La problématique Elon Musk 

La question que pose ce cas particulier, n’est pas tant la richesse et le pouvoir de l’individu – il y a toujours eu des hommes très riches et très puissants – que la nature du décalage entre sa réalité et le réel, autrement dit la problématique de la démesure et de sa perception/représentation commune.

Quand, dans la logique du capitalisme, le rapport à l’objet va de soi, autrement dit quand le système fonctionne sans crise importante, la démesure de l’avoir + , même si elle est ambivalente, est plutôt comme perçue/représentée comme un idéal de réussite de l’individu. La législation sur les écarts de revenus, sur les rémunérations des PGD, est historiquement récente et elle se heurte toujours à la doctrine de l’autorégulation du système fondée sur la primauté de l’individu en tant que force agissante, une force qui va, fait dire Hugo à Hernani.

Le problème posé dans le passé par la démesure de l’avoir+ tend à devenir une problématique : il ne s’agit plus seulement de morale, d’égalité, de justice sociale, d’idéologie, mais du rapport de sens à l’objet et à sa possession, rapport fortement dramatisé par deux données, l’une installée (le changement climatique), l’autre censée être passagère mais qui dure et dont les risques d’extension ne sont pas exclus (la guerre en Ukraine), l’une et l’autre concernant plus ou moins directement mais à court terme la quasi-totalité de la planète.

D’un côté la démesure « plus » des 44 milliards de dollars du rachat de Twitter qui dépassent tous les critères de représentation, de l’autre la démesure « moins » de l’aggravation de la famine et des difficultés d’approvisionnement en blé, huile, gaz etc. liées à la guerre, le tout dans le contexte d’une perception/représentation de fragilité objectivement accrue par la pandémie et le réchauffement climatique.

Les effets de cette perception/représentation plus ou moins consciente du désormais non-sens de décalage dont E. Musk est l’emblème le plus visible (au niveau de la simple entreprise, la valse effarante des « start up ») sont peut-être repérables dans l’instabilité croissante, notamment en Afrique, le repli nationaliste, la surenchère nucléaire (Corée du Nord, Russie), la guerre en Ukraine qu’il est tentant de réduire à une cause en soi, tous signes d’un chaos, encore parcellaire, dans le monde géopolitique et climatique et dans les têtes humaines.

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