et leurs alliés mais parce qu’ils sont afghans et qu’ils apparaissent comme la solution la moins mauvaise pour la population dont ils sont l’émanation et l’expression, excepté pour les occidentalisés notamment de Kaboul. Pourquoi, et pour la énième fois, cette erreur a-t-elle été commise, pourquoi l’islam sert-il de vecteur pour une contestation du monde occidental par des actes dits de terrorisme… Telles sont quelques unes des questions que pose l’Afghanistan, entre autres.

Première réaction :

« Tout-à-fait d’accord. J’ajouterai une autre question à vos interrogations finales : l’Afrique sahélienne ? »

Ma réponse :

C’est en effet le même type de problème, avec cependant la différence d’une dimension internationale qui complique le paramètre d’autonomie, pour autant que cela ait un sens dans un tel chaos politique, pour une bonne part la conséquence de la colonisation et du soutien aux politiciens corrompus avec lesquels elle a été poursuivie sous un autre mode.

2ème réaction :

« Il y toujours un vecteur, au Vietnam c’était le communisme, en 1789 l’inéquation du droit divin, en Russie la féodalité du régime tsariste avec des inégalités monstres. Bref à un moment les peuples se révoltent contre la misère et donc contre ceux en qui ils voient les profiteurs.. Ce qui n’est pas faux. Alors si en plus ce sont des gringos. »

Ma réponse :

 Pour la question que je pose, je ne suis pas certain que ce soit une révolte des peuples qui puisse expliquer l’utilisation de l’islam en tant que vecteur de ce qu’on appelle terrorisme. Les « printemps arabes » qui sont indéniablement des révoltes populaires n’ont pas à voir avec cela.  Une différence significative : la révolte populaire vise un changement, une amélioration de la vie individuelle et collective, alors que l’acte terroriste n’a d’autre visée, au moins pour celui qui le commet,  que la mort du plus grand nombre et la sienne propre.

Action syndicale du 5 octobre

« Plusieurs syndicats appellent à une journée de mobilisation le 5 octobre

La CGT, FO, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse FIDL, UNEF et UNL « s’opposent à ce que la situation sanitaire soit utilisée par le gouvernement et le patronat pour accélérer la remise en cause des droits et des acquis des salariés et des jeunes ». (A la Une du Monde – 31.08.2021)

Quelques réactions :

« Leur principal pouvoir de nuisance, à savoir bloquer ou entraver les transports en commun de ceux qui veulent travailler, étant largement affaibli par les possibilités accrues et habitudes prises de télétravail, le mouvement ne va pas gêner grand monde. »

« Le rituel de syndicats qui n’ont aucune capacité à trouver d’autres moyens d’exister encore un peu . Faire la grève pour faire la grève quel que soit le contexte .Pathétique »

« J’imagine que de nombreux commentateurs vont décrier la grève, le niveau des Prélèvements Obligatoires, le fait que nous ne soyons pas des nordiques rompus au dialogue. Je crains que notre société devienne de plus en plus à fleur de peau, de moins en moins syndicalisé, de plus en plus hostile à la grève. Et je ne suis pas sur que cette évolution soit souhaitable. Ni que la solution est de crier haro sur ces syndicats dits extrémistes. J’ai plutôt le sentiment que c’est la société qui est de plus en plus clivée ! J’espère me tromper. »

« Personnellement les gilets jaunes en 2018, les grèves de 2019, le Covid en 2020/2021 et là de nouveau des manifestations dans la rue : trop c’est trop, la démocratie c’est le vote , ce n’est pas la vocifération dans les rues . Et quid d’un coup fatal pour la reprise économique. »

« Au regard des acquis sociaux français gigantesques et sans équivalent au monde (cf. la part de notre PIB consacré aux dépenses sociales et notre place de numéro 1 mondial des impôts) on peut s’élever contre des syndicats de grévistes professionnels qui ne représentent plus grand monde, et pour qui la grève est l’alpha et l’oméga de toute action. Quant aux syndicats lycéens, dirigés par des « jeunes » aux discours archaïques de vieux staliniens ils se distinguent avant tout par leur sectarisme et leur déconnexion avec le monde étudiant réel (pas celui des syndicalistes professionnels qu’ils sont déjà). Le syndicalisme français vit hors sol, est prompt à justifier toute violence et est surtout tourné vers le maintien de situations de rente (cheminots etc. etc.). La preuve : les jeunes et les salariés du privé en sont à 99% absents. »

Ma contribution :

Il y a dans une partie du syndicalisme français l’écho et la permanence du discours historique  qui ne distingue pas essentiellement les revendications proprement syndicales de la lutte contre ce qui les rend nécessaires, à savoir le capitalisme. C’est ainsi que la CGT signe de nombreux accords d’entreprise, très rarement, sinon jamais, des accords nationaux qui, pour elle, signifient implicitement une acceptation du système. Etre ou non d’accord avec cette conception est une chose, porter des jugements à l’emporte-pièce en est une autre. Les syndiqués sont peu nombreux, comme les adhérents à un parti politique. En revanche, les protestataires qui contestent  ceux qui s’engagent ici ou là, sont très nombreux qui ne manquent pas d’expliquer qu’un syndicat qui se contenterait de gérer (comme en Allemagne, par exemple) serait nettement préférable. Si notre système de protection sociale est, dit-on, parmi les meilleurs, est-ce sans rapport avec le syndicalisme tel qu’il existe en France ?

La dernière présidentielle de J-L Mélenchon

« Jean-Luc Mélenchon effectue son meeting de rentrée dans la Drôme

Le leader de la France insoumise s’adresse, ce matin, aux militants, dans le cadre des Journées d’été du parti, près de Valence. (…)Dans un entretien accordé jeudi au Dauphiné Libéré, il a appelé les milieux populaires à se mobiliser.  S’ils ne vont pas voter, « nous serons écrasés ». Il a aussi affirmé que l’élection de 2022 serait sa dernière participation à une présidentielle. »

(A la Une du Monde – 29.08.2021)

Quelques réactions :

« Je ne comprendrai jamais que M. Mélenchon ait l’outrecuidance de se proclamer Insoumis alors qu’il vit depuis des décennies et plutôt bien des prébendes de l’Etat et fonctionne dans un système courtisan et assez sectaire, bien loin de ses imprécations surjouées sur l’égalité et la fraternité. Quant aux idées, il faudrait éclaircir ses positions sur la laïcité, les missions régaliennes de l’Etat et ses hésitations pour le moins inquiétantes sur la science (cf ses pitoyables efforts de récupération du mouvement anti-pass). Non vraiment voter pour Mélenchon ce n’est pas voter à gauche. On attend encore un(e) candidat (e) authentiquement et fièrement socialiste et on risque d’attendre longtemps hélas ».

« C’est un bourgeois en quête de sensations, un homme politique flou qui cherche la lumière, un rebelle de salon éloigné du peuple qu’il prétend représenter. »

« C’est vraiment éclairant, comme toujours, de voir comment les débordements de personnalité de Mélenchon permettent à de nombreux commentateurs d’exprimer leur haine (et leur peur d’atteintes à leurs intérêts voire privilèges) des idées de gauche que défend Mélenchon par la critique du personnage ».

Ma contribution

L’annonce d’une dernière participation a deux sens possibles : soit un chantage affectif (si vous me voulez, c’est maintenant ou jamais) soit l’aveu (conscient ?) d’un impossible succès de l’individu – ce qui revient au même. L’un ou l’autre révèle l’importance de l’ego, contradictoire avec l’insoumission (affichée sans précisions) et qui, en dehors d’une dictature, renvoie plutôt  à la philosophie anarchiste. La réelle insoumission qui conduit à la liberté, vise, ici, à remettre en cause le rapport entre la politique et l’ambition personnelle – autrement dit le processus d’identification –  pour proposer un projet visant la cause  essentielle de d’aliénation.