La maire de Genève et E. Zemmour – dialogue

« Frédérique Perler, qui occupe pour un an la tête de l’exécutif local, s’est opposée à la venue du polémiste d’extrême droite dans une salle municipale, au nom des valeurs humanistes de la ville. » (A la Une du Monde – 26.11.2021)

Contribution de A – Magnifique illustration du rôle d’opérette que joue l' »antifascisme ». Genève tout comme Londres d’ailleurs concentre le pire la finance véreuse, corrompue, impérialiste, prédatrice. Voilà deux villes qui ne demandent qu’à fermer les yeux sur vos richesses. La fortune des grandes familles locales est basée sur cet aveuglement volontaire.  C’est un secret de polichinelle et d’ailleurs LM vient de publier un article sur la question. Si donc Madame la maire veut faire œuvre utile, outre refuser bruyamment une salle à Z elle pourrait peut-être faire le ménage dans les affaires louches qui se trament dans les palaces de sa ville ?

Réponse de B à A – « Et si on parlait de Bolloré ? Celui qui instrumentalise Zemmour. Sa famille vaut- elle beaucoup mieux ? »

Réponse de C à A « Magnifique illustration des amalgames douteux et surtout foireux de l’extrême gauche, qui mélange allègrement, souvent plus par pure idéologie et volonté de manipulation que par ignorance (quoique), les faits et les réalités pour servir sa vertueuse soupe pseudo-révolutionnaire. Renseignez-vous d’abord un peu sur l’organisation administrative et politique de l’Etat fédéral de Suisse, et vous découvrirez bien vite qu’un maire a bien peu de pouvoir sur les transactions financières internationales transitant par les institutions financières du pays. »

Réponses de A

à B : « Non, Bolloré ne vaut pas mieux. Le rapport avec l' »antifascisme d’opérette » ? »

à  C : « Votre formalisme me fait rire. Le sens de mon message n’est pas de dire que la maire de Genève pourrait terrasser le dragon capitaliste. Je dis que cet étalage de vertus « antifascistes » est la feuille de vigne qui ne saurait cacher le vrai problème – lequel est d’ailleurs à la racine de la popularité d’un Z. »

Ma réponse à A :

L’antifascisme (si c’est bien de cela qu’il s’agit) exprimé par une élue de Genève/capitaliste serait donc une hypocrisie dans le sens où le fascisme est le produit du capitalisme. Mais le capitalisme est-il réductible aux formes industrielles/bancaires qu’il a prises à partir du 18ème siècle ? Et ce que « dit » le fascisme n’existe-t-il pas avant le 20ème ? En d’autres termes, n’y-a-t-il pas un « discours capitaliste » qui s’exprime en permanence dans l’histoire humaine, sous des formes différentes selon les époques et qui suscite des discours antagonistes (La République de Platon, les réformes agraires des Gracques, entre autres) ? Toutes choses égales, s’agissant des rapports humains vus sous l’angle des rapports de production, quelles différences essentielles entre, par exemple, les sociétés grecque et romaine antiques et la nôtre ?

La réponse de A

« Non. Pour que les mots gardent un sens et qu’on puisse dialoguer, on ne peut pas étendre à l’infini le fascisme le capitalisme et tout ce que vous voudrez. Le fascisme a à voir avec l’Etat moderne, lui-même consubstantiel au capitalisme apparu au XVII en GB et plus tard sur le continent. Il ne sert à rien de manifester contre Z si les causes de sa popularité sont cela même que l’on défend. »

Ma seconde réponse à A :

Il ne s’agit pas d’« étendre » mais de ne pas s’en tenir aux formes d’expression et de chercher les causes du capitalisme et du fascisme. Si on les limite dans le champ du début de l’ère moderne comment en expliquer les formes antérieures ? L’exploitation de l’homme par l’homme est une constante, de même que la peur de l’ « autre », celui qui n’est pas soi, que l’on charge de tous les maux et qu’on veut éliminer. Les exemples historiques sont légions. Combattre le discours d’E. Zemmour (il n’a rien de nouveau dans le fond) ne peut être efficace que si l’on cherche à comprendre non seulement ce qui aujourd’hui lui permet d’exister (id. pour le FN/RN et consorts) mais la matrice qui le produit. Retournez-vous et regardez quel a été le résultat de la lutte première contre le fascisme/nazisme avec les armes des schémas établis sur des critères de contingence.

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