« Stéphanie M., victime du tueur de Rambouillet, une « héroïne du quotidien »

Tel est le titre de l’article publié dans la Une du Monde (25.04.2021).

Extrait :

« L’agente administrative de 49 ans a été poignardée par Jamel G., vendredi 23 avril, dans le sas de l’hôtel de police de la ville, où elle travaillait depuis près de trente ans (…) Pour le premier ministre, Jean Castex, qui s’est rendu à Rambouillet vendredi, Stéphanie M. était une « héroïne du quotidien ».

Ma contribution :

Le héros de la mythologie est un demi-dieu (Héraclès, Dionysos). Pour nous, il est celui qui accomplit un acte hors du commun, altruiste. Rien à voir, donc avec la personne assassinée. « Héroïne du quotidien » contient une double contradiction : elle n’a rien accompli (elle a subi) et, par définition, l’acte héroïque échappe au quotidien.

L’expression est le signe de l’acte héroïque manquant, celui qui aurait arrêté le geste du criminel.

On reporte donc sur la victime une carence qu’on tente d’abolir par ce double oxymore (deux termes qui s’opposent).

Quelle carence ?

Celle de n’avoir ni prévu ni empêché. En l’occurrence, ce qui était ni prévisible ni évitable.

Autrement dit, « héroïne du quotidien » est le variant émotionnel inversé des « solutions » d’exclusions radicales, hors de portée, « héroïques » donc, préconisées par certains et qui nourrissent l’idéologie du « entre nous, chez nous ».

Une instrumentalisation, plus ou moins consciente, de l’assassinat.

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