Journal 58 – le débarquement – (06/06/2024)

Ce matin, dans Les Matins de France Culture, il était question des cérémonies commémoratives du débarquement en Normandie, le 6 juin 1944, il y a quatre-vingts ans. Puis, du débarquement lui-même dans l’émission suivante, Le Cours de l’histoire. On sait à peu près tout, mais la dramaturgie est telle que l’événement est devenu et reste un marqueur majeur de l’histoire contemporaine.

L’avant-veille, j’avais regardé pour la énième fois,  Le jour le plus long diffusé sur une chaine du service public. Oui, le film est plein de défauts, mais ça n’a pas d’importance en ce sens que l’héroïsme de ceux qui débarquèrent sur les plages ou sautèrent en parachute derrière les lignes ennemies et la tension créée par les situations les plus dramatiques sont augmentés de la question  «  et si ça n’avait pas réussi » ? Connaître la fin ne suffit pas à dissoudre la hantise de ce qu’aurait été la victoire du nazisme.

Les historiens intervenant dans ces émissions ont rappelé que le sort de la guerre s’est joué essentiellement à l’est entre les forces nazies et l’Armée Rouge,  mais le choix (illogique, d’un certain point de vue) de la Normandie, les conditions de navigation difficiles et le point de contact d’affrontement entre la mer et la terre dans les représentations du mouvant fragile et du stable immuable, donnent à l’événement une dimension épique déjà présente dans le seul nom Amérique.

Aujourd’hui, dans cette Europe qui fut dominée par le nazisme, les forces politiques susceptibles de gagner une élection au suffrage universel se réclament du même type d’idéologie identitaire qui fut à l’origine du crime indépassable de l’humanité, à savoir la décision d’exclure des êtres humains de l’espèce humaine.  

A cet inimaginable, s’ajoute celui de l’impossibilité de la présence aux cérémonies commémoratives de la Russie dont l’image libératrice est désormais corrompue par les mensonges de V. Poutine et l’invasion de l’Ukraine.

Ainsi, à l’est de l’Europe et en son sein même se développent des forces analogues à celles que vinrent combattre ceux qui débarquèrent sur les plages de Normandie.

La question est de savoir si cet inimaginable le restera.

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